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et entrer k Mittau., où il n'y avait qu'un mii-. lier d'iavalides , comme je Tappris par les prisonniers faits à Mieszkuc , et plus que probablement , à Wilna , où la terreur fut si, grande , quand je m'en approchai ; et qui sait ce qui pouvait arriver une fois Mittau pris; peut-être le contre-coup s'en faisait-il sentir à Pétersbourg et dans les entrailles de la Russie. Avec ce brave régiment , et si bien monté pour ouvrir mes charges, et avec deux mille hommes de cavalerie que j'aurais eus pour le^ suivre, je pouvais battre le corps contre lequel je combattais plusieurs fois. Un autre corps aurait été envoyé vers moi, et alors je les aurais occupés tous, et pas un homme n'aurait pu rejoindre Paslcewîc5& ,. cjt la balance^ de la victoire entre la puisante Ku^ie et le petit royaume de Pologne était incertaine. J*ai écrit mes mémoires en allemand à la dictée , et sans y retoucher; j'écris ceux-ci de même, sans avoir besoin de notices, je ne crains pas de me couper, c'est le cœur qm parle.:
Toutes les fois cependant que je me rappelle ma position et la conduite de Ghlapowski-, je suis hors de moi. Qu'avait-îl besoin de cette belle escorte pour entrer en Prusse^, où il courut à marches forcées de Kurszany , sans avoir même vu rennemi. Je sais combien il
sera accablé en lisant ces lignes : mais je voudrais que chacun , qui , comme lui , a volontairement nui à noire belle cause , soit puni comme il le mérite. Gielgud n'est pas même accusable; sa totale incapacité était son seul tort ; mais Chlapowski , qui avait trop de tête pour ne pas voir le mal qu'il faisait et ne pas voir le moyen d'en sortir en suivant le plan que j'avais tracé et que j'exécutai , est inexcusable. Au moins aurait-il dû avoir la générosité de dire à la troupe à Kurszany , ce qu'il comptait faire , alors tout ce qui était dispos m'aurait suivi. Je sais que leur seul espoir pour couvrir leur honte était ma perte , qui , vu la composition et la faiblesse de ma troupe et la situation des différens corps russes , paraissait immanquable. Dieu a voulu que l'intention pure , l'intention qui me poussait à faire mon devoir , (quoique , marchant seul , je parusse aller à une perte presqu'assurée , et qui eût même été ignorée du monde) fût récompensée par une réussite au-dessus de tout espoir. Ah , si chacun avait voulu agir avec la même abnégation et conviction, autre aurait été la face des choses ! J'ai aussi des fautes à me reprocher et de bien plus graves que celles de beaucoup d'autres; le but que j'ai manqué était immense et incalculable , mais
pour Tatteindre il m'aurait fallu renverser ou suspendre les lois et abattre par la plus prompte justice une dixaine de têtes , pour punir dans leurs sources les crimes de la nuit du 1 5 Août et montrer par la sévérité envers les fauteurs des assassinats , que je savais punir promptement; ce qui était nécessaire pour retremper la subordination relâchée outre mesure dans les grades subalternes de l'armée ; mais je n'étais pas assez généralement connu pour qu'on n'eût pas attribué à l'ambition ou à la violence du caractère les motifs qui m'auraient fait agir. Cette faute est impardonnable , son sou* venir empoisonnera ma vie entière, car suivant moi, alors s'ouvrait pour nous le plus beau champ de la victoire. — J'ai la triste consolation d'avoir présenté par écrit , au conseil de guerre , après que Krukowiecki na'eût destitué du commandement en chef, ce plan qui aujourd'hui raisonné de sang-froid me paraît encore immanquable , et qui consistait dans l'évacuation de Varsovie. Là moitié de l'armée prête à déboucher par Modlin eût observé Paskiewiez; la Russie était séparée par la Vistule de son unique armée , et le reste était facile à anéantir. J'aurais marché avec 3o,ooo hommes jusqu'à Nieswiesch et alors toutes les provinces , la Lithuanie et la Volhynie se levaient et nous pouvions mettre à la
longue 1^0,000 hommes entre la Russie et son armée , et en cas de non-réussite , ce iqui me paraît de toute impossibilité , j'avais un projet qui eût rendu notre chute aussi glorieuse que notre insurrection ; elle eût ébranlé la vieille Europe jusque dans ses fèndemens et lui aurait peut-être fait changer de face.
Je ne me regarde pas comme plus habile que tes autres généraux , mais j'avais l'avantage de n'avoir pas encore été fatigué par la calomnie. D'ailleurs , comme on le voit, le plan était sîmple et facile à exécuter , mais il fal- ' lait l'élan de l'âme pour oser l'entreprendre , et être revêtu de la confiance générale , et à force de chicanes intérieures et de basses calomnies les esprits étaient malheureusement descendus du sublime à la défiance , au dégoût , et la longue inaction avait fait naître dans l'esprit du grand nombre la conviction que ' toute résistance était impossible.
