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Pendant celle double éducation , il a e'té facile de constater que les vers nourris avec la feuille du niullicaule étaient constanament en retard sur les autres, et ce retard a fini par élre considérable.
(6) Pour les trois-inues, le sauvageon parait être le mûrier qui a le plus hâté Téducation. Elle a duré deux jôUrs de plus avec le rose, trois jours de plus avec lemoretti; enfin, avec lemulticaule^ la difFé* rence a été de six jours !
^our ie siûa, on peut remarquer que les trois mûrierè, foéê^ sauVageôn et moretti^ ont amené réducation à bonne fi» dans le même iKHnbre de jours, mais que le multicaule a occasionné un retard de cinq à six jours.
Le niémé effet s'est particttliérement montré dans la durée du teints nécessaire pour opérer la montée : tandis qu'elle a été complète en deux jours et même moins pour les vers élevés avec les feuilles dei mûriers rose^ sauvageon et moretti, elle s'est {>r6longée pendadt quatre jours au moins dans la série qui avait reçu pour aliment des feuilles de tnulticaule.
Les Ufèltfibres de la eommîssién de la Société d'agriculture, les différentes personnes qui ont suivi l'éducation, et moi-même, nous n'avons pas été moins frappés de la grande différence qui s'est présentée dans le nombre des vers malades : tandis qu*on avait peine à en trouver quelques-uns dans les iséries nourries avec les mûriers rose, moretti et sauvageon , on en remarquait un bon nombre parmi les vers alimentés avec le multicaule, et la différence est devenue frappante au moment de la montée.
Quand on a récolté les cocons quelques jours
( 7 ) après, cette infériorité du âouUicaule s'est montrée de npMveau dans le poids total du produit. Bien qu'on se fut efforcé de placer dans chaque série des nombres de vers à trè^-peu près pareils ^ on a eu des poids et des nombres de cocons fort différents, comme on peut s'en; assurer en jetant les yeux sur le tableau (i).
On voit que les trois-mues au multicaule n'ont pas donné le tiers des cocons fournis par le sauvageon, et le quart seulement de ceux produits par le mûrier rose.
Dans l'expérience avec le sina, la disproportion, bien que moins forte, est cependant encore trèssensible,. Or cette similitude des résultats dans les deux essais ne permet pas de contester leur caus^ ^^Q)une. Évld^ntment, dans les sériesnourries avec le multicaule, Il a péri un grarïd nombre de vers.
(i) On voudra bien remarquer que ces expériences, quoique fûtes eii petit , n'ont c^endant pas été réduites à des proplir^ofts telles qu'on ne pât rien conclure de leurs résultats. Le produit total en cocons a été de 21 kilogr.
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Si toutes les expériences donnaient des résultats aussi nets et aussi suivis que ceux qui sont présentés dans les deux tableaux, on ne serait jamais embarrassé pour en tirer des conclusions. Il y a entre eux une telle liaison, qu'il faut se rendre à l'évidence des faits qu'ils constatent.
I** Pour les trois-mucs, les feuilles des mûrieni
(9) sauvageon, moretti et rose ont amené les vers au même degré de développement : pesés au nioment de la montée, leur poids s'est trouvé être en moyenne de 3 grammes; mais le multicaule n'a pu produire que des vers du poids moyen de 2 grammes 5o centigrammes; différence en moins^ un cinquième.
Pour la race sina, les mûriers se sont présentés dans l'ordre suivant : le rose a donné les vers les plus forts , le moretti vient ensuite^ puis le sauva^ geon ; enfin les vers nourris au multicaule présentent une différence de plus du tiers en moins du poids des vers alimentés avec la feuille du mûrier rose y ce qui est considérable.
20 Les rapports dans les poids des vers se représentent d'une manière frappante dans le volume des cocons. On voit que le multicaule a donné les plus petits cocons, ceux du sauvageon viennent ensuite, puis les cocons du moretti; enfin le mûrier rose présente sous ce rapport un avantage évident, il a donné les cocons les plus lourds.
