CHAPITRE VI
ÉTOtlFFEMENT DES COCONS.*
Dans les pays de grande production, l'étouffément des cocons présente aux filatçui^s d'fi|$3tz graves difficultés ; aussi a^tHHi imaginé tme n^irl*tjtude de procédés et d'appareils* On a eu suqcesr sivement recours à des £onrs de diverse* formes, à des étuves avec ou sans courant d'air, enfin; à la vapeur de l'eau bouillante. Ce, dernier moy^i^, qui paraisaait lé plus simple et le plus» $m, a été succeasivement abandonné par le p)«a grand nombre
( «36) des industriels. Ce fait, bien connu^ avait droif de nous étonner; mais nous avons éprouvé une surprise plus grande encore lorsqu'en rediercbant les causes de cet abandon nous avons trouvé partout la raéroe objection, la même difficulté : La vap^ir, dit-on , mouille les cocons. Aussi Ton voit des inventeurs de procédés s'efforcer de faire écouler l'eau condensée, en donnant aux parois et aux couver^ tures de leurs appareils des formes propres k Técarter des cocons. Cette difficulté s'étant présentée à tous ceux qui ont voulu utiliser la vapeur d'eau, il en est résulté pour nous la preuve évidente que tous aussi sont partis d'un faux principe. Tous ont considéré la condensation de la vapetu* comme une condition indispensable : aussi les voit-on dore de leur mieux les capacités dans lesquelles ils la reçoivent et lui fermer toute issue. Or il suffit d'appliquer ici les principes les plus élémentaires de la physique, pour démontrer qu'on s'est jeté dans un.e voie fausse. Bien loin 4e chercher à condenser la vapeur qu'on faisait agir sur les cocons, il fallait, au contraire, la former en un courant vif et rapide, dbnt la température éle^^ée devait tuer en quelques minutes les chrysalides renfermées dans les cocons, en ne laissant à leur surface que la moindre quantité possible d'eau condensée.
Ce principe simple et élémentaire, nous l'avons appliqué, dès la première année, à Tétoufifement de nos cocoti&i au moyen d'un appareil très-économique décrit dans notre notice de i838; et, jusqu'à
(»57) pré3^nt| à la quatrième année, il ne s'est présenté dans son emploi aucune espèce de difficulté ou de défaut. Dans notre appar^l, la vapeur traverse librement^ et presque sans aucune condensation, les couches de cocons qui lui sont opposées.
Nous avons voulu, cette année, nous assurer, par quél(jues expériences directes, des effets de la vapeur sur les cocons. Il 8'agiS3ait de savoir si les cocons augmentaient de poids dans un étouffe* ment bien fait, et dans quelle proportion. Nos essais ont été pratiqués avec un petit appareil destiné à Fétoufiement des nombreux échantillon» qi^ fious avaient fournis nos vmgt-sept races et nos éducations expérimentales; Agir ainsi sur de pe-* tites niasses, c'était se placer dans les circonstances les moins favorables , parce que la vapeur devait étrecondenséeproportionheilement en. plus grande q^utilé dans un pètit:que dans un grand appareil; mais aussi les résultats devaient être plus probants.
Le ao juin, 44^ grammes de cocons sont exposés, pendant 3o minutes^ à un courant de vapeur fournie par de l'eau bouillante. An sortir de l'appardl, les cocons pèsent, tout chauds, 4^i grammes; ils Cfnt augmenté de poids dans la proportion de Set demi pour loo, environ.
Pesés de nouveau, après un quart d'heure d'exr position à Pair dans la magnanerie, les cocons sont revenus à leur poids primitif.
Le 5 juillet, nous faisons cinq nouveaux essais du même genre ; voici leurs résultais :
f kilogr» de cocons pèse après KopëratîoB io5o grammes.
AogmentatioB Spomrcent.
9i5griimiaetdevieiiM&t g65 Aiigmentalioa 5 o/o 117P -^ — ia4o — 60/0
Mojeium de Taugmentatioa. . . 5,8 0/0
Pesés de nouveau, i^rès 3o mmute&d*exposaioci à Tair dans la magnanerie, tous ks; cocoos ont re^ pris leur poîd» primitif.
Il résulte évHlemfnent <le ces expériences que^ dans VétoufiFetneMt à la Tapeur bran dirigé^ ks 00»- 00ns n'absorbent ^'one tr^-f>etite> quantité d'eam, qni s'évapore presque immédialement pendant Leur refroidissement. On peut donc dire que iefco€ans ne sont pas mouillés j dans l'aoception ordinaire de ce mot, et qu'on n'a point à redouter les inconvénients qui en résulteraient. Tous ceux qui c^t mouillé leurs cocons en les étouffant à la vapeur ont tipaà opérék
rNbas pensons qu'on fera bien de Devenir à ce procédé^ parce qu'il présente de trèsrgr»ad& avaiiitagi» sur tous les autres : seul ii;»^ à l'abri de (•iitft élévation accidentelle de te^péraAKire capa-» ble d'altérer les cocons. En effet, la vs^peur n'étaat pas compriicée ne peut jamais s'élever à un degré de chaleur supérieur i celui de l'eau bouillante. Tous les appareils à air sec présentent ce grave inqcœvénient : la maladresse ou l'ignorance d'un ouvrier peut causer des dommages considérables.
( »59) L'application tle la irapeur est irailleurs irèa^-éco^ ttomique et trèan-Êicile; il suffit 4e remplir une condition : c'est de fournir un courant de vapeur qui aoit as^ez fort|et asses chaud pour remplir toute la capacité de l'appareil, et s'échapper en^ suite» aanfc avoir éprouvé de condensation bien sen* sible. Pour cela, la surface de la chaudière doit avoir à peu prèa le même diamètre que la capacité datta laquelle sont enfermée les cocons, et cette capacité, qui sera le plus ordinairmient un cuvier ou cylindre, devra être en bois asaea épais pour que le rdhroidîssemeot a'opère la plus lentement posaiblck) on peiH, avec un grand avantage, l'enve* lopper de oauv/ertnrca ea laine (i).
GilAPiTHB VIL =