PETITES CHRONIQUES DU CHEVALIER 0*ÉON A M. LE GOMTE DE BROGLIE
« Londres, le 15 mare 1766.
« Monsieur,
« Vous aurez peut-être été ét«mné que je n'aie point encore accusé la réception de votre lettre du 4. Voici mes raisons : J'espère que vous les trouverez légitimes, et que vous regar* derez mon silence comme un effet de ma prudence.
« La fameuse question sur les Warances généraUt , espèces de lettres de cactiet pour arrêter les personnes et saisir lee papiers, a été enûn jug^e, et il a été décidé qu'on ne pouvait saisir les personnes et les papiers dans presque aucun cas, excepté ceux de haute trahison envers le roi et la patrie. Mais il a été aussi décidé que les personnes non autorisées, et convaincues d'avoir des correspondances en chiffres avec l'étranger, seraient dans le cas a'étre saisies, elles et leurs papiers, et jugées suivant la nature de leur correspondance. Ce jugement, que je ne puis mVmpôcher de regarder comme très-juste et très-sage, a suspendu et arrêté mon zèle, et m'a même donné beaucoup de crainte, surtout depuis la dèsunioo entre MM. Pitt et Temple. L'un des deux peut arriver bientôt au ministère, me soupçonner et me faire arrêter pour faire de la peine à Tautre. Ajoutez à cela que MM. Pitt et Temple, n'épargnant en aucune occasion les ministres actuels, ceuxci pourraient également me soupçonner et m'inquiéter. Yoos sentez tous les malheurs qu'il en résulterait, si j'étais arrêté avec tous les papiers de mon ancienne correspondance secrète I...
c Dans ees circonstances j'ai cru qu'il était de la pradeaoe de me tenir tranquille, afin d'êter jusqu'à l'idée du soupçon...