Les rapports entre les cocons et l'ordre qui en résulte pour les mûriers se trouvent parfaitement semblables dans les deux races.
3° L'expérience m'a appris que les cocons n'ont pas toujours un volume proportionnel à leur poids; mais, dans l'expérience dont il s'agît, on voit qu'il ^n est ainsi; les plus gros cocons sont aussi les plus lourds, et, en les rangeant par ordre de volume.
( 'o) on retrouve au&si les laùriers dans l'ordre donné par le poids des vers et des cocons.
4® La proportion de la soie dans tous les lois de cocons présente les variations que j'ai déjà eu plus d'une occasion d'observer. En général, quand une race diminue de volume^ la pr^portiod de la soîe dans les cocons reste la même ou augmente^ parce que la sécrétion de cette matière ne subit pas une réduction aussi considérable que cell^ des autres parties du ver qui se transforment en chrysalides. Celle-ci se trouve donc souvent relativement plus faible et l'enveloppe soyeuse plus forte, bien que, dans son ensemble^ les cocons soient de beaucoup plus légers que ceux provenant de vers qui sont parvenus à un haut degré de développement- Cet effet est évident dans leis cocons des troismues de l'expérience; il l'est ippins dans les cocons sina, et cepends^nt oq peut remarquer que la proportion, de la soie n'a pas fléchi , malgré la dimi* nutiou considérable éprouvée par le poids des cocons.
GONCLUSIOlfS.
On peut conclure, des faits exposés ci-dessus, que les quatre variétés de mûriers mise en expérience ont présenté des différences très*sensibles quant à leurs qualités nutritives pour le ver à soie.
Le MULxiG^pu s'est montré le moins nourrissant de tous, bien qu'il soit évident que les vers 1^ pré-
fèi*etit aux autres et en laissent beaucoup moins dans les litières. Ce résultat s'accorde avec celui dés expériences par lesquelles j'avais déterminé les quantités d'eau contenues dans. les feuilles; le muUicàule en a toujours offert la plus forte pro-« portion.
Mais; en se reportant aux essais qui avaient pour but de rechercher dans quelle proportion les vers consommaient les différentes feuilles dans un temps donné (mémoire déjà cité), on trouve une contradiction apparente : c'est le mullicaule^ dont il se consomme la plus forte proportion dans le même temps. Fdut-oil en conclure que^ le roulticaule étant tout à la fois plus aqUeuœ et mains nourris-^ sont, les vers en absorbent une proportion plus forte que des autres mûriers, sans être aussi bien iliourris? N'est-il pas possible que cette grande quantité d'aliûients ait Tinconvénieut de donner aux organes digestifs de Tanimal une besogiie considérable et peu profitable, <|ui retarde et empêche son actsrolsfeedaeut? J'expose cette expli-» cation comme probable, mais non comme démontrée.
Quoi qu'il en soit^ le résultat pratique se mon-^ tre avec évidence dans les deux races : Le mûrier^ multicaule a été le moins favorable au développe-^ ment de la chenille et à la production des cocons^
Après le muUicanle vient le sauvageoit : bie» que supérieur à celui-ci dans les deux expériences,, il n'a pu atteindre la puissance alimentaire des deux
autres mûriers; peut-être aurait-il besoin d'être employé plus tôt. On sait qu'il est d'usage, dans le Midi ^ de commencer les éducations avec les feuilles des mûriers sauvageons; pour peu qu'on tarde, ces feuilles acquièrent une grande dureté, et les vers ont de la peine à les entamer.
Du reste, en se reportant aux expériences de 1840, on voit que les feuilles de sauvageon récoltées le 4 juillet contenaient cinq pour cent en plus de matière solide que celles du 3 juin; tandis que le mûrier rose n'avait acquis, dans le même temps, Q^ un pour cent y et le multicaule rien.
