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Targent du roi le coitipte d'une infortunée, victime du secret du roi» depuis vingt et un ans, vous employez le même esprit, les mêmes tracasseries, les mêmes ruses et dextêritéSi que s'il s'agissait de solder le mémoire du comte de La Biache avec Vargent de M. de Beaumarchais. Jugez vous-même» je vous prie, de vos procédés généreux à mon égard. »
Le reproche était juste, car après avoir reconnu que Beaumarchais avait fait supporter k d'Éon un escompte au profit du roi, M. 4e Loméuie écrit : « Dans toute cette affaire, Beaumarchais se montre plus économe des deniers du roi que dans les deux précédentes » doRt il avait été chargé.
Le chevalier d'Éon continue : « Il est inutile» monsieur, que vous vous donniez la peine de me prouver que les paragraphes qui ont paru dans les gazettes, depuis votre absence, vous ont fort déplu. Je sais à qu(H m'en tenir là-dessus. Je n'aurais jamais mis mon avis dans la Gazette du 13 novembre, si, deux jours auparavant, il n'eût point paru dans la même Gazette ^ un avis tendant à rallumer le feu des polices. Vous avez trop d'esprit et de pénétration pour en ignorer Uh talement Vauteur. 11 était de mon devoir et de mon bon* neur de jeter un tonneau d'eau sur le feu... Le peu d'attention que vous dites avoir fait à ma vive et féw^ nine colère» ainsi que vous l'appelez, est pour moi une nouvelle preuve de votre bon cœur et de votre esprit. D est certain que vos reproches déplacés m'ont brisé le cceur... Vous m'avez fait verser des larmes de doolear et de fureur ; mais la reconnaissance que je vous dois, et qui est gravée dans mon cœur» a étouffé les premiers
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mouvements que la nature, autant que mon état militaire, m'avait inspirés... Je comprenais bien en moimême qu'il serait affireux à mon propre cœur de me battre contre ce que j'aime le plus, contre celui qui se dit mon libérateur, et que le libérateur ne voudrait jamais se battre contre sa petite dragonne, quelque terrible qu'elle soit sous son uniforme, le vous dirai, comme Rosine dans votre Barbier de Séville : « Vous êtes fait « pour être aimé, et je sens que mon plus affreux sup- « plice serait de vous haïr. » -
Ces douceurs disparurent, aux yeux de Beaumarchais, devant la déclaration relative aux papiers que d'Éon lui disait «avoir encore entre les mains. Il lui répondit ab irato *, le 18 janvier 1776 :
« Sur votre indigne ^veu qu il s'en faut de beaucoup que vous m'ayez remis tous les papiers^ que vous avez juré et signé m'avoir fidèlement rendus, je reconnaîtrai, avec confusion aux pieds de Sa Majesté, que je vous ai trop légèrement délivré un contrat de 12,000 livres de rente, 120,000 livres pour payer vps dettes, et le sauf-conduit honorable qui était le prix de votre sou^ mission, et dont votre mauvaise foi vous rend absolument indigne. Alors, Sa Majesté fera justice de vous et de moi.
« Quant à l'argent, loin d'oser passer en compte au roi les 120,000 livres que je vous ai si sottement remises, je reconnaîtrai mon coupable excès de confiance, et je les rembourserai comme de raison à Sa Majesté,
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«auf à m'en prévaloir sur vous ; et le service même que je vous ai rendu, en obtenant qu'une pension précaire de 1 2»000 livres fût changée en un contrat d'absolue propriété» m'en fournira sur-le-champ les moyens. Le changement avantageux de titre ne vous ayant tiré de la dépendance des ministres que pour vous mettre» avec tous les propriétaires du royaume, sous la dépendance des lois et des tribunaux, je forme opposition entre les mains du payeur à la délivrance annuelle des arrérages de ce contrat ; armé de vos billets et de la quittance du lord Ferrers, je dirige contre vous une action ci\ile, et je vous demande au Parlement le remboursement des 12#,000 livres que j'ai payées pour vous, ou Pexécution entière de notre transaction. Voilà quelle sera la conduite que vous me forcerez à suivre contre vous, si vous ne rentrez pas promptement en vous-même. •
Cette menace n'intimida pas d'Éon, qui répliqua le 30 janvier 1776 ^ :
« Je ne répondrai pas aux reproches ni aux invectives déplacées que vous me prodiguez dans votre vive» altiëre et masculine colère. Je regarde tout cela comme les premiers effets de la mauvaise humeur du singe le plus adroit et le plus agréable quej'aie jamais rencontré dans ma vie, qui est toujours^ toujours le mime, et ne se fâche que lorsqu'il s'agit d'arrêter et d'apurer un compte.
« J'ai déjà eu l'honneur de vous prévenir que, tant que l'on ne remplira pas envers moi le quatrième article de la transaction, qui dit expressément que vous