La nomination du général Krukowiecki et les événemens de la nuit du iS avaient tout paralisé. — Tout cela , joint à la réputation de stratégiste qu'avait Prandisinski , fit qu'on adopta son plan , demi-mesure que je prédisais devoir nous perdre , et qui nous perdit. — Mais je crois que cehii qui veut mener de grandes opérations par des conseils de guerre et qui se range à la pluralité , est battu avant d'avoir commencé.
Avant de quitter ma position de Ligumy mon arrière-garde , composée d-infanterie à cheval , revint et ramena un officier russe pris sur un bataillon qui avec une pièce de canon avait été envoyé de Szawle pour sauver la compagnie de Mieszkuc; j'appris qu'une soixantaine de cavaliers ennemis sui vaient mon arrière-garde , et en même tems je reçus la fausse nouvelle qu'un corps ennemi était à Rosalin , et je vis , en marchant sur ma droite , des cavaliers ennemis qui me côtoyaient, mais dans la direction opposée à celle que je prenais; c'était le corps de Sawoini avec lequel j'avais combattu à Poniewierz et qui, je ne sais par quel retard , s'avançait seulement à présent vers Szawle, quand je marchais de Szawle vers Ponewjesch. On voit combien il marchait prudemment , puisque ses éclaireurs arrivaient jusqu'en vue de mon corps ; mais je ne saurai m'çxpliquer ce mouvement si tardif. Bientôt arrivèrent plusieurs paysans qui me dirent qu'une colonne d'infanterie s'était postée dans un bois en avant de Pokroi , par où je devais passer ; je crus qu'on voulait me cerner, et me portai avec l'avant-garde d'un pas plus accéléré en avant ; le bruit se montra faux ; j'appris que deux escadrons d'hussards avaient passé là. J'étais moins inquiet sur
le compte ' de «na colonne pendant toule M iraverîsée jusqu'à^ Poniewter^ , ayant dani» <:etill Montrée tellement coupée , «n ^uide exèetleÀt daos un Dffîcter lilhuanieft. J'atteignii^ le même jour , lï Juillet , Johanî^kelle , où ffesâuf al «ne averse terrible , ce qui me fit rester datis ce village jusqu'au lendemain trois îieuré» de raprèsmidi, le corps ayant b^oin de re^Os; la terre d être détrempée ; et moi-même j'étais 90u(lrant; laffection morale éprouvée à Kurs- 9any V la fatigue jointe à un soleil brAlant eii rangeant le corps et 1 averse m'avaîeîat causé une fièvre violente ; je me rétablis à Pôszulaty où je passai la huit du 12, et y ayant reçu la confirmation de la nouvelle que le corps russe venait d'évacuer Poniewierz avant deux jours pour marcher vers Szawle ^ je partis de grand matin pour m'emparer de cette ville de district , avant que l'ennemi eût le tents d*y revenir ; je marchais en côtoyant la rivière Lavenna prêt à la passer , poifr la mettore entre moi et Tennemi , eri xas cju'îl vînt sur moi de Rosalin ou Smilgi ; j'arrivai en vne de Poniçwièrx à onze heures dii matin ; rehnemi y avait laissé ses bagages à couvert par un escadron d'hussards et quelques fantassins 5 l'escadron avait troi* postes de quatre à cinq chevaux chacun » tous postés vers Puszo-
Jsty ; «oa» a t T ivAm cs sur «as au f^tlop « ^ j'e» enlevai un moi-même avec mon infanterie a cheval ; le lieutenant de la cavalerie de Plock Wisniewski enleva le second , et le troisiëiDe fut pris par les Posnaniens; ils étaient si étonnés de nous voir venir de là , qu'ils ne montèrent pas même à che\al et nous rendirent leurs armes et les chevaux tous bridés.
Cependant lescadron , alarmé par deux ou trois hussards qui rentrèrent en ville , monta à cheval , à l'exception de 70 à 80 chevaux que nous prîmes ; ceux-là se défendirent brave- ^' ment. J'eus deux officiers blessés , mon aidede-camp Zablocki et le lieutenant Mierzynski des escadrons de Posen; cinq officiers russes furent pris , le reste vivement poursuivi alla jeter l'épouvante jusqu'à Wilna , (à plus de trente*six lieues) qui était absolument dégarni ; si j'avais été plus fort j'aurais pris cette ville , ou au moins j'aurais passé à la barbe du gouverneur qui était depuis cette .nouvelle trèsinquiet sur mon compte , à ce qu'on m'a raconté déjà ici en France.
