CHAPITRE V
imtAli^S FBÀÏfQDRI DB l'^UGATIOM;
Coupe'feuilles.
Nousavonë expérimenté^ celte année, deux nouveaux coupe-feuilles: celui de M. Charrue de (îren^lë, et le hache-paille^ modifié par M. 6effray> pour l'usage des magi^meries (i).
Le ceupe*feuiUe de M. Gharrut, que l'on a pu voir i ir'exposition de f 839> est un instrument trèsingéoietix. Il se cotnpofte de deux cylindres qui totnment à u<%ë petite distattoe l'un de r^aitre et en seils contraire. Us sont garnis de lames circulaires qui correspondent entre eUe$ et dont la rencontre, forme des espèces dé cisailles sans fin. L'écarté-* ment entre lespair^ de lames détermine la largeur des bandes de feuilles. Mais on conçoit que cet
(f ) M; Geffiray, mécanitien^ à Montgwnm (Seine-et«Oiie}i
( 1^8) écartement n6 peut Tariei'; left landes sont fixes. Il en résulte que la feuille ne peut être coupée plus ou moins menue. On a proposé, à la vérité, dis repasser utle seconde fois la feuille déjà incisée; m^ts cette opération présente le grave inconvénient de la niâcher. Du reste, M. Chamit n'a pu éviter en^ tièrement la difficulté que devait offrir son sys-< tème i celle de lames qui, ne se. rencontrant pas toujours exactement, mâchent la feuille aulieu de lacouper. On conçoitqu'ea cherchant à rapprocher le& lames qui ne se touchent pas, on produit un e'cartemént entre celles qui étaient jointes. La difficulté n'est sans doute pas insurmontable; mais il faudrait y pour obtenir une précision suffisante, donner à l'instrument une perfection qui augmenterait sa valeur outre mesurei II est déjà cher. Le coUpe-feuille de M; Gharrut coûte 60 fr.
• D'ailleurs il présente un autre défaut très-difficile à corriger; let> lames s'encrassent très*rapidemeut et Tengorgement du coupMeuiUe- s'ensuit bientôt. On n'évite pas cet inconvénient en £our^ hissant la feuille peu à peu ejt l'on tombe dans un autre qui détruit tout l'avantage'qu'on s'élarl pro-^ posé d'obtenir : l'opération devient très-iente. Dtr reste, les dimensions de cet instrument ne permet-r tent pas de l'utiliser au delà dû troisième âge. Con« sti'uit sur une plus grande échelle, U aurait une va* letjr considérable. »
Nous désirons beaucoup que M. Gharrut trouve le moyen de lever ces difficultés, parce que l'inven-
tion de son coupe-feuille* repose vraiment sur une idée très-ingénieuse.
M. Geffray s'est contenté de modifier, pour Tu^ sage des magnaneries, le hache-paille commun, dans lequel le liiouvement alternatif d'une lame de faux divise la substance qu'on lui présente, à mesure que la main gauche la fait avancer. M. Gefiray a imaginé une sorte de pédale qui marche avec la £iux et atteint un double but* Elle applique sur la feuille une planchette qui la comprime et rend Son incision nette et sûre. Cette planchette ne peribet pas que la main gauche puisse arriver jamais jusqu'à l'instrument tranchant ^ elle donne une sécurité complète à l'ouvrier.
Nous avons eu deux de ces coupe-feuilles. Leur emploi est si facile que tous nos travailleurs , aans exception, petits et grands, hommes et femmes V ont pu s'en servir immédiatement. Quelques-uns ont acquis une habitude telle, qu'ils parviennent à couper la feuille aussi maiu qu'on pourrait te faire avec un couteau bien tranchant. Un homme surtout, originaire d'un département w l'on fait un grand usage de choucroute, coupe parfaitement la feuille pour les premiers %es avec cet outil, en apparence grossier, et avec une rapidité extraordi* nairè. £n effet,4oute la difficulté consiste à donner des mouvements ^métriques aux deux mains, celle qui fait avancer la feuille et celle qui (ait mouvoir la faux ; cette difficulté peut être surmpn-
tée avec une adresse qui est très-commune chei: les ouvriers et même chez les enfants.
