‹ Mémoires sur la chevalière d'ÉonChapitre 87 sur 102 · Noos avons déjà reproduit celte partie de la letuv · texte numérisé non relu

Noos avons déjà reproduit celte partie de la letuv

Dénia. Enfin cela est devenu public : c'est le sort de tous les événement'. Sf j^étais at&es sot pour vouloir trirnipher de suite comme vuus le prétendez, j'aumis pu trompher dès le moment qu'on m'a attaqué, dès 1763-66, dès et quand je l'au'' rais voulu et quand Je lo voudrai. Si j'étais glorieux de triompher, je porterais comme vous, mon cher ami, mes commissions du roi pendues à mon cou ; et si j'étais assez vain pour les porter toutes, il me faudrait un bœurpour me traîner. J'ai donc besoin, en vérité, des lunettes de monsieur votre oncl» pour apercevoir dans le susdit paragraphe mon prétendu triomphe. Mais ce que tout le public éclairé de rAngletcrre y a vu sans lunettes, c'est ma délicatesse pour 1 empécner d'être la dupe des faiseurs de police qui regardent mon sexe comme la roue de fortune ou la mine du Pérou. Il est inutile, monsieur, que vous vous donniez la peine de me prouver que les paragraphes qui ont paru dans Us gazettes depuis votre absence, V0U9 ont fort déplu. Je sais à quoi m'en tenir là-dessus; je sais que c'eJl mon avis au public^ en français et en anglais, en date du 11 novembre d<rnier, inséré duus \e Moming-Post du 13 et du 14 novembre, qui a pu principalement déplaire à

S[Qelque8-uns de vos amis. Cet avis est signé par moi, et je le erais encore mettre dans tous les papiers, quand il devrait dé^ plaire à toute la France. Mais, Dieu merci, j'ai des lémoignHges respectibles, par écrit, du contraire. Il me suffit qu'il soit conforme à la vérité et à mon iionneur aux yeux du public d'Angleterre, qui, ainsi que la Franco et toute l'Europe, ne doit rien avoir à perdre ou à gagner sur mon sexe. Si j^étais &ne, cheval ou ministre, je laisserais toute l'Europe faire des parié sur ma course ; mais, je vous prie, dites-moi, en honneur et en conscience, si vous étiez dans ma triste position, si vous deviez aux yeux de l'Europe entrer dans un couvent ou dans le monde comme une fille sage et vertueuse, voudriez-vous qu'il fût dit dans ce monde que v« us avez fait fortune par votre nexe expoU aux yeux du public ? Je n'aurais jamais mis mon avis dans la CMzette du 13 novembre si. deux jours auparavant, il n'eût point paru dans la mônne Gazelle un avis tendant à rallumer (e feu des polices. Vous avez trop d'esprit et de pénétration pour en ignorer totalement Vauteur. Il était de mon honneur et de mon devoir de jeter un tonneau d'eau sur le feu : je l'ai fait, et je l'ai éteint. Vous êtes sur les lieux : consultez s'il y a i n Angleterre une seule personne d'honneur qui puisse mebl&roer. « Le peu d'aften'ion que vous médites, monsieur, avoir /Inf à sia vive et féminine colère^ ainsi que vous l'appelez, est pour rooi une nouvelle preuve de votre bon cœur et de votre esprit. 11 est certain que vos reproches déplacés m'ont brisé le cœur, parce que vous l'avez attaqué par l'endroit le plus sensible, qui était l'honneur. Ja vous ai répondu comme je devais répondre en cette occasion, et comme je répondrai toujours devant tous les rois de l'Europe. Jamais personne au monde jusqu'à présent n'a osé me ten r un pareil discours. J'espère que