A Poniewierz je trouvai nombre de bagages d'officiers , de sorte que douze gendarmes que j'avais érigés à Ligumy furent richement habillés en officiers d'hussards ; je pris en tout io5 hommes et 80 chevaux énor-
mes. Ces hussards ayant fait autrefois une di- \*ision de cuirassiers et ayant conservé leurs grands chevaux « ils faisaient partie du coi*ps ide Sawoini qui était venu de Moscou. La Russie mettait eii mouvement ses dernières forces ; les correspondances que je saisis là m'apprirent les troubles qui régnaient à Moscou même. A Poniewienô' je convoquai un conseil de guerre, quoique je leur sois si contraire ; mais ici l'opération militaire se liait au, besoin de la patrie. Il s'agissait de savoir , si nous devions retourner en Pologne ou continuer la guerre en Lithuanie; mon avis, que je me gardai bien de prononcer , était que la continuation dé la guerre était presqu'impossible ; mais je savais que mon devoir était de la faire ou au moins que c'était plus avantageux à notre cause . — Pour avoir pourtant une chance de succès, ou au moins pouvoir rester plus long-tems en Lithuanie , il me fallait la conviction que la troupe le désirait avec enthousiasme , car c'était seulement ce qui pouvait nous faire réussir ou du moins nous faire durer plus long-tems. Il y, avait douze officiers supérieurs moi compris ; je posaL donc la question suivante: Deçons-nous pocher de nous maintenir dans le pays , en attirant T ennemi vers la Courlande , ou deçons-nous ta-
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thcr i ,par le chemin ifue je me prtipose de fiuivre , de retourner en Pohgne? Je vous avertis cependant , messieurs ^ que je vous de^mande vptre avis ;> mais je ne vous pvoiliets nullement de me ranger à la pluralité. .H y eut deux ou trois yoix qui me dirent y pou*^ quoi nous consulter ^ si vous ne voulez pas suivît notre avis? Je leur répondis: Je.^ous /COfi^ulte, car je le veux et je commande; jt prends sur moi la responsabilité de la chose £omme commandant , mais aussi vèux-^ie cornpnander , et le bien de la chose exige le secret absolu. Les mêmes trois voix me dirent : Nous vous demandons de dire votre a\is au colonel Sierakowski , et alorà nous serons tranquilles ; le colonel alors prit la parole et me dit: Oui^ général , nous voudrions savoir , où vous nous menez , quels sont vos plans , etc. Je leur répondis , messieurs , vous voulez que je consulte le colonel, et lui il fait semblant d'ignorer mes plans; je vous promets donc et ybiàs donne ma parole d'honneur que dès ce momei\^ il ne saura rien ; vous voyez bien , que comme le pilote tient en main le gouvernail toutQ la marche , je tiens la carte à la main « et .vou| voyez à mes côtés le colonel auquel je confie tout ; puisque cette confiance ne lui suffit pas, dès cç moment il ne saura rien^
absolument rien , et ne recevra que Fordre de marcher; lé commandement ne peut pas se partager. Si j'avais la conviction que c'est nécessaire , je préférerais le céder à un partage qui ne peut être profitable , et , saisissant mon bonnet , je dis : Si celui-là connaissait ma pensée je le jetterais loin de moi et marcherais nu-tête. Le résultat des votes fut , huit voix pour retourner et quatre pour se maintenir dans le pays ; quoique ma voix , que je signai de mon nom, fût donnée pour rester, je voyais moi-même l'impossibilité de le faire; mais je votai pour rester , sentant que c'était mon devoir et aussi pour ne pas trahir mon plan. Le lendemain j'eus une fausse alerte, ce qui était facile à prévoir avec de jeunes soldats qui savaient bien que nous étions entourés d'ennemis. Je reçus SSy roubles en argent de dons gratuits des citoyens, ce qui me mit en état d'envoyer deux émissaires à Wilna , et un autre avec mon rapport au général-en-chef, et me laissait de quoi m'aider en cas de besoin. Je disais dans ce rapport au général-en-chef , que , voyant que les autres colonnes allaient en Prusse, je m'enfonçais dans le pays pour attirer à moi l'ennemi , et ^ n'osant lui dire la direction que JQ prendrais , je lui écrivis seulement que je
manœuvrerais de manière à avoir toujours^ un chemin libre , mais que du reste j'exécuterais les ordres qu'il pourrait m'envoyer.