Ainsi donc, avec le coupe-fenille Geffray^ on peut varier à volonté la grosseur de la feuille et la couper pour tous les âges. L'instrument (lébité considérablement, tranche la feuille bien nette-^ ment^ sans la mâcher, ne s'engorge jamais , et )a hnx s'affûte en quelque sorte d'elle-même, en glissant sur une bande de fer. Les coupe-feuilles de M. Geffray coûtent 4^ francs.
Claies etdélitements.
Nos châssis à canevas roulants ont fonctionné, cette année , avec non moins de succès que précé^ demmentr Personne, parmi nos élèves et les nombreux visiteurs de nos magnaneries, n'a pensé qu'il fôt posi<»ible d-y rien changer pour le moment.
Les délîtëitients se^ sont faits avec une fecilîté éiLtraordinaire, malgré la complication d'une édu^ Cation qui comprenait ^7 races de vers et plus de 40 séries.
• Le 20 juin au soir, op avait posé des filets sur 17 claieâ, ce qui avait été, pour deux personnes, l'affaire de quelques minutes. Le ai, au matin, en uiîe heure et un quart, trois travailleurs ont opéré les délitements et enlevé la litière* Les 17 claies offraient une surface de 94 mètres ou 85o pieds carrés. C'est bien 680 pieds par heure à trois travailleurs, ou ^26 pieds par heure pour on seul.
Oti a cité covMtie t)h résultat fort beau, obtefili dané une magnâkieriiâ ti'eM^onnue, le dèlitement en deux heures de 65 claies par quatre persbnné)^} les claies offraient ilne surface de 91 mèthes oU 819 pieds carrés; c'est bien tôa pieds par beuhé et par personne. Dans le système de* canevas roulants le réSliltàt a été plus que double. Nûtis ajouterons que nos délitemenl^ peuvent être opérée par une personne seule. C'est uû avantage incon-^ testable que ne présente peut-être auCun des autres systèmes proposés; et ce qui est assez curieux, c'est que cet avantage est dû précisément à là grandeur de nos claies, qu'on pourrait^ au preniier abord, considérer comme un obstacle k cette pratique. Le <:oniraire est évident et facile à démontrer. Bei 6Iets courts et étroits De peuvent être élevée d^uA seul côté à la fbis^ de toute la distanèé qbi sépare deux cbAssis, sans qu'on renverse les vei*s et là feuille Qu'ils supportent. Rien dé plus fet^ile avèt^ nos filels de i mètre 3i^ centimètres de largeur i\ït 5 mètres de lôngueuré Fbur éviter cet inëôUvénieht avec les petits filets^ il feut les encadrer ou piié^^ rer diverses métianiques plus oU MoikiÈ embkrraâ^ satitei, ^ui compliquent le service. Cbe2: iiôus, tl n'y a rien que quelques chevilles dé hbié, Biéé^ ùboêb les cadres des claies.
L'ucquisition que nous avons faite ^ tette ahnéè, de s à Soo kilogrammes de docons^ provenant de divers éducateurs/ nous a fait apprécier uh défaut grave des Claies à jour. Parmi les cocons qui se for^
( i52) m^it sous ces claies, entre les brins d'osier ou de bois quelconque I il s'en trouve un grand nombre qui sont aplatis sur une ou deux £aices. Ces cocons sont presque perdus pour la filature. La partie plate est satinée et demanderait de Teau peu chaude; tandis que le test^ du cocon est d'un bon grain et exige une plus haute température. L'impossibilité de réunir ces deux conditions cause la perte de la plus grande partie des cocons plats^
filets de papier.
Nous ne pouvions pas manquer de faire avec soin l'essai des filets de papier : nous en avons fabriqué de deux sort^ ; les uns avec un papier sans fin pour tenture, mince et nerveux, les autres avec un papier d'emballage fort et épais.
Pour en faciliter l'emploi, il nous a paru souvent utile de les mouiller de manière à les ramol^ lir; alors ils prennent bien la forme des litières et tous les vers peuvent passer à travers les vides; quand, au contraire, ils sont roides,si la litière n'est pas unie, beaucoup de vers ne peuvent attendre les trous, ou n'y parviennait que longtemps après les autres et manquent plusieurs repas : de là des inégalités fâcheuses.