ce sen pour la première et dernière fois, à moins que toos ne soyez d*huineur à vous couper la gorge avec moi, avant Farrivèe du jeune comte de Guerchy que J'attends. Vous m*avez fait verser des larmes de douleur et de fureur; mais la reconnaissance que je vous dois, et qui est gravée dans mon CGCur, a étouCTê les premiers mouvements que la nature, autant qut mon êt>it militaire, m'avait inspirés; et quoiaue ce n'est point dans le désespoir qu'on est capable de garder ghs ménagements, j'ai cependant eu assez de présence d'esprit pour sortir et aller exercer ma fureu^* sur les chevaux de poste que j*al pris pour venir ici. Je comprenais bien en moi-même qu'il serait affreux à mon propre rœur de me battre contre ce qtefawu k plui, contre celui qui se dit mon libérateur, et que ce litiérateur ne voudrait jamais se battre contre sa petite éb^gone, quelque terrible qu'elle soit sous son uniformo. Jr vous dirai comme Batine^ dans votre Barbier de Séville : Vous êtes faitpoar être aimé^ et je sens que mon plus affreux supplice serait de vous haïr. Tout ce contrasîe de caractère irrité, qui malgré moi est en moi, et qui est exactement celui de ma mère et de ma sœur, fera sans doute faire à un philosophe comme voue mille réflexions sur le caractère incompréhensible des femmes. Attribuez tout cela à nos vapeurs et à nos faihleFsef>. Qmd (#viU8 famof Flamen. QiUd flaminef Ventue. Quid vento? MÊmUer, Quid muUere? Nihil. Mais soyez certain que je ne comprends guère mieux le caractère des hommes. Pour cent délautd que nous avons ils ont mille vices. Ils ont la supériorité en grénéral ; mais en particulier je leur ferai voir que ce n'est p^s vis-à-vis de moi que sera le problème : inferior cèm tit çiurvii imIthm maritOy etc.!

« Pour la fin de mes propres malheurs j'aurai toujours recours à mon ami Beaumarcnais, dans lequel le suis certaine de trouver toujours le même tond de zèle et d amitié. Mais, de grAce, quand vous avez à me parler sur mes affaires, que personne iren soit témom, pas môme votre ami Morande. J*sime son bon cœur, mais je n'aime pas la légèreté de sa tète et de ses discours. Je ne suin pas assez cuirassée. contre de pareils traits. Mon cœur, qui s'est jusqu'à présent fermé avec tant de soin au reste des homme?, s'ouvre naturellement en votre présence, comme une fleur s'épancuit à la lumière du soleil, oooi elle n attend qu'une douce influence.

« Je suis et serai toujours votre tendre et fidèle amie : les expressions ne rendent jamais qu'à demi les sentiments da oœur.

CARON DE BEAUMARCHAIS A M*'* d'ÉON DB BEAUMONT, A STAUN- TON-HAROLD

< Londres, le 18 JaoYier 1770.

« J'ai reça, mademoîselle, votre lettre de trente-buit pages, datée du 7 janvier, à Staunton-Harold ; ce que je vais y répon* dre est le dernier effort d'une estime à laquelle votre lettre a porté la plus dangereuse atteinte.

« Voua m'avez vu, mademoiselle, touché de vos malheurs en Angleterre, y recevoir vos confidences et vos larmes avec sensibilité, vous promettre ma chétive intercession en France, et vous tenir sincèrement parole avant de savoir si j'aumis jamais une mission du roi qui vous fût relative. L'erficacilé de mes soins, mes services et ma générosité vous ont prouvé, depuis, que vous n'aviez pas vainement placé votre conûance en moi.

c Quand je dis ma générosité, j'entends celle de mes procédés, et non cette fausse générosité sur les deniers du roi confiés à mon exactitude, et que vous invoquez inutilement. Etre éco* nome et juste est tout ce que je puis. Vous m'avez excessivement loué de la seconde qualité, le ministre et le roi ne se plaindront pas que j'aie manqué au devoir de la première.

« Avez-vous rempli les vôtres, mademoîselle, envers le plus magnanime des ma!trt>s? Je livre cette dem<inde à vos plus se* rieuses réflexions, et mettant de cèté tout le vain badinage et les cajoleries personnelles de votre dernière lettre, je vous rappelle une dernière fois à vos devoirs, dont cette lettre m'a paru l'écart le plus extravagant et le plus coupable.