On pourrait peut-être en conclure que, vers la fin d'une éducation, le multicaule devient insuffisant pour l'alimentation des vers, parce qu'il a peu gagné en substance nutritive et reste aussi aqueux que dans les premiers jours du printemps; tandis que le sauvageon, au contraire, devient coriace, ligneux, résiste aux mâchoires de l'animal et ne lui fournit plus qu'un aliment indigeste (i).
Cette manière de voir établirait une coïncidence parfaite entre les résultats des essais analytiques de 1840 et ceux des expériences directes de 1841*
Le mûrier moretti se présente en seconde ligne; il est évidemment beaucoup plus nourrissant que
(i) Le fait est que, depuis cinq ans, toutes nos éducations ont été terminées avec du sauvageon et que notre consommation de feuilles a été considérable. Cette singularité s'expliquerait très-bien à présent.
le inulticaule. Or, si l'on considère que les feuiikî^ de cet arbre se fanent avec une extrême rapidité, fait constaté dans mon premier mémoire; si l'on remarque que, dans les expériences qui avaient pour but de déteri?iiner la quantité de litière fournie par chaque variété, le moretti en a formé, en effet, une proportion beaucoup plus forte. que le multicaule et même le sauvageon, on est disposé à partager la bonne opinion qu'ont. les Italiens de cet arbre nouveau , opinion qui se propage aussi dans le midi de la France.
Je sais qu'on lui a reproché une sensibilité pour le froid , qui pourrait faire hésiter à le comprendre pour une forte proportion dans les plantations du Centre et du Nord. Mais voici ce que je tiens du docteur Moretti, lui-même, qui nx'a fait l'honneur de venir me voir l'hiver dernier : « On a souvent €( donné pour du moretti des plants qui . n'en a étaient pas. Le vrai moretti n'est pas plus sen- (( sible a la gelée que le mûrier rose. Les sujets <f que le docteur Moretti a envoyés à Londres et à « Hambourg ont résisté à tous les hivers. »
Pour me mettre en état de juger la question par moi-même, il a eu la bonté de me donner environ 5o grammes de sa graine pure. Elle a parfaitement levé à la pépinière de Poitiers : nous saurons donc bientôt à quoi nous en tenir à cet égard.
En6n il paraît résulter d'une manière évidente, de mes essais, que le murier rose greffé est celui qui a fourni au ver à «oie la nourriture la plus appropriée à sa nature et la plus substantielle.
Dans les deux racés, la supériorité des vers et des cocons est absolument incontestable. Ce fait, est d'accord avec les opinions généralement répandues dans le Midi; mais on coii^iendi'a quil se trouve établi y dans mes essais ^ d*une façon plus rationnelle et plus scientifique qu'on ne paraii Ta^ voir fait jusqu^icû
La supériorité du mûrier rose comme substance alimentaire est d'autanC plus évidente, qu'il y a avec lui une perte aseea ocKisidérabié de feuille dans les litières, surtout pendant les premiers &ges. Les jeunes vers^mt beaucoup lie fl^iBe à entamer sa feuille épaisse et dure, hieo qu'^MO^pieone le soîfi de choisir les plus tesndres et de les diviser. Les fragments on4 toujours une consistance et une épaisseur qui présentent de grands obstacles aux organes des jeunes chenilles : il fout donc admettre que cette nature d'aliment leur convient beau-coup, puisqu'elles prospèrent tant, malgré la petite consommation qu'elles en font (i).
On s'étonnera peut-être que je n'emploie pas ici, en parlant du mûrier, l'expression de soyeux, for! usitée ailleurs, et que je n'aie pas classé les mûriers en variétés plus ou moins soyeuses. La raison en est simple, et si je la doune ici , c'est que j'entends
(i) Il n'jest pas inutile de remarquer que la feuille a toujours été distribuée abondamment aux vers de ces expériences, parce qu'il ne s'agissait pas, pour le moment, de déterminer la quantité qu'ils en pourraient consommer , mais sculemea^i ]ti puissance ttlimentairp de chaque Fariété.
sixEivient répéter cette «reur, qui consiste à stipposer que ceirtai«i6 mûriers ont une influence directe sur la production de la soie ; on va jusqu'à dire que plus ]a feuille de mûrier est résineuse et plus le ver qu'on nourrit avec elle produit de soie!