Nous avons été frappés d'un autre inconvénient que présentent les filets de papier : pour qu'ils aient quelque solidité, les troiis ne doivent occuper que la moitié de la surface. Lors donc qu'on place un filet de cette espèce sur une claie quelconcpie à
jour 9 la moitié des passages de Tair se trouvent intercédâtes; c'est un grand mal.
On ne peut pas suspendre les filets de papier; il faut absolument les transporter chargés de vers d'une place à une autre : il faut donc une place vide à coté de celle qu'on délite. Avec de petites claies mobiles , cela ne présente pas un grand inconvéqi^t ; mais ili est capital avec les planches y les claies trop grandes pour être maniées avec facilité, les canevas, enfin toutes les grandes surfaces à peu près immobiles de leur nature.
Enfin, pour nous, le plus grand inconvénient des filets de papier, c'est leur petitesse forcée. Us sont inapplicables à notre système de grandes surfaces mobiles. * .
Du reste, nous reconnaissons que l'adoption des filets de papier sera un prpgrès pour ceux qui n'ont pas dé filets^ du tout, comme elle serait un pas rétaograde pour les praticiens qui emploient les filets ordinaires.
Boisement QU rçanage.
Nous avons reconnu, cette année, qu'avec une certaine adresse on peut flamber même les balais de Golza^ Un ouvrier très-ordinaire, ayant mal interprété un ordre qui lui avait été donné ^ a mis ainsi en état de servir , pour la seconde fois , un gros tas de balais de colza que nous considérions comme perdus. Ils ont été employés pour ramer les dernières séries de vers, après avoir reçu les
( »54) ÇQCODS des premières. Nous ne p6iison$ pas çe^ pendant qu'on pût garder des balais de cette espèce d'une ann^e à l'autre ; nu^is d'une premère éducation àt nm seconde, cela est désormais hors de iifiijtei ppMr «ous^
Noqs avaQ3 ei^,, en iQ4o» k nôtres dii|K>aîtion ^^ç graqd^ quantité de I^iJais en dûoovée sauvage* Rien ^ plus facile que 4'ei^ faire mnuisser .une proviaiou dans certains terrains qui la tooroîfls«nt W ^Qmd^nae.^Cette plante q^teMeUente pour oeC usage. Les balais qoDvionneot parfaitement aux ver^j, ^ çQUscirye^ biep et peui^at 4^€i flambés f^yeç la plua grande facilita : nous ne swrionatr«^ lq$t rçcpinmo^ndoi? «w m^gvaniers à défaut de cdba,
fi^HU fit veiUiéefin
Li'i^quée d^rni^r^^ nouA avkms suivi asse^ fégcK liè^meu^ \f^ piKKfl^. cbinoki quant mi nombre des repas administrés auit vers^à soie; oo ^eilbût la nuit entière. Nous avons voulu apporter ^ en 1840, une modification à ce système.
Les tr?kx^ill wr^ ont ét4 àimi» w dww swti^fis : la premijf ce} se coucbftîH de bouu© h^me , afin de pouivoir ^^ \ev(^ AJwU beuf^^di^xnatint; la»r cpncîp y^U^H ii*»qip*'à Uiî##it : il eft est. résulté q^e 1^ yçF§ squt rest)^ géf^raïwmii tmi^ k quatre he wr«^ d^, wit wns^ «ep^*
Pans le preuùei; âge,, on Us « diâtrtbuiéa. taiMes les heures;
Dans le second et le troisième âge, toutes les deux heures;
Dans le quatrième et le cinquième âge, toutes ks trois heures à peu près. Eh bien, en i83g> l'éducation avait duré de a5 à a8 jours. En 1840, elle a doré de 34 ^ ^^ jours, c'est-à-dire un peu moins que l'année dernière : la diminution du nombre des repas ne parait donc pas avoir eu d'ii^ fluence sous ce rapport. Il est juste d'ailleurs de remarquer que la température moyenne a prob»blement été un peu plus élevée en i&^û qu'en iSSg : ai^i avons- nous gagné k peu près d&xx joun.
Nous poursuivrons, par dès expériences exactea, la solution de cette intéressante question^ savoir : Quelle est rinfiuence positive qu'exerce le nombre des repas?