Le i4 Juillet après avoir fait faire la soupe et avoir reçu la nouvelle , que le corps de Sawoini était en marche pour revenir à Poniewierz je quittai cette ville et arrivai le même jour à Rogow , où j'avais déjà été en marchant de Wilna vers Szawle ; je trouvai la maison totalement pillée , tous les meubles en accajou enfoncés et brisés; on s'était emporté jusque même à détruire des souvenirs historiques, que le maître de la maison avait rapportés de Rome , où il avait voyagé. C'était un officier, qui était à présent mon prisonnier , qui avait commis ce dégât. En passant à côté de Rogowek, terre du comte K*** , j'envoyai le major du iS"**' Korewa avec un ordre donné sous peine de mort , que le comte eût à me prêter cinquante mille florins , pour le compte de la banque de Pologne ; }e donnai cet ordre sous peine de mort , pour qu'il , pût , en cas de besoin , se dire y avoir été forcé ; mais c'était superflu. Le comte était absent et sa femme retint l'ordre sans donner le sou ; j'avais pourtant besoin d'argent absolument. — • Heureusement que j'eus la précaution de donner cinquante chevaux d'escorte au major ;
autrement il aurait pu être pris , car le corps ennemi de Sawoini était revenu à Poniewiersi à marches forcées , et ses éclaire urs me suivaient déjà depuis cinq heures du soir. Je partis à cinq heures du matin de Rogow en prenant la direction de Kowarsk par Troupi ; dans ce dernier endroit je fus agréablement surpris de rencontrer des dames de notre connaissance , c'était Madame R*** avec ses bien aimables filles , qui étaient déjà venues avec bon nombre de citoyens nous voir à Meyszagota , avant notre attaque contre Wilna; elles étaient errantes depuis trois mois , comme presque tous les habitans plus riches , qui étaient traqués par les Çzerkass ou plus encore par les Bourlaques , (paysans , colons russes) gens les plus lâches et les plus atrocement cruels , que le gouvernement avait armés pour TefFroi du pays; c'était une manière de battre monnaie comme celle qu'on a reprochée à la convention nationale française. Chacun fuyait les atrocités , et il était tout simple que , trouvant un refuge dans nos camps , ils s'y rendaient pour avoir la vie sauve et ne pas être exposés aux Bourlaques ou traînés comme suspects dans les cachots. Beaucoup de personnes , forcées de fuir par des moyens comme ceux-là, ont quitté leurs terres et par suite le pays, et aujour-
d'huî on séquestre leurs propriétés , on emmené leurs enfans presqu'à la mamelle , pour en faire des janissaires qui reviendront un jour faire palpiter de joie le cœur du Czar légitime , quand il verra avec quelle fureur le frère égorgera le frère. — Oui , je vois que j'ai eu tort en comparant la conduite de l'empereur Nicolas à celle de la convention ; je me trompe , sa conduite est incomparable ; la convention nationale respectait les enfans et même les adolescens et pas un de ses décrets n'approche des ukases de S. M. légitime ; et d'ailleurs que punissait la convention ? et lui , qu'ose-il-punir ? elle punissait dans sa fureur des crimes plus ou moins véritables commis envers la patrie ; mais lui , il punit de sangfroid les enfans d'avoir eu des parens aimant leur patrie. Dieu , qu'il ose invoquer comme pour montrer par un blasphème qu'il n'y a rien de sacré pour lui , a-t-il mis dans le cœur des Polonais l'amour de la patrie , cette source d'où découlent toutes les autres vertus , pour qu'ils ne soient que le jouet de la politique , tantôt faussement mielleuse , tantôt atrocement cruelle de ceux qui ont fait ce criminel partage ! Non, dans ses décrets immuables, il a voulu nous châtier , mais il faut espérer que les dernières atrocîtées ajoutées à soixante ans de mal-
heurs ont comblé la mesure de nos peines ; le tour du châtiment pour les instrumens de^ nos tournions paraît être proche. Ne semble-^ t-il pas déjà , qu'on entend un sourd frémissement, précurseur d'une tempête effroyable!
qui s'approche ! le calme qui parait se remettre, n est-il pas l'interruption de l'orage qui cesse quelquefois tout-à-coup , pour éclater bientôt avec d'autant plus de fureur ! — Maia il est tems de revenir au récit de mon expédition.
Apres avoir déjeuna au village de Troupîe, nous marchâmes de plus en plus, suivis par Tavant-garde ennemie jusqu'à un villagCi situé à deux lieues en avant de Kowarsk; un petit bois marécageux , situé à une demi-lîeue en arrière de la position que j'y pris, et dans lequel j'établis mon infenterie à cheval , que je fis soutenir par la cavalerie de Janowîcz / arrêta la cavalerie ennemie ; la chaleur était insupportable ; je fis une halte de plusieurs heures pour faire faire la soupe et attendre' que la chaleur diminuât. — Dans cet endroit je reçus la confirmation de la nouvelle , que j'avais déjà reçue à Poniewierz et qui m'annonçait que le colonel Litwînow avec les' bataillons qui avaient tenu les positions de Birze , Rakiszki et Jeziorossi , s'avançaient
