M II. I . . . ■ I I
(1) On doit croire que Linguet, dans ces dernières lignes, se laisse entraîner, parle ressentiment des maux qu'il a soufferts, plus loin que la vérité. Il n'est pas probable qu'on ait fait à son égard exception aux règîemens; or, le règlement dont l'original a été trouvé à la Bastille, est ainsi conçu à l'article intitulé : Réception d'un prisonnier. « Quand il arrive un prisonnier, et qu'il est dans » la chambre du château , on lui fait mettre sur la table tout ce » qu'il a dans ses poches; on les lui fait retourner jusqu'aux gousw sets de sa culotte : si c'est un vaurien dont on a méfiance à juste » titte , le porte-clefs cherche autour de lui s'il n'a rien de caché \ » après quoi l'on fait l'entrée du prisonnier où l'on fait état des » papiers qui se trouvent sur lui , etc. , etc. » La Bastille dévoilée, de livraison , pag. 34 , en citant cette disposition du règlement, en. remarquant qu'on ne fouillait que les vauriens , ajoute : « Qu'ainsi » l'on peut douter de ce qui est dit dans les Mémoires imprimés, » que quatre officiers , ayant la croix de Saint-Louis , font ces re- )> c/ierc/tes et tâtonnemens. »
Voyez d'ailleurs la note suivante ; voyez encore, dans leséclaircissemens (/), un passage de Mirabeau sur la réception des prisonniers envoyés au château de Vincennes. Il y accuse aussi M. de Rougemont, gouverneur d» donjon et chevalier de Saint-Louis , d'aider les porte-clefs dans la fouille des détenus.
(Note des nouv. édit.)
SUR LA BASTILLE. Gl
Ils lui enlèvent son argent, de peu* qu'il ne s'en aervç pour corrompre quelqu'un d'entre eux ; ses bijoux, par la même considération; ses papiers, «Je peur qu'il n'y trouve une ressource contre l'ennui auquel on veut le dévouer; ses ciseaux, couteaux, ejc, de peur, lui dit-on, qu'il ne se coupe la gorge , ou qu'il n assassine ses geôliers ; car on lui explique froidement le motif de toutes ces squst radions. Après cette cérémomie qui est longue, souvent coupée par des plaisanteries et des gloses sur chaque pièce comprise dans l'inventaire, on vous entraine yers la loge qui yous est destinée dans
OMt.wfegri.CO.
(1) Le général Pumouriez fuj conduit à la Bastille en 177$. pour avoir obéi à Louis XV à l'insu du duc d'Aiguillon son ministre. Avec ce ton vif et cavalier qui rend la lecture de ses Mémoires fort piquante , il décrit en ces termes l'instant de sa réception. Le général , comme on le verra dans ses Mémoires , ne parle jamais de lui qu'à la troisième personne. » Dumouriez , dit-il , arriva à la, » Bastille à neuf heures du soir. Il fut reçu par le major , vieillard \ » pédant et janséniste , qui le fit Jbuiller exactement , et lui fit » prendre son argent, son couteau , et jusqu'à ses houcles de sou- » liers A ce dernier article , il eut la curiosité d'en demander la » raison. Le major lui dit finement qu'un prisonnier avait eu la » malice de s'étrangler en avalant un ardiHon. Après cette belle » remarque , ce major eut l'horrible imprudence de lui laisser ses » boucjes 4e jarretières. Il ne J'en avertit pas , et çomme il avait » grand faim, il demanda à souper. Qn lui dit qu'il était bien » tard. Effectivement la visite et l'enregistrement des effets avaient » pris une heure et demie. Il pria le major de lui envoyer chercher » un poulet chez le traiteur voisin. — Un poulet, lui dit le major , » savez-vous que c'est aujourd'hui vendredi ? — Vous êtes chargé » de ma garde , et non pas de ma conscience. Je suis malade, car
Elles sont toutes pratiquées dans des tours dont les murs ont au moins , comme je l'ai dit, douze pieds d'épaisseur, et dans le bas trente et quarante. Chacune a un seul soupirail pratiqué dans le mur, mais traversé par trois grilles de fer, Tune en dedans, l'autre au milieu de la muraille, la troisième en dehors. Les barreaux sont croisés ; ils ont un pouce carré d'épaisseur; et, par un raffinement qui prouve la supériorité du génie des inventeurs, la partie solide de chacune de ces étranges mailles répond juste au vide d'une autre, ce qui laisse à peine à la vue un passage de deux pouces , quoique les mailles en aient à peu près quatre de large.