« Je vous donne huit jours pour vous refroidir, la relire et ▼eus repentir ; mais, ce terme expiré, je le dis avec douleur, forcé de partir et de rompre tout commerce avec vous, mon seul chagrin sera d'emporter en France la dure conviction que vos ennemis vous ont mieux connue que vos amis. Eh ! quelle douleur pour moi si je ne pouvais m y vanter d'aucun autre succès que d'avoir démasqué une ûlle extravagante sous le

manteau de l'homme de mauvaise foi, que vos accasateurs onl cru de tout temps reconnaître en vousl

a Je suis désolé quand j'approfondis celte funeste idée. Je oe répondrai qu'au seul arlicie de votre étonnHnte lettre qui porte sur les reproches que Je vous ai faits en arrivant en Angleterre, uniquement encore pour vous ôter tout prétexte d'avoir pris le change sur leur ODjet.

« Vous feignez de croire aujourd'hui qu'ils étaient relatifs à la divulgation de votre sexe I Vous aurais-je lant répété (suivant les termes de votre lettre) que V0U8 aviez manqué à voire parole d'honneur à la transaction^ s'il eût été quL•^tioQ de votre sexe, lorsqu'un des objets de cette transaction uième est de faire à l'instant cesser un travestissement devenu b»»attroQp trop Bcandaleux par sa publicité, et par toutes les sottises aa'u a fait écrire et faire aux autres et peut-être & vous-mômer

a i^ Je vous observai que votre paragraphe dans les papiers, dont le but, à vous entendre, était de décourager les parieurs sur votre sexe, était si singulièrement composé, qu'il semblait uniquement fait pour les animer davantage, et par cel«i seul contraire au désintéressement fastueux q le vous y affecties.

a 2® Je vous reprochai, maisdourement, l'indisc étio*^ Ha res mots du pfirapranhe : La justice éclatante fie le roi vient de mê rendre .. Ma position extraordinaire vis-à vis du feu roi incouMue de tous ses ministres, ambassadeurs, etc. Voilà ce que j appelle le triomphe indiscret, nuisible et prématuré d'une femme cm d'une tête légère.

« 3® Mais je vous reprochai vivement, et comme un manque de foi très-sérieux, d avoir os^ paripr dan? ce parai^nipbe de certains grands seigneurs de France qui cherchent à exercer^ dite^ vous, contre votre tranquillité un reste de vengeance impuissante.

« 4** Je vous reprochai uet autre paragraphe anunyme, ^<*ril, contredit et défendu dans un nouveau, qii ann* nre malhonnêtement et contre toute vérité que Madame de Guerck^ s'efi jetée à votre sujet aux pieds du roi, qui lui a tourné le do$.

a 5® Je vous repruciiai vivemeut ce jeu de id plus misérable vanité, cette éternelle provocation de ceux que vous nommes vos ennemis, malgré que le roi vous ait fait im| oser par moi le plus profond silence à cet égard, et que le saut-condait de Sa Majesté, dans lequel ce silence vous est encore plus exprès sèment oraonné, ne vous ait été remis par moi qu'après 1 ei^gement solennel que vous avez pris, dans notre transactioo, de vous conformer à ces ordres positifs.

« Ce point de votre lettre éclairci, je ne vous dlsqo'an not sur tout le reste. Je ne sais Uquel je dois le plus admirer des louans^es excessives que vous donnez aux honorables toumores t^ue j'ai fait prendre en votre faveur à tous les articles de notre transaction, ou de la façon dont vous payes mes généreux soins par l'aveu de la plus insigne mauvaise foi sur la remise des papiers, par Tannonce des plus extravaeantes préteotiuDS, ea- Hn par la folle invitation que vous m'y faites de me rendre le

ridicule béraot alarmes de la demoiselle d*Eon envers tous ceux gui voudront bien lui prdter le collet.

« Si j**nvoyai8 cette misérable lettre en France, elle n'afOi-

rait que vos amis; tous vos adversaires en triompheraient.

i voilà, diraient-ils, telle que nous l'avons toujours dépeinte ; ce D*e8t plus contre ses prétendus ennemis mu elle exerce aujourd'hui ses folles et détestables ruses, c'est contre son seul ami, celui qu*elle a nommé son appui, son libérateur et son père : la voilà I

« Forcé moi-même de vous accuser avec eux, qui oserait vous plaindre et vous excuser? Vous seriez à iamais perdue d'honneur et couverte de honte, et tout serait dit pour vous.