Or il est évident que des feuilles de mûrier peuvient être plus ou moins favorables au tiéveloppement général de la chenille qui les mange, mais n^pnC guêpe ou |)as du tout d'influence sur la propoPtion de soie qui se forme dans les réservoirs ée Fanimal. Quand la femlle convient au ver, il denvient gros et fait "un cocon lourd : le magnanîer a «ne d^onne récolte. Quand la feuille ne favorise pss:seii<déveioppement, il resie chétif et tisse -un cocon Jéger, protportiotm'é à «a taillé. Mais la preuve '^e la Jpii4)por%ion de soie n'est pasînfluen* cée, c'est qoâe, très- souvent , des cocons provenftwt de Rrers peu ^développes eoiftîenwent ;plus de soie que d!airtpes« ©a¥»s oecaiSjïl'ammal étant maigne^ sa chrysalide est peu pesante, et sa légèreté augmente, d'une manière relative, la proportion de la soie(i).
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(i) Ce pkéodmèBe s'est présenté aussi , Tannée dernière , âanan0$>éAiKatbns:cpaipari3KtiT€»^ic^^et humide. Les cocons de rédu€}Ei|ion.huira4e , li^s^qoup plus louids.qnaiceujK Ab l'éducation ^sèche , ét^e;nt .propQrt^onnell6ment.inp«o6#/çh^ en soie.
Notice sur les éducations de 1 840 ; Mémoires de la Société royale et centrale et agriculture. — V* Bouchard-Huzard , à Paris.
Mais, si vous voulez beaucoup de soie, en défi^ tiitive, vous ferez de gros vers j de lourds cocons ; en un mot , vous choisirez une race Hche, parce que c'est là qu'il se présente des différences réelles^ que n'effacent guère les variations de régime. . Dirai-je, maintenant, que c'est une erreur grossière de supposer qu'une feuille résineuse doit former plus de soie qu'une autre qui le serait moins? D'abord, ce que l'on prend généralement pour de la résine, lorsqu'on se mouille les doigts avec le suc laiteux des feuilles de mûrier et que. ceux-ci. deviennent poisseux , n'est rien moins que de la résine* Est-ce de la résine qui poisse les doigts dans le suc du raisin? Et, d'ailleurs^ quand on aurait trouvé plus de résine dans certaines feuilles, quelle raison aurait-on de supposer que cette résine forme plus tard de la soie en traversant les organes de la digestion? Il n'y a aucune espèce d'ana-^ logie entre la résine et la soie : ce sont deux corps de nature et de composition entièrement différentes.
Pour compléter les résultats que je viens d'exposer, il faudrait ajouter ici l'examen comparatif des soies obtenues des cocons produits dans les huit éducations expérimentales; mais cet examen exigerait des développements considérables , qui feraient disparaître la simplicité des moyens que j'ai mis en usage jusqu'ici. Ce travail tout prêt viendra ailleurs : il suffira de dire ici que le magnanier n'a pas besoin de s'enquérir de la qualité
( '7 ) des soies qu'on pourra tirer de ses cocons. Qxiil fasse une abondante récolte de cocons d'une bonne nature : le filàteùt se chargera du reste.
DlEUXJÈM^ SEULE D £XP£Ri£NC£S.
EliHploi des feuilles prises dans leurs différents degrés de développemenU
Il s'agissait d'apprécier, dans cette seconde série d'expériences, quelles modifications pourraient ap-porter, dans les facultés nulrilives des feuilles, les changements qui s'opèrent en elles à mesure que là saison s'avance. En d'autres termes, il fallait faire plusieurs éducations successives avec la même feuille et comparer leurs résultats.
Cette série d'expériences présentait beaucoup dé difficultés, que j'ai dû résoudre sous peine d'obtenir des résultats sans valeur.
