CHAPITRE VI
Négociations des projets de royauté du prince de CoQti. — n se brouille arec M"* de Pompadoor. — Abandon des négociations entamées. • JÊUaabeth leuJL s*attaober pour toujours le cberalier d'Ëon. — Refus de celui-ci. — Ses lettres à M. Tercier et à Tabbé de Bemis. — Le ^cheyalier d*Éon rentre en France. » La petite vérole. — Première lettre du marquis de L*Hospital relative à la Tena Gamba, — Entrée du cheTalier d'Éon à l'armée du Haut-Rhin. » Son attachement à la famille de Broglie. — Hauts faits du cbevàlier d'Ëon. — n est blesaé. — Hoêxter, Cltropp, Meinloss et Osteiwick. » Seconde lettre du marquis de L*Hospital sur la Tena Gamba. — Mort de Timpératrice Ûisabeth Petrowna.
Au milieu des négociations diplomatiques que sa fortune avait si heureusement conduites à fin, D'Éon n*avait point oublié celle des intérêts politiques et matrimoniaux qu'embrassait la double ambition du prince de Gonti. Déjà même il avait obtenu de la tzarine la promesse du commandement en chef de Tannée russe et celle de Tinvestiture de la Gourlande , lorsque la trame habilement ourdie par ses soins fut tout à coup rompue. A son retour en France, le, chevalier
LA YÉBITÉ SUR LA CHEVALIÈRE d'ÉON 71
<rÉ<iii avait apporté avec lui Fexposé des engagements et conditions que la tzarine avait mis à sa munificence ; il en discutait les détails sous les yeux de Louis XY, et indiquait les chances favorables qu'il avait su ménager au prince amoureux et ambitieux. Sa Majesté contemplait avec une satisfaction évidente les combinaisons de son diplomate, et voyait déjà son cousin roi, quand M"* de Pompadour, par une de ses boutades accoutumées, renversa toutes les espérances. La favorite vemût de se f&cher avec le prince de Gonti : le cbevalier d'Ëon ne nous dit ni la cause ni Torigine de cette que* relie inopinée. Quel qu'en fût le motif, cette mésintelligence était mortelle aux projets du prince. Il le sentit bientôt, et fit tous ses efforts pour opérer un rapprochement entre lui et la sultane offensée. Mais le prince sliumilia inutilement devant la courtisane, le cousin du roi implora en vain la maîtresse du roi, la Pompadour demeura inexorable. Il fut enjoint au chevalier d'Éon de laisser là les négociations entamées et d'abandonner complètement cette affaire, qu'il raconte ainsi lui-môme au comte de Broglie^ dans une lettre écrite un an après la mort de Louis XV ^
« Lonires, le 11 Juin 1775.
« Monsieur le comte,
c Vous seul connaissez avec quel zèle, quelle obéissance, quelles peines, et dans quelles circonstances déficates j'ai servi publiquement et secrètement le feu roi,