€ Repentez-vous, je vous en supplie, repentez-vous. Si vous négligez ce salutaire et dernier avis, je vo^js le dis à regret, je modèlerai ma conduite sur le p»rti généreux que le noble M. Whal prit en Espagne, à mon occision, contre un malhonnête homme dont il avait répondu au roi.

«Je rrc<nnattrai Hvec contusion aux pieds de Sa Majesté que je me suis misérablement aveuglé, lorsque i*ai garanti le bon sens, rhonneur et la bonne foi de la demnî^pjle d^Eon.

«Sur votre indigne aveu, qu*ti $'en faut de beaiicoup que voui m'aifez remis tous les papiers, q*ie vous avez jur^ et signé m*'ivoir tideiement rt'ndus, je re<:onnattrai que je vous ai trop légèrement délivré un contrat de 12,000 livres de rente, 120,000 uvres pour payer vos dettes, et le sauf-conduit honorable qui était le prix de votre Foumission, et dont votre mauvaise foi vous rend absolument indigne. Alors Sa Majesté fera justice et de vous et de moi.

€ Quant à l'urgent, loin d'oser passer en compte au roi les 120,000 livres que ie vous ni si sottement remises, je reconnattrai mon coupable excès Jccontiance, et je les rembours<>rai, comme de raism, à Sa Maji sté, sauf à m'en prévaloir sur vous ; et le service même que je vous ai rendu en obtentint qu'une

Senaion précaire de 12,000 livres lût changée en un contrat 'absolue propriété, m'en fournira sur-le-champ le moyen. Ce changement avantageux de titre ne vous ayant tiré de la dépendance des ministres que pour vous mettre, avec tous les propriétaires du royaume, sous la dépendance des lois et des tribunaux, je forme opposition entre les mains du payeur à la délivrance annuelle des arrérages de ce contrat ; armé de vos billets et de la quittance du lora Ferrers, je dirige contre vous ane action civile, et je vous demande au Parlement le remboursement des 120,000 livres que j'ai payées pour vous, ou l'exécution entière de notre transaction ; aloi s vous apprendras à vos dépens si mes actes civils ont quelque valeur en Fran e.

«Voilà quelle s^ra la conduite que vous me forceres à suivre contre vous, si vous ne rentrez paA promptement en voua^ même. Et quant à votre personne, puissent alors le mépris, 1» proscription tacite et l'oubli de la France être votre unique pu-

nition I et paisse surtout vdtre honnête et malhearenae £tmîUe ne point se ressentir de vos torts personnels I C'est le vœa le plus ardent de mon cœur.

« Faites, mademoiselle, je vous en conjure, les plus sérieuses réflexions sur tout ceci, et soyez bien persuadée que c'est avec la plus vive douleur que jh me verrais forcé de chaa- ^r le titre agréable de votre défenseur en celui de votre plus implacable accusateur.

« Signé : Beaumarchais. >

« 10 Janvier.

« P. S. Je viens de relire ma lettre, un Jour après qu'elle a été écrite : elle est pleine de l'amertume dont vous avex suffoqué mon âme par la vôtre. Il n'y a rien à y changjer, parce que tout y est conditionnel ; mais, fatigué que je suis des procès par écrit. Je vous prie de ne pas y répondra un seul mot, si vous n'êtes pas entièrement conformée à ses dispositions. »

8BC0NDE RÊPONSB OB m"* d'ÉON DE BBAUMONT A M. CABO!« DE BEAUMARCHAIS

t Au ch&teau da comte Ferren, à Staonton-Hany, le 90 Janvier 1770.

« Mon indisposition m'a empécbée, mon cher et très-cher Beaumarchais, de vous accuser plus tôt la réception de voln dernière lettre du 18 de ce mois.

• Je ne répondrai pas aux reproches, ni aux invecthres déplacées que vous m'y prodiguez dans votre vive, altière eC mataUine colère ; ie regarde tout cela comme les premiers effett de Ja mauvaise humeur du singe le plus adroit et le plus agréiible que j'aie jamais rencontré dnns ma vie, fui M tM/minf lottfpHTf le M^iR^, et ne se tAcbe que lorsqu'il s*agit d'arrèler ei d'apurer un compte.

