YAN
Le yan et le yin ne sont pas tant des forces opposées que des forces successives et des forces concordantes dont l'union produit tout ce qui est.
Le ciel est yan et la terre est yin. Ici le ciel ne paraît plus être le Dieu unique et souverain ; il semble ne plus être que la partie la plus subtile de la matière confondue dans le Tai-ki, c'est-à-dire dans le cbaos, que l'une des deux puissances auxquelles la création vivante est due. L'union du ciel et de la terre a produit d'abord l'homme, qu'on dit aussi formé des parties les plus subtiles des cinq éléments. Au ciel, à la terre, à l'homme, se rattachent trois sortes d'êtres surnaturels : les LLIen, les Ki et les Kwey. On ne cite d'ordinaire que les premiers et les derniers; en les associant, on les appelle Kwei-men, ce qui pourrait se traduire les esprits (ou les mânes) et les génies. Par Kwey, on entend aussi les diables, les démons ; les anciens appelaient démons des esprits familiers semblables aux Kwey : le sens de ces mots correspondants a donc suivi des variations pareilles en Asie et en Europe.
Le ciel et la terre, le yan et le yin, que le IITs-kin qualifie de père et de mère, s'unissent éternellement ; mais cette union est plus active à l'équinoxe du printemps : c'est par la matière subtile, tmi, du ciel et de la terre, par leur pneuma, leur spirilus, leur souffle, tmi (1), qu'ils entrent en contact. Tout alors dans la nature reçoit une
(I) Notre langue n'a pas un mot qui rende bien ces acceptions diverses. Les langues dites sémitiques ont le* mots rouhh, ruach. Callery a traduit : « Ce mois-ci les vapeurs du ciel tombent, celles de la terre montent; le