I** Il fallait faire toutes les éducations avec les inêmes œufs, et trouver, par conséquent, un moyen de les conserver qui les préservât de toute altération : j'y suis parvenu. Le procédé employé et toutes les circonstances qui l'ont accompagné seront décrits ailleurs.
a** Le même procédé d'incubation devait être appliqué à toutes les séries : on s'est efforcé de remplir cette condition.
3° Il était indispensable d'employer, pendanf: les éducations successives, les feuilles d'une seule variété. J'ai fait choix du multicaule, parce que j'en avais en abondance à ma disposition. On a
( i8) toujours cueilli dans le même carré, sur des arbres rapprochés les uns des autres. Pour les premiers âges^ on a pris de jeunes feuilles; pour les autres, on a dépouillé les arbres entiers.
4** Toutes les éducations devaient se faire dans le même local et sur les mêmes claies : cette condition a été remplie.
5° Il fallait donner constamment le même nombre de repas jour et nuit : c'est ce qu'on a fait.
6® Une température égale pour tous les essais était une condition sans laquelle il n'y avait plus rien à conclure des résultats obtenus : on verra, par le tableau météorologique qui se trouve à la fin de ce mémoire , que nous avons atteint le but désiré.
7® L'état hygrométrique de Vair n'était pas moins important : on s'est efforcé de le maintenir à un degré constant.
8^ Il fallait faire les expériences sur deux races, au moins, pour s'assurer de la réalité des effets observés : on a mis en expérience lésina et le Turin, go Enfin il convenait de multiplier assez les éducations pour qu'il ne restât aucun doute sur la cause des changements qu'on pourrait remarquer.
Toi fait, en conséquence, sept éducations successives, de quinzaine en quinzaine, à partir du ]5 avril. La dernière a été commencée le i6 août. On verra, dans le tableau , les quantités de cocons produites par chacune d'elles.
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L'étude (ie ce tableau ne petit laisser aucun doute dans Tesprit, sur les conséquences qui en découlent naturellement.
On estirappé^ tout d'abord , par un fait évident et qui s*est reproduit onze /ois avec une constance vraiment extraordinaire. Il est impossible de mé-^ connaître ici l'influence d'une cause permatiente, dont les effets sautent aux jeux : à chaque édu-*^ cation successii^e, les vers ont diminué de volume^ et les cocons de poids et de diamètre ; à chaque éducation^ leproduit s' est trouvé moindre ^bienqu'' on sejût efforcé d^ égaliser le nombre des œufs ( i ) .
Ainsi donc, les produits de la première éducation, commencée le i5 avril, sont supérieurs, de tous points, à ceux de la seconde, commencée le i""' mai. Les produits de la seconde éducation remportent sur ceux de la troisième, dont les œufs n'avaient été mis à l'incubation que le i5 mai, et ainsi -de suite.
i® Les vers de la première éducation pesaient, en moyenne, 4 grammes, au moment de la. montée; ceux de la troisième ne pesaient plus, au même moment, que 3 grammes 8o centigrammes; ceux de la cinquième, 3 grammes; et, enfin, les vers de la septième éducation, seulement \ gramme. 9? centigrammes.
(i) Cette condition n'a pu être remplie aussi complètement que je l'aurais désiré, en raison de la nécessité de laisser les œufs sur les toiles pour assurer leur conservation. On n'a pu lii les peser ni les compter. ' *"
a* Dans un kilogramme il ne se trouvait que 53:) cocons de la première édiicatioB, 68 1 de la troisième , 724 de la cinquième et 880 de la septième,
5"" La même décroissance se montre dans }e volume des cocons; leur diamètre mojeqi qui ét^it d'abord de ^5 millimètres, se rédqit successi veinent à 24^ a5| 22 ef; 20 millimètres.