Autrefois , chacun de ces caveaux avait trois ou quatre ouvertures, toutes petites, il est vrai, toutes décorées des mêmes réseaux : mais enfin cette multiplicité de lucarnes aidait à la circulation de l'air; elle prévenait l'humidité, l'infection, etc. Un gouverneur plein d'humanité les a fait boucher ; il n'en reste qu'une : dans les plus belles journées, le peu de lumière qu'elle laisse
» la Bastille est une maladie ; ne me refusez pas un poulet. d'Hé- » mcry * , qui était présent , convainquit le major qui envoya » chercher le poulet. » rie du général Dumouriez , tome Ier 7 pag. 3oi , édit. de Hambourg, 1795.
( Note des nouv. édit. )
* Inspecteur de police qui avait amené le général de Hambourg à Paris, Vojfcz ses Mémoires.
transpirer dans la chambre ne peut servir qu'a en faire mieux distinguer l'obscurité.
Ainsi en hiver ces caves funestes sont des glacières , parce qu'elles sont assez élevées pour que le froid y pénètre ; en été ce sont des poêles humides , où l'on étouffe, parce que les murs en sont trop épais pour que la chaleur puisse les sécher.
11 y en a une partie, et la mienne était de ce nombre, qui donnent directement sur le fossé où se dégorge le grand égoût de la rue Saint -An-* toine ; de sorte que quand on le nettoie , ou en été dans les jours de chaleur un peu continue, ou après chaque inondation , accident assez commun au printemps et en automne dans ces fossés creusés au-dessous du niveau de la rivière , il s'en exhale une infection pestilentielle. Une fois engouffrée dans ces boulins que l'on appelle des chambres, elle ne se dissipe que très-lentement.
C'est dans cette atmosphère qu'un prisonnier respire ; c'est là que , pour ne pas étouffer entièrement, il est obligé de passer les jours et souvent les nuils, collé contre la grille intérieure, qui l'éçarte , comme je viens de Je dire, même du trou taillé en forme de fenêtre par lequel coule jusqu'à lui une ombre de jour et d'air. Ses efforts pour en pomper un peu de nouveau par cette sarbacane étroite, ne servent souvent qu'à épaissir autour de lui la fétidité qui le suffoque.
En hiver, malheur à l'infortuné qui ne peut pas
se procurer Vargent nécessaire pour suppléer à ce que Ton distribue de bois au nom du roi. Autrefois il se délivrait sans compte et sans mesure , en raison de la consommation de chacun. On ne chicanait pas des hommes, d'ailleurs privés de tout et réduits aune immobilité si cruelle, sur la quantité de feu qu'ils croyaient nécessaire pour décoaguler leur sang engourdi par l'inaction , ou volatiliser les vapeurs condensées sur leurs murailles. Le prince voulait qu'ils jouissent de ce soulagement ou de cçtte distraction, sans en restreinde la dépense.
L'intention est sans doute encore la même : les procédés sont changés. Le gouyerneijr actuel a fixé la consommation de chaque reclus à six bûches, grosses ou petites. On sait qu'à Paris les bûchps d'appartement ne sont que la moitié de celles du commerce , parce qu'elles sont sciées par le milieu: elles n'ont qij environ dix-huit poucesde longueur. L'économe distributeur a soin de faire choisir dans les chantiers ce qu'il est possible de trouyer de bois plus mince, et, ce qui est aussi incroyable que vrai, de plus mauvais.ll fait premjre, par préférence, les fonds de piles, les restes de magasins f dépouillés par le temps et l'humidité de tous leurs sels, et abandonnés par cette raison à bas prix aux ouvriers , tels que les brasseurs, les boulangers , à qui il faut un feu plus clair que substantiel. Six de ces allumettes composent la provision de vingtquatre heures pour un habitant de la Bastille.
