‹ Mémoires sur l'industrie de la soie: muriersChapitre 12 sur 14 · PÈOFBSSKUE BU COURS SUE L'INDUSTEIB DB LA SOIE · texte numérisé non relu

PÈOFBSSKUE BU COURS SUE L'INDUSTEIB DB LA SOIE

Dans mon premier mémoire sur le mûrier , je me suis efforcé de rechercher s* il existe , dans les feuilles des différentes variétés de mûriers ., des propriétés ou des caractères qui les distinguent^ et si ces caractères peuvent servir à résoudre la question de savoir ce qui constitue la meilleure feuille.

Pour atteindre le but que je m'étais proposé, j'ai étudié^ dans les quatre principales variétés que j'avais à ma disposition ,

i^ L'épaisseur des feuilles ;

2* La proportion des nervures;

S*" La consommation dans un temps donné ;

4<> La faculté de se faner plus ou moins vite;

5** La proporlîon d'eau contenue dans les feuilles des quatre variétés ;

6® La proportion d'eau contenue dans les feuilles de la même variété, maLs à diverses époques de sa végétation ;

y"" La quantité d'eau contenue dans le parenchyme isolé ;

8"" La quantité de matière sèche contenue dans les nervures ;

9"" La proportion de matière soluble contenue dans les feuilles des quatre variétés.

Dans le second mémoire, je mesuis occupé d'une autre série d'expériences. C'est par l'alimentation directe des vers avec les quatre variétés de mûriers que j'ai cherché à déterminer les différences qui peuvent exister entre leurs feuilles. Elles ont été comparées entre elles sur deux races de vers à soie.

Il restait à comparer, par le même procédé, les feuilles prises à différents degrés de développement; pour y parvenir, j'ai fait sept éducations successives, à quinze jours d'intervalle^ avec les feuilles du même mûrier. Les résultats de toutes ces expériences ont été publiés (i).

Je me proposais de continuer mes recherches en 1842; mais, ayant dû m'absenter pour un voyage dans le midi de la France, madame Millet,

(1) Mémoires de la Société royale et centrale d'agriculture. 1840-1842 , et brochures détachées chez M*' V* Bouchard- Huzard.

ma «sœur, s'est chargée de ce soin. Avec une sagacité et une exactitude bien remarquables, elle a poursuivi ces utiles et intéressants travaux ; elle en a rendu compte à la Société d'agriculture ^ de Poitiers. Je me suis chargé de la même tâche pour la Société royale et centrale d'agriculture ^ pen-* sant qu'il était nécessaire de présenter ces nouvelles recherches sous le même point de vue que j'avais adopté pour les deux premiers mémoires. Du reste ^ ma confiance dans les résultats dé madame Millet est telle, que je n'hésite pas à les pré* seater et à m'en servir comme %i je les avais obte* nus moi-même (i).

Nous nous sommes proposé, en i84a> de continuer les expériences d'alimentation. On a employé les quatre variétés de mûriers déjà expérimentées en 1840 et i84i 9 savoir : le multicaule, le moretti, le sauvageon et le rose. Il est nécessaire de faire remarquer ici que parmi nos mûriers roses se trouve un grand npmbre de la variété ovalifolia , qui nous a été envoyée du Midi sous le nom de rose. Mais, comme les deux variétés sont

(i) On va voir que l'éducation de. M"» Millet comprenait plus de quarante séries différentes de vers à soie ^ mus Tordre parfait qu'elle avait établi entre elles , ainsi que dans le travail de l'atelier et la récolte de la feuille j, n'a pas pernùs qu'il se glissât la moindre erreur dans cette multitude de détails.

généralement mêlées dans les plantations du Midi, le résultat pratique reste le même.

Une cinquième variété a été expérimentée en 1 84^ ; c'est le mûrier connu sous le nom ai hybride on intermecUa j japonica f etc., et obtenu par le semis du multicaule. Notre plantation comprend un grand nombre de variétés obtenues par MM. Audibert , deTarascon; les plants sont originaires de la pépinière de ces messieurs , et nous ont été donnés, en partie, par M. Aubert , régisseur du domaine royal de lïeuilly.

Enfin une sixième expérience a été faite avec un mélange de toutes les feuilles de mûriers que présentait la pépinière de Poitiers ; on a désigné ce mélange par le nom àe feuille variée.

Les mûriers multicaule, moretti, sauvageon et rose ont été expérimentés avec quatre races différentes de vers à soie : les giali ou race de Turin , Tespagnolet d'Aubenas, la grosse race de la Brianza que j'ai appelée dandolo; une autre race milanaise venue de Pesaro.

L'hybride a été essayé sur Fespagnolet et le daiidolo.

La feuille variée a été donnée à plus de vingt races élevées dans l'atelier.

Il est de la plus grande importance d'appeler l'attention du lecteur sur une modification capitale, introduite cette année dans les expériences de la magnanerie modèle de Poitiers.

Jusqu'ici j'avais donné la feuille sèche, excepté

toutefois dans rédacation expérimentale de 1840 avec la feuille mouillée ; tandis, que ma sœur nourrissait constamment les vers à la Catodière avec de la feuille mouillée exprès. Elle a continué cette pratique en 1842 , en prenant la direction de l'éducation de Poitiers ; elle i-a fait avec d'autant plus de raison que Taniiée a été d'une sécheresse désespérante; mais il en résulte que ses expériences présentent avec les miennes cette différence considérable : la feuille mouillée a été e/wployée à la plaee de la f veuille sèche. Nous verront: s'il s'en est suivi des conséqil<(nces qui fassent planer quelques doutes sur les résultats de l'une ou l'autre année.

Influence des mûriers sur la durée de la vie des vers.

Il était intéressant de s'assurer si Texistence des vers à soie à l'état de chenille serait abrégée ou allongée par l'usage exclusif de certaines feuilles. En conséquence , on a tenu note exacte du jour de la naissance et du jour de la montée de toutes les séries.

Voici le tableau de ces observations :

V^HWi

Feui vari

Od

co

rs

lift

Oi

(yl

cg •

JJ

eo

ft

es

àfi

CO

ce

cd

HfJ

ào

ef

en

Il résulte de ce tableau que c'est le mûrier rose qui a le plus hâté la vie du ver et la feuille variée qui a produit l'effet contraire. Les cinq mûriers expérimentés se présentent donc dans Tordre suivant f en plaçant en tête celui qui a le plus avancé les vers à soie :

Rose.

Mnlticaule.

Moretti et hybride.

On voudra bien se rappeler que, dans les expériences antérieures , le sauvageon n'avait jamais pu occuper que la troisième place ; les essais de 1842 le reportent à la dernijère. Il y a concordance très-satisfaisante.

Quant au multicaule, il aurait ici quelques avantages sur trois autres variétés. Nous verrons, après quelques autres comparaisons , si nous ne pouvons pas nous rendre compte de cette prétendue anomalie.

De la quantité ds feuille consommée.

La question de savoir dans quelle proportion seraient consommées les feuilles des difTérentes variétés ne pouvait pas manquer de fix^ notre attention ; d'ailleurs, dans le ménioire de 1841 nous avons promis de la traiter.

En conséquence , on a pesé avec le plus grand soin toute la feuille distribuée, et on en a fait au-

taut des cocons récoltés. Voici le tableau de ces résultats :

Consammation €!• la feuille.

VARIÉTÉS DB MURIERS.

Poids total

de la

feuiUe.

Poids

des

cocons

récoltés.

Qluntitf, de

kdTde cocons.

Page 1