Ters moi par la roote de Komay et Siriadosx ; on me disait même d'avoir vu de i'inCantene ennemie sur ma gauche; mais la reconnais* sance que j'envoyai au lieu désigné n y yît rien ;. à quatre heures de Taprës-midi je me mis en marche vers Kowarsk où j avais la S** Rzcka à passer et où j'avais envoyé mes sapeurs quelque^ heures plutôt , pour me préparer un passage , soit gué , soit pont. La cavalerie régulière ennemie s'approcha , mais pas plus d\m escadron qui avait Tair de nous suivre , comme pour savoir seulement où nous allions. Craignant d'être attaqué au passage de la rivière , je pris position avec deux pièces sur une hauteur, derrière laquelle était un ravin escarpé et horriblement graveleux » qu'il fallait descendre ; mon infanterie était aux deux tiers nu-pieds ce qui retardait la descente , le chemin étant en outre à peine praticable pour l'artillerie ; heureusement que l'ennemi ne nous attaqua pas à ce passage; tout passa à gué. Arrivés sur l'autre rive , nous reçûmes une fausse nouvelle, mais qui vint bien à propos pour ranimer les esprits , qui étaient tristes et même un peu moroses de ce que je ne voulais pas dire où je marchais; on nous dit que le général en chef Skr^ynecki avait battu les Russes , et était prè« de Grodno : les
détails étaient tellement précis qu'il était presqu impossible de ne pas y croire; on me disait qu'on amenait des blessés de là à Wilna; plus tard } appris que c'était le partisan Z*** qui s'était retiré là , après Tattaque sur Wilna. Je voyais bieYi le mécontentement d'une partie du corps , qui allait même jusqu'à la désertion ; mais je préférais la perlé de* quelques hommes à celle de tout le corps ; d'ailleurs je voyais ; que le mécontentement entre les officiers était seulement semé par un individu intrigant , je ne voulais donc pas y faire attention et mes mesures étaient prises en cas qu'il eût poussé la chose trop loin. — Oui , l'ennemi en armes n'était pas mon seul souci. J'appris aussi à Kowarsk que les employés de Wilkomierz , alarmés par les hussards chas§és de Poniewierz , avaient fui et avaient passé par Kurkle et le chemin de Gedroicy pour aller à Wilna , et cela pour faire le détour d'un bois situé entre Szyrwinty et Meyszagota sur la route de Wilna où j'avais laissé un partisan avec vingt-sept hommes , ou plutôt je les y avais envoyés de Wilkomierz déjà quand l'ennemi était devant moi ; ce partisan fut obligé de le tourner : j'y avais placé avant lui un de mes plus braves officiers de ligne, mais il revint ne sachant comment mener cette guerre. —
Xenvoyai donc cet homme qui n'avait jamais $crvi , mais qui avait été quelques semaines lieutenant d'un partisan et avait appris de lui à se défendre avec dix hommes contre 3oo ; îl en avait si bien profité , que cette route était absolument abandonnée et qu'on préférait faire un détour dé dix lieues qu'à passer par la forêt où il était ; je' suis sûr que , si nous avions agi sans toucher aux partisans , nom réussissions immanquablement. Oui , je le répète , dans une insurrection , il faut se borner pendant quelques mois à ne pas autrement employer Tinfanterie que dans les bois et pour les attaques de nuit; la cavalerie seule peut être employée tout de suite en rase campagne , ayant la faculté de se disperser et d'aller par petits^ détachements rejoindre tel partisan de bois qu on leur assignerait , jusqu'à ce qu'on les rappelle sur quelqu'autre point pour y agir en masse. Comme les bruits sur la marche de la colonne de Litwinow se confirmaient et qu'on m'assurait même qu'il devait venir à Onikszty pour la nuit , je résolus de pousser plus loin , en dépassant Kurkle , pour qu'en cas d'attaque le lendemain je ne fusse pas exposé à être attaqué par deux points , savoir par la route de Kowarsk et par celle d'Onikszty. Tout le principe que je suivis dans ma marche ^ fut
de forcer l'ennemi à se joindre , pour qu'il ne pût Ai'attaquer que sur un poinf et de tâcher moi-même d'ayoîr deux sorties pour me retirer; car avec deux pièces d'artillerie et de l'aplomb , dans ce pays presque toujours fourré, je pouvais arrêter les plus grandes forces assez de tems pour me retirer en ordre , et par là atteindre mon unique but.
Je partis très-matin de Kurtle, toi qu'ud officier , que j'avais laissé près de la S*' Rzeka avec un détachement de Lithuaniens poar planter par là un partisan , revint la nuit me dire que des forces considérables étaient arrivées à Kowarsk. J'arrivai vers les huit heures du matin à Awanta , je n'y laissai qu'une grande garde de cavalerie et pris position sut line hauteur considérable à une petite lieue de la ville y ma gauche appuyée à un lac , ma droite à un bois qui venait en même tems rejoindre la grande route à quelques portées de canon derrière ma position. La cavalerie de Posen campait sur ma droite , dans un bois situé devant la forêt en question ; Janowicz avec le resté de la cavalerie à gauche , fentre le lac et Awanta , faisant l'arrîère-garde , mes pièces en batterie sur la hauteur et tout le corps prêt à combattre. Dans cette position je fis faire la soupe , le lac permit de. rafraîchir
les chevaux et les gens , la chaleur étant insoih tetiable. Vers une heure et demie mes ayantpostes et ma grande garde furent viTement repousses d'Awanla, et dans Tinstant même parut un corps d'armée considérable marchant serré et d'un pas accéléré ; il crut sûrement me surprendre , mais ma position était telle que je n'avais rien à craindre , au moins sous le rapport de la surprise; une forte colonne de plusieurs escadrons de cavalerie ouvrait h marche , quatre pièces légères la suivaient ; venaient trois ou quatre bataillons d'infanterie et une nombreuse artillerie suivie de cavalerie plus nombreuse et d'une infanterie présentant une masse formidable ; j'envoyai au colonel Radziszewki (qui avait été placé avec le 36"' régiment de Soc hommes à-peu-près, avec les bagages et les blessés , à l'entrée dû bois en arrière ,) l'ordre de filer vers Malata; bientôt l'ennemi commença à canonner h cavalerie de Janowicz qui avait reçu Tordre de même que les Posaniens de céder pas-apas , pour mettre entre elle et l'ennemi w position resserrée entre le lac et le bois.