4"^ Les quantités de cocons recqeUUes étaient d'abord de 2 kilog.; bientôt op n'en a plus obtenu que i5oo gramm^s^ puis enfin 6oq seiulement dans Véducation la pins tardive, bien qu'elle eût été entreprise à dessein avec une quantité double d'œufç; et, ce qui rend encore pl^s évidente cette détério*^ ration progressive, c'^st la cqmparaison des poids des cocons avec leur^ nombres. On voit que ces 4erqif;r^ ne présent^n^t pas sj. beaucoup près 1^ va* riations qu'offrent les ppids , par la raison que ce n'est pas sur ]ç nonqbre des yers qu'a porté la< perte i mais bien sur I^ poids de leurs cocons.
La septième éducation des sina et la quatrième des Turin font seules exception ; elles ont offert un bon nombre de vers qui n'ont pas formé de cocons.
S"" Quant aux variations que présentent les cocons dans les proportions de soie qu'ils contiennent , on peut, je crois, en tirer la conclusion que j'ai déj£( mise en avant plus haut: sayoir,que la proportion de soie varie ppu dans une race bien pure, quelque spit d'aillçurs le degré de dévelqppement auquel le ver est arrivé. On voit, en effet , que la proportion de soie s'est maintenue assez régulière dans le sina, puisqu'elle est de douze pour cent
dans cinq éducations sur sept, et de onze pour cent dans une autre , malgré la dépréciation des autres qualités des cocons. La proportion de dix pour eent seulement, que présente la cinquième éducation , n'est peut-être que le résultat d'une erreur ou d'une cause purement accidentelle.
Quant à la race de Turin , une circonstance particulière peut avoir influencé le produit qu'elle a offert; j'y léviendrai.
Avant de rechercher la cause de ces phénomènes , il convient d'exposer dans un nouveau tableau les résultats d-e deux autres expériences. ~ L'éducation normale du printemps avait porté sur dix-sept races différentes de vers à soie. J'avais eu soin de réserver des oeufs de huit de ces races, et lorsqu'on s'est occupé, le 1 5 août, de la septième éducation expérimentale dont il vient d'être rendu compte , on a rais en même temps à l'incubation des toiles couvertes d œufs de ces huit races : les vers qu'ils ont produits ofit été élevés avec le plus grand soin , d'abord dans la chambre d'incubation qui servait d'atelier pour les sept éducations successives ; puis, dans la grande magnanerie, sur les mêmes châssis qui avaient reçu les vers de l'éducation normale.
Je vais donner^ dans un tableau, les résultats des deux éducations : ces résultats comparatifs complets n'ont été recueillis que pour six races; mais ils présentent une telle régularité dans leurs rap-ports, qu'ils ne laisseront pas de doutes dans l'esprit de robscrvaleur.
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Ce noaveaci tatjtleau n est pas moiqs intéressant que le précédent; il démontre qu'il y a une diffécence très-notable entre réducation du printemps et celle de l'automne. La supiériorité de la prçmière a été constante dans les six faces expérimentées.
I* Les vers de la première éducation ont acqii|s un déyeloppçnoent beaucoup plus considérable que ceux de -la seconde^ puisque la différence est dé'vingt-quatre pour cent dans le poids de ces animaux pesés au même momeat de leur courte existence, c'est-i-dire dans les deux cas, le jour même de la montée.
2° Le nombre de cocons nécessaire pour former un kilogramme est de vingt et un pour cent plus considérable dans j'édi^cation d'automne que dans celle du printemps.
50 Par conséquent; le poids rooyea des cocons suit la proportion inverse. Ceiix de la première, éducation pèsent vingt et un pour cent déplus que. ceux de la seconde.
4"» Le volum^e des cocons aurait pu rester le. même ; j'en ai des exemples. Dans ce cas, Tcnve-. loppe soyeuse est proportionnellement plus mince; mais, sous ce rapport aussi, la première éducation l'emporte d'un dou:^ième sur la dernière.