« En v^'*^, r::-*^"* -'^, >* î>» t r* •'*»^-tt:.»'« r*3? 'i'*'^»^ f^ dans votre M"*, i -* =-* r le*: J^/iPCr^-f**.* "iLrcVwwaftV, j> rous em tmff'ie- rcfÊoCrz-vm»^. J< tnm* «*«•<' trt.7 ^w»*» jp»wr vous repemlir. siam.. C^^ fc^iïr^r-.-:- .t c >r .:> ,-r ^ ...nfesseur Gira-^ •d'»-sf*^ t sa Zf^ --:* *^z *'>e'« » * c-: ^ f son convent : llrpf»f/>f*w- ac <4flrr ^^; ptm^fm, ptr U i^rtm ér wumcm^amje fwre U fr ,U a rtm$ àtma^ U ftmei:

nne si sotie opinion de m» ctririrre et ce mes p-iari^jes. qje vous vous flaUiez, eo d spaiacl gr&Temt-cU de me faine ad^|>ter des balîfemw p>ar d<« ra-^xis, » et de voa'oïr me persuader à in<>î-inèiDe que je R;is exlravagmote dans loes de* mandes, tandis que je les soumets aTec cocDaure à féquiié du ministre iictoel des allai res é^nnsrères, ei même à celle d^sn juré aurais le pi os prèrenu contre moi.

« D'ailleurs, monsieur, je mesure tellement ma ocndoite ei mes actions sur les lois, la pradeoce et la politique, que, jusau*à présent, je ne me suis janaa^s repenti d'une seule action de ma vie ; mais quelquefois les autres ont eu lieu de w re» pent'r de m'aToir attaqué injostemenU

«Je voQS permets donc, ainsi que tous m*en menacex, d*a1* 1er vous jeter aux pieds du roi, et même aux pieds de tous les rois et ministres du g'obe, pour me représenter, soîvant vos expression*, cnmme une 01 le extrmtûgnU, et en môme temps la plus dégiPurHe de TEarope. Vous po ivex donc leur dire, avec toute 1 éloquence, Ténergie et la singerie dont vous êtes eapable, toot le mal de moi que vous voudrez. Dites blanc, dites noir, je suis et ^rai, r^mme le refrain de voire chanson favorite, Un^aun, Umjimn U mèwie; et quoique je sois en état de faire la barbe à Imu les barkitn de Sérilk, je ne répondra qu'avec la simplicité et la vérité qui conviennent à une II lie bien née. Jamais je ne dirai du mal de vous, jamais /eue €9»w^tncerai à me plaindre de vous auprès des puissances sui>é- Heures et subalternes, ni auprès des divinités célestes et infernales. C'est à vous-même que je m'adresse, monsieur, pour vous demander ce que vous pouvez me repn>cher avec justice, sinon la cnnfessîon vo'ontaire qtn* jn voui ai fjiît*, dans m^ demîAre lettre, nui/ s'en fallait de beaucoup que je vous aie li»r^ la totalUé des papiers secrets.

c J'ai déjà eu l'honneur de vous prévenir que tant que Ton ne remplira pas envers moi K; quatrième article de U transaction, qui dit expressément que vous devez fue remettre de plus fortessommes pour l'acquittement de mes dettes, jo ne suis tenue à aucun des points de la transaction. VdUs êtes la puissance contractante et moi l'exécutrice, c'est donc vous qui devez agir et marcher le pre'.nier, puis moi exécuter et suivre.

« Votre reproche sur la remise imparfaite des pjapiers est mal fondé, monsieur; premièrement, parce que ni vous, ni aucun des minit^tros passés, présents et futurs, ni monaeiçneur le prince de Conti, ni même M. le comté de Broglie, ne

peuvent savoir tout ce qui s'e^st pass-^ de secret en 1785 et 175C entre le roi défunt, Timpératrioe Elisabeth et le grand chaoeelier de Russie comte de Woroozow. M. Tercier, le chevalier Douglass et moi, étai* nt les seuls qui agissaient en cette importante négociation secrète, dont M. Roaillé, ministre alors des affnires étrangères, u'avnit pas même connaissance. Ce n'est

3 n'en 1757 que M. le comte ae Bmglie a été admis à une partie e ce secret, et que lui, par ordre du roi, m*a agrégé à soa autre correspondance secrète.

