‹ Memoires sur la Bastille (volume 2)Chapitre 6 sur 69 · XIV AVANT— PROPOS · texte numérisé non relu

XIV AVANT— PROPOS

opinions attiraient alors le plus les regards (i).

Quand le i/f juillet occupait à lenvi des poètes, des peintres , des sculpteurs , ce grand événement ne pouvait manquer d'historiens: plus de cinquante relations en parurent à la fois. Je ne savais guère , en me chargeant -de publier les Mémoires relatifs à cette époque , combien serait laborieuse la tâche que j allais entreprendre. Au milieu des faits inexacts , des témoignages contradictoires, des bruits grossis par l'amour du merveilleux, accueillis par la crédulité populaire, et répandus souvent par la haine des partis , il était fort difficile de démêler le vrai du faux et le mensonge de Terreur. Pour éclaircir le texte et guider le jugement des lecteurs, j'ai dû rassembler beaucoup de notes. Il n'y a aucune espèce d'amour-propre à dire que ces notes sont curieuses : elles sont presque toutes extraites des manuscrits qui m'ont été confiés , et

( i ) Dans un ouvrage intitule Lettres écrites de France à une amie en Angleterre , pendant l 'année 1791 , page 4 1, l'auteur, miss Williams, en rendant compte dune visite qu'elle a eu l'honneur de faire à madame la marquise de Genlis , ajoute ces mots : « CeUe dame » porte à son cou un médaillon fait d'une pierre polie de la Bas- » tille. Au milieu du médaillon, est écrit en diamans : Liberté. Au- » dessus est marqué , aussi en diamans , la planète qui brillait le » i4 juillet , et au-dessous est la lune , de la grandeur qu'elle avait w ce jour mémorable. Autour du médaillon est une guirlande de » lauriers composée d'émeraudes et attachée avec une cocarde na- » tionale , formée de pierres précieuses aux trois couleurs de la » nation. »

Page 1