On demandera ce qu'ils font quand elle est dis-
parue : ils font ce que leur conseille en propres termes l'honnête gouverneur : ils souffrent (i).
Les meubles sont dignes du jour qui les éclaire , et de l'habitation qu'ils doivent décorer. Il est boa d'avertir d'abord que par son forfait avec le ministère, le gouverneur doit les fournir et les entretenir à ses dépens : c'est une des très-petites charges attachées à son immense revenu , dont je parlerai bientôt. Il peut s'excuser des incommodités du séjour, parce qu'il ne peut pas changer la situation des lieux ; il peut pallier l'odieuse lésinerie dont je viens de parler, qu'il exerce sur la consommation du bois, sous prétexte qu'elle tend à épargner de la dépense au roi; mais sur l'article des meubles qui ne regardent que lui, et qui lui sont payés , il n'a ni excuses , ni palliatifs. Ses épargnes en ce genre sont nécessairement tout à la fois un vol et une cruauté.
Or, deux matelas rongés des vers, un fauteuil de canne dont le siège ne tenait qu'avec des ficelles, une table pliante, une cruche pour l'eau , deux pots de faïence , dont un pour boire , et deux pavés pour soutenir le feu; voilà l'inventaire, du moins des miens. Je n'ai dù qu'à la commisération du porteclefs, après plusieurs mois , une pincette et une pelle de fer. Il ne m'a pas été possible d'obtenir des chenets; et, soit politique, soit inhumanité, ce que le gouverneur ne veut pas fournir, il ne veut
(i) Voyez plus loin la note XXL
pas noQ plus qu'un prisonnier se le procure à ses propres frais. Ce n'est qu au bout de huit mois que j'ai pu me faire acheter une théière : pour avoir, avec mon argent , un fauteuil ordinaire et solide , il en a fallu douze ; et quinze pour remplacer par de la faïence commune la crasseuse et dégoûtante vaisselle d'étain qui circule seule dans la maison.
L'unique meuble qu'il m'ait été permis de me faire acheter dans les premiers jours, c'est une couverture de laine ; en voici l'occasion.
Le. mois de septembre est, comme on sait, le temps où les œufs des teignes qui rongent les étoffes de laine se changent en papillons. A l'ouverture de l'antre qui m'était assigné, il s'éleva du lit, non pas un nombre, non pas un nuage de ces insectes, mais une large et épaisse colonne dont le développement inonda la chambre en un instant. Je reculai d'horreur. Bony bon , me dit en souriant un des introducteurs, vous n'y aurez pas couché deux nuits qu'il ri y en aura plus un seul.
Le soir , le lieutenant de police vint, suivant l'usage, me souhaiter la bien venue. Je montrai une répugnance si violente pour un grabat ainsi peuplé, qu'on voulut bien me laisser parvenir une couverture neuve et me permettre de faire battre les matelas, le tout à mes dépens. Comme les lits de plume sont interdits à la Baslille , sans doute parce que ces délicatesses ne conviennent pas à des hommes h qui le ministère veut surtout donner de$ leçons
$VK LA BASTILLE'. 67
cl£ mortification , j'aurais voulu, au moins tous les trois mois, faire donner à mes misérables matelas cette espèce de rajeunissement. Le gouverneur pro prie'taire s y opposait tant quil pouvait, quoiqu'il ne dût lui en rien coûter, mais parce que cette façon , disait-il , les use.
