‹ Mémoires sur la chevalière d'ÉonChapitre 31 sur 102 · LE CHBVALIBB D*éON A M. LE COMTE DE GCEBCHY · texte numérisé non relu

LE CHBVALIBB D*éON A M. LE COMTE DE GCEBCHY

(I Londres, le 25 septembre 1763.

« Monsieur,

« Je prendrai la liberté de vous faire observer, au sujet du earaeièn que le hatard m'a fait donner^ que Salomon a dit, il y a bien longtemps, qu*ici-bas tout était hasard, occasion, cas fortuit, bonheur et malbeor; et Je suis plus persuadé que Jamais que Salomon était un grand clerc J'ajouterai modestement que le hasard qui ferait donner le titre de ministre plénipotentiaire à un homme qui a négocié heureusement depuis dix ans, n'est peut-être pas un des plus aveugles de ce monde. — Ce qui m'arrive par le hasard peut arriver à un autre par boime fortune!,,.

« Un homme quelconque ne peut se mesurer que par un ou plusieurs hommes : il y a plusieurs proverbes qui serviraient à prouver U vérité de ceci. Ainsi Ton dit communément : il est sot comme mille^ il est médumt comme quatre, il est ladre comme dix! C'est la seule échelle dont on puisse se servir, excepté certains cas où les hommes se mesurent par les femmes.

« Or, il s'agirait de trouver la proportion existante entre un ministre plénipotentiaire, capitaine de dragons, qui a fait dix. campagnes politiques, sans compter les campagr,es de guerre^ comme dit M. le duc de Praslin, et un ambassadeur lieutenant général qui débute.

« Quant aux gratifications, il faudra bien, malgré vous, monsieur le comte, en distribuer à ceux qui viendront vous donner les violons et den aubades à votre porte ; sans quoi ils feront un sabbat abominable et finiront par la danse des cocus. Je suis heureusement à marier,... mais ce sera votre affaire quand vous serez à Londres I... etc. »

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