« Quand tous les ministres et secrétaires des bureaux des affaires étrnngAres, à Vei s tilles, seraient contre moi, comment

Ïiourraient-ils deviner si J'ai rendu la totalité ou partie de tous es papiers de ma correspondance secrète en Russie, en Allemagne, ^n France et en Angleterre? Comment pourraient-ils deviner ce qu'ils ignorent totalement, si je ne veux pas les dire ni les donner?

« C*est un acte qui dépend totalement de ma bonne volonté et de mon libre arbitre. Je m'y déterminerai suivant qoe Ton exécutera les articles de la transactioUy suivant 1»* bien ou le mai qu'on me fera, suivant le degré de justice ({u'on me rendra. Y a-t-il une seule puissance sur la terre qui puisse forcer mon camp retranché dans mon lie, qui m'aMpartient autant qu'à aucun Anglais? puisque je paie la taxe et suis sfiumîa aux lois du pays et n'en viol ' aucune, je dois donc jouir du droit de citoyen libre en Angleterre.

«A présent, je vous dis, monsieur, que je ne vous ai pas trompé, puisque, par vingt lettres, j*ai provenu M. le comte de Broglie, 1 -s ministres de Versai lins el vous-même quf, t^nt que l'on ne me paierait pas tout ce qui m était dû tégitimememt^ je ne rendrais Jamais la totalité de uies papie.rs. Je me gloritie aujourd'hui d'avoir tenu parole, et vous déclare que j'ai bien fait et très-sagement fait dt» ne pas vous délivrer mee meilleard papiers.

« Secondement, quand vous aures comme moi, monsieur, vieilli et bUnchi dans l'armée et dans la politique, voussanrei que, lopi^qu'une puissance du troisième ordre contracte ou £ut sa paix avec une puissan'^.e du premier ordre, cette troisième

Suissan e prend toujours pour garants des conditions du traité eux autres puiss inces du second ordre, si elle ne peut obtenir la garantie d'une seule puissance égale en pouvoir et en forces Il celle avec qui elle contracte.

« Or, comme je regarde ma puissance comme la plus faible et la plus petite qu il y ait sur la terre, en comparaison de celle avec qui j'ai eu l'honneur dax^mitracier^ et que je ne pois avoir la garantie d'aucune puissance grande, moyenne ou petite, j'ai pris ma prudence et mon expérience pour dire les 6* dèles garants de mon traité. Consultes tous les t>ons |.olitiqaet de Versiilles et de l'Europe pour savoir ai j'ai turt, et ai jetais aussi sotte q*je vous le croyes.

c Après vous avoir payé, monsieur, dans ma première lei-

tre, ce tribut de reconnaissance que je vous dois, pour le zèle et rintelligence aue vous avez mis à me faire rendre justice sur certains articles que TiDJustice la plus grande ne pouvait me refuser; après avoir anéanti dans cette seconde lettre vos reproches injustes sur ma prétendue infidélité, je vous prie de me faire le plaisir de répondre aux points suivants de reproches bien fondés que je suis en droit de vous faire, à mon tour :

« 1* Poun^uoi n*avez-voiis pas remis entre les mains du roi ma déclaration secrète du 14 juillet 1775, après vous en être chargé et m'avoir donné votre parole d'honneur que vous la remettriez fidèlement entre les mains de Sa Majesté^?

« 2* Pourquoi, pendant votre dernier voyage à Londres, y avez- vous, pour vous amuser sans doute à mes dépens, ou pour me rendre ridicula, fait entendre dans les cercles de vos élégantes, que vous deviez m' épouser après que j'aurais demeuré quelques mois à l abbaye des dames de SaUU^Antoine f

« Cessez, monsieur, d'abuoer de mon éiat, et de vouloir profiter de mon malheur pour me rendre aussi ridicule que vous ; vous ! pour lequel j'avais conçu tant d'estime, que je vous regardais comme le plus vertueux de tous les hommes; vousl qui m'avez su persuader que vous aviez quelque respect pour ma position extraordinaire. C'est vous-même qui me couvrez

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