DIEUX PROTECTEURS
quelquefois les bouddhistes, au lieu de l'arc, de la lance, du feu, etc., lui donnent un livre, une fleur de lotus, un vase, une cloche, et la font asseoir sur le lotus. Souvent aussi, au lieu d'un char, elle monte une sorte de cylindre tournant. Tao-rm> est accompagnée d'ordinaire de deux suivantes, Tsn nyu, dont l'une tient un plat qui paraît contenir une tête de porc, et dont l'autre tient un éventail. On voit encore derrière elle Yuen-kin-nyah, qui paraît présider à la confection des étoffes de soie et qui porte un kwey, et Tsyah-kwan, satellite à visage sombre, armé seulement d'une espèce de crosse.
Les astres le plus particulièrement honorés sont ensuite :
Tsô-wei sin, ou l'étoile de Tso-wey, la première du ciel, accompagnée de son valet Noé-kyen ;
Pei-tao tsi sin, ou les sept étoiles de la Grande-Ourse : on compte encore sept autres astres, qui sont le soleil, la lune et cinq planètes ;
Nan-tao le» sin, ou les six étoiles de la constellation appelée Nan-tao ou Tao du Sud. Les catalogues sont trop incomplets et trop variables pour me permettre d'établir la synonymie de cette constellation, non plus que celle des deux étoiles Tsô-wey et Noé-kyen.
Loei-tSK est le dieu du tonnerre; il a sous ses ordres Loei-kbTi, qui lance la foudre en frappant une fusée avec un marteau, et Tyen-mw, appelée aussi Tyen-môn, qui produit les éclairs et fait entendre les roulements du tonnerre à l'aide de deux disques de métal. Il a de plus un secrétaire, ou pan-kwan : il est difficile d'imaginer ce qu'il en peut faire, à moins qu'il ne lui fasse tenir un registre d'observations météorologiques; celui-là au moins serait sérieux parmi tant d'autres qui, rédigés au hasard des souvenirs, servent seulement à mystifier la science.
Wah-mb-, la mère reine, la première femme du ciel, est représentée à cheval sur un paon ou un foh-xwan.
Tuien-ws ta-ti règne sur toutes les eaux, douces ou salées. On le représente assis, la tête nue et une épée à la main : à ses pieds on voit une tortue autour de laquelle s'enroule un serpent rouge (1); un guerrier placé derrière lui déploie un étendard où se peint une constellation de sept étoiles qui est peut-être la Grande-Ourse.
Kin-lbh-ssô ta-wah, figuré à l'avant d'un navire, son épée à la main, accompagné de deux guerriers dont l'un porte son étendard, gouverne la mer et les dragons. Les dragons, cependant, ont un roi de leur espèce, Xaé-Mi wan ; mais cet aborigène, ce
|1) Celle torlue est un des quatre animaux fabuleux. Les trois autres sont le dragon, le ki-lin et le fofixwaïï. D'autres animaux ont, du reste, leur fable. L'union de la torlue et du serpent est un des mythes les plus anciens de la Chine.