‹ Mémoires sur la ChineChapitre 117 sur 220 · HÉROS ET SAGES · texte numérisé non relu

HÉROS ET SAGES

T'aï-iuan iuo kan-taD détourne le mauvais œil et le mauvais souffle. On place souvent, devant les boutiques ou les champs, son idole faite en pierre et très-pesante, afin d'empêcher le bonheur de s'enfuir, comme un presse-papier empêche un papier d'être emporté par le vent.

Tsan-men est le génie des greniers; Tao-men, celui du riz, qu'on appelle tao lorsqu'il n'est pas vanné.

Xs-men et Too-men président à l'emploi des mesures appelées xk (j/2 tan) et too (V10 de tan).

Kyah-tai-kbn, général et ministre de Wtf-wan, fondateur de la dynastie des Tuiev, tient les diables en respect et distribue aux génies les emplois célestes.

Tiiibh-kwé est le premier d'entre les morts : on le représente quelquefois s'amusant à faire partir des fusées sur la tête d'un diable qui paraît très-effrayé.

Enfin, les Chinois admettent toujours parmi leurs dieux et figurent au milieu de l'olympe, sous des traits de convention, l'empereur régnant, l'empereur actuel (Taûkin xwah-ti).

Il arrive souvent que des héros, des hommes bienfaisants, des femmes d'une grande vertu, sont élevés au rang des dieux, ou plutôt proclamés saints, canonisés : le sentiment public y suffit quelquefois ; quelquefois aussi l'initiative vient du gouvernement : un décret impérial suffit à nommer ou à révoquer un saint. C'est à des généraux morts en défendant une ville ou en livrant une grande bataille que ces honneurs sont le plus souvent décernés : ces généraux deviennent alors les patrons des villes dans lesquelles s'élèvent leurs autels. Xsfi-mefi ta-wah est ainsi le défenseur de Canton : lorsque la ville est menacée par quelque ennemi , c'est à lui que le peuple vient demander secours.

Un exemple montrera comment on arrive à la sainteté. En 1840, Twen xwa-tmen, général chinois, avait à défendre Ws-srâ contre les Anglais. C'était un homme pieux, compatissant aux autres, dur à lui-même, et dont les habitudes étaient des plus simples; les paysans, qu'il protégeait contre toute violence, l'appelaient le vieux Bouddha, Lao-fo. Il avait déployé une grande activité dans ses préparatifs; mais l'inégalité des armes ne lui laissait aucune chance de vaincre. Quand le jour du combat fut venu, il revêtit ses vêtements de cour et adressa des prières ferventes au ciel et à la terre. Il combattit avec un grand courage : criblé de balles, il succomba en invoquant le ciel et le visage tourné dans la direction de la demeure impériale. Le peuple consterné criait alors : «Le grand mur (le boulevard) de la Chine est brisé; qu'allons-nous devenir ! »

Dix jours après sa mort on retrouva son cadavre, qui, dit son biographe, Illya sah-tso, de Sbh-kyan fs, n'était nullement décomposé. L'empereur ordonna qu'il lui

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