‹ Mémoires sur la chevalière d'ÉonChapitre 26 sur 102 · M. LE DUC DE BRISSAC A M. LE DUC DE NIVERNAIS · texte numérisé non relu

M. LE DUC DE BRISSAC A M. LE DUC DE NIVERNAIS

« Brissac, te 1«^ octobre 1762.

«Envérité, monsieur le duc, ce n'est pasd'aujourd'hui que vous complétez ma joie par la distinction dont vous

SUR LA CHEVALIÈRE d'ÉON 91

jouissez en notre nation ; elle est bien satisfaite de voir ses intérêts en vos mains spirituelles. Vous êtes reconnu le bouquet favori de la vertu ; j'en fais grande fête à mon cœur, votre allié. Je prie votre santé d*être rassurante aux travaux de votre gloire si cousue d'embarras; soyez heureux dans les prééminences que vou« donne Topinion générale. Je souhs^ite à de prompts pr^imtmi»r<» la course de mon fils vers son beau-père. La sainte émanation de vous S si gairlandée de charmes qui allument ma vétusté, m'a écrit la lettre la mieux pensée. Ma chère petite n'a que faire de douter de l'amour le plus tendre et le mieux ordonné à mes sentiments. Vivez en bonne santé pour la paix de la mienne. On ne peut vous aimer et estimer mieux que je fais.

€ J'ai l'honneur d'être, monsieur le duc, voire trèshumble et très-obéissant serviteur,

« Le duc DE BRISSAG. »

c P. S. Je vous recommande M. d'Eon ; mon fils m'a dit que c'était un véritable dragon à l'armée et au cabinet. »

C'est là, si je ne me trompe, le modèle et la fine fleur du style gentilhomme.

La paix fut obtenue à Londres par le duc de Niverlaisetle chevalier d'Éon, avec une promptitude qui surprit tout le monde. Quelle fut la cause secrète de ce succès diplomatique 7 On l'a généralement attribué à la Téoalité du premier ministre lord Bute et de certains

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