S'* La proportion de la matière soyeuse a diminué d'une manière sensible dans les cocons d'automœ; elle n'est plus que(^ i2,8S pour cent, au lieu de 14916: différence, i,53. Mais on aurait grand tort d'en conclure que les vers ont élaboré une
moindre proppriioa de cette précieuse substance. Voici ce que je lis dans 1^^ not^^ pri^ç^ avep }e plus grand soin , jpur par JQiir ^t presque beuçe par heurç, pendant l'etducation d'ai|toinne.
«( Pourquoi des vers qui sont sur une litière saine « ^ peu épaisse y sur de$ raniage^ bien établis , à çc une teinpérature de ?&^ i8 degrés Réaupaur^i « Thygroniètre étaq^ à 70*-8q degrés, qui ont été tç soignés cpnvena}:^Ieip§^t ^ comme il est fiacilç ^e « s'en convaincre p^r ^çpr volume et leur poids , <K cbez lesquels il ne s'e^t n^nifpsté auçuu état « maladif ; pourquoi^ di^pns?nous^ ces vers cher^ f chent-ils à fuir p^çtç^ut, fnçine 4h ^f^ 4^ X?^^^' a lier jusqu'au plafpnd, c^t nç^^'^ff ete^t-ijs que lofi^- <c qp'il^ n'ont plus dq fofpc^ et meurent sq^s anfofr « copimepcé ^q n^auvai^ cocon? Ceux qi)e }'p|i «ç force à rester s^ur la Utrère conqmencent leur cor. çc con m pied f^s balais; d'autres ( et le pqmbre fn en est çpq«i4f rabl^) ^ p\àçéa au l^^ut dc^ l^i^l^is « oc au liçu d'y r^stfr , çjp^psççhm^ à descendre, np^ 9 pas pour ifiangef^ ms^i$ pour fuir de nouv^su^i. a 2\c^s remarions, que beaucoup de "txçrs^ qyçM ç de commencer leur cocon^ Içjs^çnt achopper be^ç^Ur ? coup de soie en, Ifl déposant enferme de toile « d'araignée y surtout aju pied des bçlais^ etc. »
ypi^à cequ^ çfpUqM? Qomfliient, ^an$v çertaii\ç& cpflditiçn^, ^a pj^ppo^ftMm de la sqie sfi ijrpmyje ?^ç»7 siblement diminuée dans une race , bien) que la chenille en ait préparé une quantité toujours pro-. portionnelle à son volume, et pourquoi, dans
des circonstances différentes , des cocons, bien que singulièrement amoindris quant au poids et au volume ^ donnent cependant encore la même proportion de soie que ceux qui n'ont rien perdu.
Or toutes les personnes qui ont suivi les travaux de la magnanerie ont pu remarquer que les sina des sept éducations n*ont pas présenté le dé« faut signalé tout à l'heure et qui s'est montré au plus haut degré dans les trevoltini d'automne; mais elles ont pu l'observer dans les vers de la race de Turin de la même expérience.
D'où vient cette espèce d'analogie? je pense que nous pouvons nous en rendre compte : elle est due à une altération des œufs. Les trevoltini qu'on a fait éclore pour l'éducation d'automne, en i84iy avaient été pondus en juillet 1 840, et, à cette époque, on avait tout tenté pour en obtenir une nouvelle éclosion de vers : on les avait tenus à une température élevée pendant plusieurs jours ; les vers qu'ils ont donnés ont offelt d'une manière remarquable le défaut de répandre en pure perte une grande quantité de soie.
Lés Turin qui ont servi aux sept éducations expérimentales aidaient été placés trop tard dans la glacière; aussi n'a-t-on pu obtenir des écl osions que jusqu'au 10 juin^ et les vers ont montré, comme les trevoltini, cette funeste disposition à courir et à perdre leur sOle, qui a causé les différences notables qu'on voit au troisième tableau.
Voici donc un fait important constaté jusqu'à l'évidence : à mesure que le début if une éducation s*éloigne de Vépoque normale j c'est-^i-dire de celte qui aurait vu éclore spontanément les œufs de vers à soie livrés aux influences naturelles de Tatmosphère, les produits de cette éducation éprouvent une altération considérable et proportionnelle au retard imposé.