L'artillerie ennemie protégée par la caval^''^^ suivit le mouvement ; mais malgré son fe^ assez continuel je n'essuyais aucun dommage et n'eus que deux hommes blessés/ Pour avoir
pourtant Je tems de faire passer le bois à mon infanterie et à. mes pièces, je fis,, quand l*ennemi s'approcba , un mouvement en avant avec toute ma cavalerie, à-peu-près lôoo cheyaux , . ce qui . fit croire à Tennemi que, j'allais accepter le combat; la hauteur où j'étais placé. lui empêchait de voir le mouvement rétrograde .que faisait mon infanterie; il prit un ordre de bataille formel ce qui me donna le tems nécessaire pour, mettre ma colonne en marche ; je répondis par quelques coups de mes grosses pièces pour en imposer davantage à l'ennemi. Après une demi-heure d'attente , comme l'ennemi se massait dans une espèce de ravin (bas-fond) -qui , ' venant de la gauche à la droite , était devant moi « et que ses forces » y arrivant de la gauche , ne paraissaient pas , cela fit croire aux Lithuaniens qui m'accompagnaient et me servaient de guides , que l'ennemi profitait du ravin , et me tournait par un chemin qu'ils disaient exister sur ma droite et qui selon eux devait me couper la route de Malata; comme je voyais que l'ennemi était au moins trois fois plus, fort que moi , qu'en outre il avait passé par tant d'endroits ou j'avaiS séjourné , et qu'il pouvait connaître mes forces à fond, je crus qu'il détachait une partie de son corps pour
me couper , et aHah m'attaquer a^ec 1 autre.
Je renvoyai donc mes dernières pièces en arrière et me préparais à les suivre , à peine étaient-elles parties ^ que Tinfanterie ennemie déboucha du ravin sur deux colonnes, si mes pièces y avaient été , j'aurais pu les attendre , el leur envoyer quelques bordées de mitraille, et , au pis aller , accepter le combat ; la position m'était tellement favorable que je ne pouvais en trouver de meilleure ; mâii$ à plus de 200 lieues de Varsovie avec le peu de munition que j'avais , et mes jeunes soldats , il eut été téméraire d'accepter un combat contre des forces aussi supérieures que je pouvais éviter , d'autant plus que les Lithuaniens , qui m'accompagnaient , m'avaient promis que depuis Awanta le pays était continuellement fourré. Je me retirai donc , laissant la dernière arrière-garde, composée de quatre escadrons, à Janowicz. J'avais envoyé l'ordre à Matusewicz de garnir le bois , par lequel j'allais passer , avec 200 hommes d'élite de son bataillon, pour arrêter l'ennemi tout court , s'il voulait me poursuivre ; je leur donnais moi-même l'instruction en passant à côté d'eux , et leur ordonnai de me rejoindre le soir à Malata , étant sûr qu'ils pourraient tenir jusqu'au soir , le bois étant fort touffu. La cavalerie en-
neniie suivit vivement Janovfricz , mais cet habile officier entra dans le chemin qui était bien mince sans la moindre perle, et l'infanterie le protégea.*) .
Au sortir du bois qui avait à peine une demilieue, je m'arrêtai, de ma personne pour boire de i'«au , en attendant le retour de mes sa-r peurs que j'avais envoyés entraver avec des abattis le chemin dont m'avaient parlé les lithuaniens. Un feu vif de mousqueterie m'apprit que, mes chasseurs lithuaniens étaient engagés ; trois coups de canon tirés coup sur coup firent cesser le feu; je crus que Tennemi , voyant Timpossibilîté de passer , s'était retiré ; d'autant plus qu'ayant fait six lieues plus que moi , et va la grande chaleur je pensais qu'il voudrait prendre du repos; aussi fus-je bien surpris quand Janowicz me fit rap-
*) Je n'ai pu jusqu'aujourd'hui savoir les forces de l'cnnemi qui était à ma poursuite; mais je sais qu'outre le corps de Sawoini composé d'une brigade d'infanterie et d'une autre de cavalerie et de douze pièces qui me suivaient pendant toute ma marche, la division Hilkow de cavalerie me suivait aussi, (commo me l'a dit à Jablonna le générai Dellingshauseny mais plus tard elle fut rappelée pour aller en Pologne), de même que le colonel Lilwiuow avec les bataillons retirés de Birze, Rakîszki et Jeziorossj ; je crois que ce jour ils y furent tous.