Madame de Staal raconte qu'elle fit tendre dans sa chambre une tapisserie (i). Dut-elle cette condescendance à sa qualité de favorite d'une grande princesse , ou bien a ce que les mœurs du temps laissaient encore d'humain même à la Bastille , comme le prouvent les autres détails de sa captivité, je ne le sais pas. Ce qui est sûr , c'est que les tolérances de ce genre sont un des abus que la régularité moderne a retranchés. Mes instances pour ob* tenir, à mes dépens, ou une toile qui eût aidé à absorber l'humidité des murs en cachant leur teinte lugubre , ou du papier qui eût produit le même
(1) La citation est exacte. Madame de Staal , née de Launay , est sans contredit l'une des femmes qui ont écrit le plus agréablement dans notre langue. Elle fut mise à la Bastille , sous le régent , à l'occasion de la conspiration dans laquelle madame la duchesse duMainesc trouva compromise. Mademoiselle de Launay était alors lectrice , confidente , amie de cette princesse. Ses Mémoires sont remplis d'agrément , de finesse et de grâce. Il paraît qu'avec peu de beauté , mais beaucoup d'esprit , elle eut un grand nombre ■damans. C'est elle qui, lorsqu'on lui témoignait quelque étonnement de lui voir écrire ses Mémoires , répondit si spirituellement t Oh ! j'aurai soin de ne me peindre qu'en buste. Nous aurons occasion 4ie la citer plus d'une fois.
{Note des nouv. édit, )
f)8 MÉMOIRES
effet , en me procurant de plus la diversion de le coller moi-même, ont été inutiles.
Dans ma chambre, le spectacle de ces murs avait quelque chose d'affreux. Un de mes prédécesseurs, peintre apparemment, ou amateur, et moins exclusivement sevré de tout ce qui pouvait ou nourrir son ame ou occuper ses mains, a obtenu la permission de barbouiller ce séjour a sa manière. C'est un octogone qui a quatre grands côtés et quatre petits. Chacun est incrusté d'un tableau trèsconvenable au lieu : ce sont les détails de la Passion.
Mais soit par goût, soit qu'on n'ait voulu lui pas^ ser qu'une couleur assortie au sujet et à l'appartement , il n'a employé que de l'ocre et n'a fait que des camaïeux dont on peut imaginer la nuance. . Après Tévaporation des papillons, quand mes yeux se portèrent sur ces panneaux, dont l'obscurité durcissait encore la teinte, où je ne voyais en gros que des attitudes de douleur , que des appareils de supplices, sans en distinguer le sujet; ce que l'on raconte des oubliettes , ce que l'on sait des san-benitos me revint à l'imagination. Je crus fermement que ces cadres étaient autant d'emblèmes du sort qui m'attendait, et qu'on ne m'avait donné cette chambre que pour m'y préparer. Je fis à Dieu le sacrifice de ma vie. Ames sensibles, appréciez ce moment (i).
( i ) Le général Duniouriez rend aussi compte , dans ses Mémoires , l'impression que lui fit éprouver l'aspect de son logement. On
Ainsi loges , ainsi meubles, si du moins les captifs conservaient la faculté qu'ils avaient autrefois, celle dont les coupables même ne sont point privés dans les prisons ordinaires que la justice seule dirige, c'jst-à-dire celle de converser entre eux, de se voir, de former de ces liaisons que la nécessité excuse dans les autres dépôts, même entre l'homme honnête et celui qui ne l'est pas; mais qui pourraient souvent, à la Bastille, être fondées sur une estime réciproque; sans oublier leur détresse, ils en auraient plus de force pour la supporter. Ou voit de certaines liqueurs qui , chacune à part , blessent le goût ; en les mêlant elles acquièrent une saveur moins rebutante : H en est de même de l'in-
verra , par ce passagè , à quel point des hommes , d'esprits , de caractères et d états différons , peuvent être différemment affectes parles mêmes objets et la même situation.
