‹ Mémoires sur l'industrie de la soie: muriersChapitre 11 sur 14 · OMBRE · texte numérisé non relu

OMBRE

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i** éducation. . . .

Ed. du printemps.

Ed. d'automne. . .

Moyennes. . . .

Il résulte évidemment de ce tableau que les conditions d*égalité*de température ont été suffisamment remplies pour faire attribuer à d'autres in* fluences les changements survenus dans la nature des produits de nos sept éducatioiits successives; car, si Ton voulait attacher quelque importance aux différences que présentent les chiffres du tableau, on verrait que les produits ont éprouvé un amoindrissement progressif, bien qu'il y eut au contraire, et généralement, une augmentation dans la chaleur adminislrée.

Je suis porté à en conclure que la cause de dégénérescence a été assez puissante pour effacer entièrement les bons effets de quelques degrés de chaleur eu plus^ car on ne m'objectera pas sans doute que la chaleur, au degré usité dans mes expériences, peut avoir nui au développement du ver à soie.

J'ai démontré, par mes expériences de 1840, que Vnv^iDiTÛ exerce une influence considérable dan» les éducations* II était donc indispensable de s'assurer du rôle qu'elle avait joué dans celles de 1841 et de la part qu'elle avait eue dans les résultats.

Mon but avait été d'entretenir, autant que pos-^ sible, un degré d'humidité constant pendant tout le cours des éducations expérimentales : cela esjt beaucoup plus difficile qu'on ne peut l'imaginer. Dans bien des circonstances, les arrosements n'ont pu remplacer l'humidité naturelle de l'atmosphère, et l'hygromètre est resté au-dessous du degré recommandé. Malgré ces difficultés, on voit que le but a été atteint d'une manière satisfaisante, puisque la différence entre les deux moyennes extrêmes n'est que de huit degrés.

L'année dernière, j'avais obtenu une différence de 24 degrés entre l'éducation sèche et l'éducation humide; aussi les effets produits avaient été très-, sensibles. Nous pouvons donc admettre que l'humidité n'a pu exercer une action suffisante sur les vers mis en expérience pour altérer la qualité de leur^produiJs^

Mais, alors, si les altérations observées ne peuvent être attribuées ni à une détérioration des œufs, ni à la température, ni à l'huihiditét ne fautil pas en chercher la cause dans les changements successifs qu'éprouvent leJs feuilles de mûrier à mesure qu'elles végètent^ et cette explication n'estelle pas la plus rationnelle?

Il y a d'ailleurs, dans les résultats rapportés plus haut, un fait qui mè parait biieh propre à appuyer cette manière de voir. En partant de la première éducation, oh trouve une dépréciation progressive et constante qui va jusqu'à la cihc^uième; rbais dans là sixième il y â tout à cou[i une sorte de réaction qui rapproche ses produits de ceux de ta troisième éducation. Est-ce un effet du hasard? je ne le crois pas, et l'époque à laquelle cette éducation a été faite va nous fournir l'explication dé cette prétendue anomalie.

Les vers éclos le 12 juillet sont montés îe io août; n'est-ce pas là précisément l'époque de la séi^é d'août, qui renouvelle en quelque sorte la végétation , et lui rend en partie sa fraîcheur du printemps?

Est-^il étonnant que les vers qui ont consommé cette feuille plus jeune et plus nourrie aient repris un peu de la vigueur qui avait distingué ceux des éducations précoces?

COKCLUSION.

Je conclus de tous ces faits

i"" Que les quatre yariétés de mûrier mises en expérience ont des qualités ntitritives différente)}^ et doivent être rangées dans l'ordre suivant, en raison de leur puissance alimentaire :

Le mûrier greffé à feuille rose;

Le mûrier moretti ;

Le mûrier sauvageon ;

Le mûrier mnlticaule.

Ce dernier est de beaucoup inférieur aux trois autres.

!2^ Que la feuille du mûrier perd beaucoup de ses facultés nutritives à mesure que la saison s'avance ;

5** Que , par conséquent , on s'expose à une perte considérable snr le poids et la qualité de la récolte de cocons en retardant les éducations;

4^ Qu'il ne faut point attribuer à d'autres causes les dégénérescences observées dans beaucoup d'ér ducations tardives.

Il resterait maintenant à calculer les compensations que peut offrir le plus grand produit des arbres en les dépouillant quinze à trente jours plus tard.

II faudrait aussi déterminer les quantités de feuilles des quatre variétés nécessaires pour pro-

doire un kilogramme de cocons et résoudre plusieurs autres questions relatives à Tâge des arbres , à leur mode de plantation, de culture et de taille, etc.

Tous ces objets pourront fournir matière à des travaux subséquents.

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