porter que l'ennemi débouchait en force, et qu'il demandait à être soutenu. J'arrêtai alors l'infanterie à cheval , ]e fis rebrousser la cavalerie de Posen , la. formai en bataille et renvoyai en toute hâte ma grosse artillerie , qui avait si peu de coups à tirer , à Sierakowski qui conduisait ma colonne , faisant revenir les deux pièces de 6 du lieutenant Kaczanowski, qui quoi qu'à pied marchait lestement. Bientôt parut l'artillerie ennemiie et commença à nous canonner. Je me retirais tantôt en échelon, tantôt en échiquier , suivant la nature du terrain ; mes pièces reculaient tour-à-tour , c'està-dire , que l'une d'eHes tirait et l'autre allait prendre position en arrière. Le pays était malheureusement , contre la description des Lithuaniens , absolument nu ; c'étaient des collines continuelles avec des fonds marécageux; heureusement que ma droite était assurée par un lac très-étendu que je côtoyais durant toute la marche ; malgré cela , je crus * que ipon corps en était à sa dernière journée, L'ennenu avançait avec impétuosité , et ses pièces tiraient à boulet , tandis que d'autres à couvert par la cavalerie avançaient et tiraient a mitraille ; je profitais de chaque monticule , de chaque touffe d'arbre , pour faire mettre pied à terre à mon infanterie. à cheval et protéger
par là ma cavalerie. J'envoyai à Sierakowski à plusieurs reprises Tordre de profiter de la premièrci position favorable pour me soutenir; mais il n'en trouva pas. Mon infanterie était trop jeune pour tenir en champ ouvert ; une charge de cavalerie l'aurait anéantie. Je regrettais au-delà de toute expression de ne pas avoir accepté la bataille là où j'avais campé ; enfin , toujours au pas avec des haltes fréquentes j'arrivai en vue de Malata. Je laissai alors le commandement au brave Janowicz; , dont j'eus beaucoup à me louer dans cette journée, et courus à Malata pour voir si je pouvais y tenir. Sierakowski avait très-bien employé le terrain , les pièces, placées à distances dans des endroits convenables , présentaient un large front qui donnait un feu croisé sur chaque point ; je fis entrer celle de Kaczanowski en batterie, envoyai à Janowicz, qui avait presque toute ma cavalerie , l'ordre de se porter à gauche de la ville et de se déployer sur les hauteurs en appuyant sa droite à la ville ; ma droite étail^ à couvert par un lac dont ce pays abonde. . Je fis abattre les haies et en formai des espèces de barricades ; je fis avancer des tirailleurs d'infanterie dans les jardins, ce qui arrêta la cavalerie ennemie ; il était plus de huit heure3 et demie. On peut donc voir que
nou5 avions cëdé le terrain pied à pied , puisque nous avions été sept heures, à faire un peu plus de trois lieues. Mes bagages ayant vu que l'ennemi me poussait si vivement et que Malata n était pas à tenir, et ayant entendu dire que je devais prendre la route de Lebonari , avaient pris cette direction ; mais comme je m'étais aperçu que ceux qui s'étaient donnés comme connaissant le pays, l'avaient mal jugé sous le rapport militaire, et qu'en outre la route de Lebonary me menait à Swienczany où était le général Doctorow avec quelques pièces et quelques bataillons d'infanterie et un régiment d'uhlans , forces que je ne pouvais plus songer à attaquer , étant suivi comme je Tétais , je me décidai , d'après la carte , à marcher sur Inturki , où un pont , d'une centaine de toises , situé au milieu d'up lac de quatre lieues de longueur , m'assurait un abri , une fois que je l'aurais franchi. Je fis donc revenir mes bagages , quoique Tennemi me canonnât vivement , pour leur faire prendre la route d'Inturki. Entre les deux routes, celle où ils étaient et celle d'Inturki , était un lac qui avec la pointe entrait presqu'en ville ; ce fut donc par la ville qu'ils durent repasser ; le feu de l'ennemi devenait de plus en plus vif , car il avait profité du terrain mon-
tîculeux pour faire avancer des pièces qui iii'aîent à mitraille ; je fis riposter avec la mi* traille voulant faire croire à Tennemi que je 'voulais à toute force passer la nuit à Malata ; lui , de son côté , craignant sans doute pour WiLna absolument dégarni , voulait , à ce qu'il paraît, s'assurer de Malata, pour être sûr que je ne prendrais pas la route de cette ville par Gedroicy. Enfin après tine longue canonnade à laquelle j'étais forcé , par le peu de munitions , à répondre aussi peu que possi-^ ble ,• je reçus le rapport que les bagages avaient repassé sur la route désignée ; je fis retirer mes pièces une à une à force de bras pour cacher le mouvémient à Tennemi^ le soir me favorisait ; mais son infanterie tiraillait déjà avec la mienne. Après que toute les pièces furent parties , excepté une seule , que je retins plus long-tems , je fis sortir Tinfanterie • de la ville ; un bataillon du iS"*® prit une direction par une hauteur qui pouvait le faire voir à l'ennemi ; je le rappelai et demandai quelqu'un pour le conduire par un chemin caché .