Mais quelles sont les causes de cette altération? c'est ce qui nous reste à déterminer : pour y parvenir, il convient d'examiner une à une toutes les influences qui ont pu agir.
La première qui se présente naturellement à Tesprit est l'altération des ceufs pendant une conservation artificielle au delà de l'époque natu^ relie de l'éclosion. Probablement on ne saura jamais d'une manière absolue quelle part l'altération du germeprendàladégénérescenced'unerace, parce qu'il faudrait pouvoir placer les vers à deux époques éloignées dans des conditions tellement identiques, qu'on dût nécessairement attribuer aux œufs mêmes les différences remarquées; mais comment avoir dans le même lieu, à un mois de distance, par exemple, des feuilles de mûrier parvenues exactement au même degré de végétation? cela paraît impossible.
' Cependant je croîs que l'état des oeufs n'est pour rieti dans les altérations subies par les vers et les cocons de mes expériences; voici mes raisons : i" Toutes les fois que des œufs ont éprouvé
(^8) une altération comuç à Vacance , on çn a retrouvé les effets dans les vers et les cocons^ quelle que fût répoque de Téducation. La précocité de celleci n'a pu corriger le vice dont les germes étaient atteints
2^ TUji\l\e fois des œufs récoltés^ dan^ le Mjdj et transportés dans le Nord ont doqné fies prqduits tout aussi beaux dans cette nouvelle condition j l?ie^ qu'ils aient éçlos un mois plus tçird et souvent même ayec ^nç (lifférence plus gmr\(le encore; mais» dans ces cas, les vers, en naissant le 1 5 mai dan^ le Nord, trouvaient les mûriers au même degré d^ végétation que leprs frères nés dans le Midi le iS.avri^, ce qui prouve que les penft par eux- {^émes n'avaient épr<>uvéauct|nç altération.
Qr j çoiufne je trouyc iine différence très-sen- §ib^ç entre deiu; éducations faites à quinze jours d« distance seul^pfxçi^t, niais dans le même lieu et avep les pijèfnes ar|;)res, il m'e^t permis éÇen conclure qt^^ 9^tt^ fl^férence ne provient pjis d'unç ultéi^a tio^ d u gpf me,
. La TEM9£|ii.TnB]p; était assurément une des çir^ constances qi^i pouvaient exercer le plus d'influence s^r le$ résultats d^s essais, .et ce n'était pas chose tr€^$-£E)çile que de la maintenir uniforme pendant cinq mois sans interruption.
On peut voir, dans le troisième lableau^ quQ la températurç moyenne en degrés centigrades pour les sept éducations diffère au plus de i degré. Lçs moyennes ont été prises sur plus de soixante pb-
(^9) Nervations thermotnétriques pour chaque éducation (i), puisqu'on en a recueilli généralement trois par jour pendant toute la durée des expé* riences.
J'ai eu soin, d'ailleurs, de me reporter alternativement de la chambre d'incubation ou étuve dans la grande magnanerie , lorsque les vers sont passés de l'une de ces pièces dans l'autre*
Ne puis-je pas dire, après une telle masse d'ob-* servations, que les sept éducations ont été faites sensiblement à la même température?
On peut remarquer, du reste, dans les tableaux S et 4» V^P c® ^^^^ précisément les deux éducations qui ont eu le plus de chaleur qui ont donné les moindres produits j ce sont la septième en siria, qui a eu 25,7 degrés, et rédtication.d'aulomive âu> les six races , qui offre sur l'éducation pareille du priiitemps 1,4 degré de chaleui* en plus.
Pour me conformer à Tusage, je donne ici le notnbre de degrés thermométriques quont reçus les sept éducations de sina et le^ deux grandes éducations comparatives du printemps et de Tau*' tonme.
(0 II a été recueilli en tout plus de quatorze cent^ obser*vations.