« Alors , dit-il , on mena le géne'ral Dumouricz dans son appar- » tement. C'était une grande chambre octogone , d'à peu près » quinze pieds en tous sens , et d'au moins vingt-cinq de hau-
» teur , dont l'unique fenêtre de vingt-deux pieds de haut , s'ou- » vrant en trois parties , était un créneau étroit , d'au moins quinze » pieds d'épaisseur , avec deux rangs de forts barreaux de fer. » Un vieux lit de serge fort sale et fort mauvais , une chaise percée , » une table de bois , une chaise de paille et. une cruche , en fai- » saient tout l'ameublement. Un porte-clefs très-grossier et très- » robuste lui alluma du feu , lui laissa une chandelle et alla lui » chercher à souper. Hall lire , en attendant, toutes les inscrip- » tions qui étaient sur les murailles. Il y trouva beaucoup de » noms , de sentences , des prières , et quelques grossièretés qui » lui firent juger que ce triste séjour n'avait pas toujours été habité » par des gens de bonne compagnie. 11 soupa , se coucha et dor- » mit. » Tome PT , pag. 5oa. ( Noie des nouu. edit. )
• MKMOIRÉS
fortune. Mais c'est précisément cet amalgamé de soupirs que les bastilleurs ont grand Soin de prévenir; ce qu'un prisonnier diminuerait de ses amertumes serait autant de retranché sur leurs jouissances. Leur devise est le mot qu'adressait à ses bourreaux Caligula, quand il leur commandait un assassinat : Frappe de façon qu'il se sente mourir.
Du moment ou un homme leur est livré, il est perdu, comme je lai dit, pour l'univers entier, il n'existe plus dans le monde que pour eux j ils ne sont pas moins attentifs à prévenir toute sorte de correspondance intérieure entre leurs victimes , qu'à leur interdire toute espèce d'épanchement au dehors. La Porte et d'autres parlent du commerce qu'ils entretenaient avec leurs voisins par des cheminées (i). Encore une fois, cela pouvait être de leur temps : aujourd'hui les tuyaux des cheminées sont traversés, comme les fenêtres, dans leur longueur, de trois grilles les unes au-dessus des autres, dont la première commence à trois pieds du foyer, et leur embouchure s'élève à plusieurs pieds au-dessus de la terrasse; les privés,, soulagement très-rare, car je crois qu'il n'y a dans tout le château que deux chambres qui en soient douées, sont pourvus de la
(il Ce n'est point par les cheminées que La Porte correspondait avec les autres prisonniers de la Bastille. Voyez , dans les éclair— Cissemens (X ) , ce passage curieux de ses Mémoires.
{Note des noua, èdit»)
même garniture ; une grande partie des chambres est voûtée, les autres ont des planchers doubles.
Quand on juge à propos de faire descendre un captif , soit pour un interrogatoire , s'il est assez heureux pour en subir , soit pour voir le médecin , s'il n'est pas assez malade pour être obligé de l'attendre dans sa caverne , soit pour la prétendue promenade dont je parlerai tout-à-l'heure, soit par un simple caprice du gouverneur, il ne trouve partout que le silence des déserts et l'obscurité. Un croassement funèbre du porte-clefs qui le guide fait disparaître tout ce qui peut le voir ou être vu de lui. Les fenêtres du corps de logis où se recèle l'étatmajor , où sont les cuisines, où sont admis les étrangers, se cuirassent à l'instant de rideaux, de volets, de jalousies , et Ton a la cruauté de ne procéder à cette opération que quand il est à portée de s'en apercevoir. Ainsi tout lui rappelle qu'à deux pieds de lui il y a des hommes , et des hommes qu'il aurait peut-être un très-grand intérêt de voir, puisqu'on apporte un si grand soin à les lui cacher ; ce qui multiplie ses angoisses en raison de ses attachemens.
J'ai cru long-temps que j'avais pour commensale une personne dont la conservation pouvait seule me consoler de mes autres pertes , et par les fers de laquelle on y aurait en effet mis le comble , si l'on avait pu tromper sa vigilance. Les réponses qu'attiraient mes questions à ce sujet n'étaient propres qu'à conflrmer mes alarmes ; car quand ces