M/ Gecewicz, un die mes aides-de-camp (frère du gouverneur de ce nom), homme qui avait servi en Espagne , et qui devait me servir de guide dans R direction que je prenais (ses terres y
élaût situées) , .s'oflfrit à conduire ce bataillon; à peine Tavait-il conduit hors de la ville qu un obus le frappa au ventre et Tétendit raide mort; je fis retirer le reste de rinfanterie à la suite de la dernière pièce et envoyai à Janowicz Tordre de se mettre vis-à-vis de la rue par où nous sortions de la ville , pour nous protéger. L'infanterie ennemie entrait déjà de tous côtés en ville ; un jeune officier , le souslieutenant Liberadski dont le père , capitaine du 1 8*"* , avait péri à Raygrod , fut coupé et pris en ville avec 3o ou 4o hommes; je ne. sais réellement pas comment nous sortîmes divans de cette petite ville; des bordées de mitraille contii^uelles et la mousqueterie assez bien dirigée auraient dû nous tuer beaucoup de monde.
Les Lithuaniens , 'qui m'entouraient et qui voyaient pour la première fois un feu soutenu, me demandèrent en grâce de me retirer ; mais j*avoue que je n'aurais pas voulu , survivre a mon petit corps qui m'avait suivi avec tant de confiance et je regardai cette journée comme devant être la dernière pour lui. Enfin rinfanterie sous la protection de la cavalerie put gagner un bois situé sur le chemin que nous pi'Cnions ; mais l'ennemi acharné à notre poursuite dépassa Malata , et quoiqu'il fît sombre , ne cessa de nous canonner ; la cavalêrlt spiii'
frit encore , et le dernier coup de canon me fut bien sensible , car il atteignit un de mes, plus braves officiers de la cavalerie de Plock , le capitaine Budziszewski , auquel tin éclat d'obus enleva une partie de la cuisse et trois doigts de la main droite. (Je le ramenai à Varsovie où il était à-peu-près guéri avant notre sortie.) Les cris de douleur que lui et les autres blessés poussaient , la difficulté de la nuit , et ricJée d'être f côte à côte avec un ennemi tellement supérieur , à 200 lieues de tout secours étaient accablans, surtout après la mort de mon guide Gecewicz. L'ennemi n'osa pas nous suivre dans le bois, où l'infanterie était en mesure de le bien recevoir aidée par les té^ nèbres, tout put enfin filer tranquillement- L'ennemi avait fait près de dix-huit lieues ce jour, outre les marches forcées qu'il avait faites depuis sa sortie plus qu'inutile de Poniewierz ; je n'en avais fait que douze , mes gens avaient bien dîné et n'avaient pas marché durant la chaleur de neuf heures à deux heures , je résolus donc de marcher à Inturki sans m'arrêter ; le chemin très-mince que suivait le corps était rassurant , quant à la crainte d'être poursuivi , surtout la nuit; un grand lac sur notre gauche, et une montagne boisée sur la .droite me rendaient absolument tranquille , pour mon
arrière-garde ; il n'en était pas de même pour le pont à Iniurki.
Les habiians me disaient que les patrouilles ennemies « ^venant de Niemenczyn , les visitaient fréquemment ; une patrouille qui , pour sa sûreté, aurait pu brûler le pont, pouvait me perdre ; le corps fit donc une petite halte, et moi , je pris Tinfanterie à cheval , t4o hommes , mes nageurs et sapeurs à cheval , 4^ hommes , et un escadron de cavalerie et màr^* chai au petit trot à Inturkî. Je trouvai le pont en très-bon état ; je le passai et envoyai tout de suite des cavaliers aux villages environnans pour faire amener de la paille. J'attendis 1q corps près du pont ; tout passa de sorte qu'4 deux heures du matin je pus commencer à le détruire ; mes sapeurs y travaillèrent avec zèle , et quand le pont fut détruit je mis le bois en tas sur les piliers mêmes , mais tellement entrelacés de paille , que j'étais sur qu'une fois le feu mis , il ne resterait pas un morceau dé bois qui ne fût brûlé ; je ne youlais pas mettre le feu trop tôt pour ne point détourner» Tennemi de ce point ; ce ne fut qu'au moment de me mettre en marche que je le fis inceur dier ; une heure plus tard un détachement de cavalerie ennemie y arriva.