‹ Mémoires sur la ChineChapitre 118 sur 220 · HÉROS ET SAGES · texte numérisé non relu

HÉROS ET SAGES

fût élevé des tablettes dans les temples de deux villes, et accorda certains honneurs à sa famille. Une statue qui, dit-on, lui ressemble beaucoup, en fut faite, et, vêtue comme il l'était, a été placée dans le temple de Twen-xwan, à Chang-hai. Le bruit se répandit aussi dans le pays que Tmen xwa-tiucn avait fait connaître aux visiteurs du temple de la divination de Ssn-kyan qu'il avait, à son arrivée dans le ciel, été promu à la dignité de second général du tonnerre.

Il y a dans cette histoire, comme dans toute histoire humaine, quelque chose de noble et quelque chose de ridicule : la fin gâte le commencement. Il n'en est pas moins certain qu'en tout pays la mémoire de ce soldat modeste et dévoué eût été honorée par le prince et par le peuple ; et il faut songer que ce que nous regardons comme le plus glorieux peut paraître ridicule à d'autres. Caïus Duillius marchait, dit-on, dans Rome, précédé d'un joueur de flûte; c'était un grand honneur en ce temps-là. Nous avons bien aussi notre joueur de flûte, qui fera sourire ceux qui nous suivront, et parmi nos histoires il y a plus d'une fable : nous ne sommes ni les moins menteurs, ni les moins crédules d'entre les hommes.

On rencontre souvent des arcs, paé-fan, commémoratifs de la vertu d'un magistrat, de la chasteté d'une vierge ou d'une veuve, de la piété filiale ou conjugale. Une inscription verticale, placée en haut du monument, indique à qui il est dû; on y lit habituellement les mots : IHon tinii, Par décret saint, c'est-à-dire par ordre de l'empereur. Une inscription horizontale, placée un peu plus bas, fait connaître l'objet du monument. Dans la gravure ci-jointe, on remarquera trois arcs : celui qui est à gauche est dédié à la piété filiale de Li (Li uiyao-lso fan); celui du milieu, à un ministre (Kwo-lao fan; le mot de Kwo-lao est rendu, dans le langage actuel, par celui de Tauiuo-ssô). On voit figurer à la base de ce monument, ou fan, les quatre lions officiels. L'arc, enfin, qui se trouve à droite porte les mots : Tsin pyao tsyé-myao, qui signifient : « Moi (l'empereur), je manifeste ou j'honore la piété des épouses. »

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Date de Bouddha. — Légende de Bouddha. — Apôtres bouddhistes. — Caractère du bouddhisme. — Doctrine bouddhique. — Préceptes moraux. — Kwan-chô-yin. — Diverses Kwan-yin. — La reine du ciel. — Les

dix-huit saints.

Le personnage que les Chinois appellent IHô-kya a-ni fo, et que nous appelons, comme les Indous, Bouddha ou le Bouddha, naquit à Kapila-Vastu, dans l'Inde centrale, près des montagnes du Népaul. Les Chinois et les Japonais placent sa naissance au onzième siècle avant notre ère; d'autres Asiatiques, au septième ou sixième seulement; dans un discours sur l'histoire du bouddhisme, lu à Boston. M. le professeur Salisbury la rapporte à l'an 320 avant Jésus-Christ.

La dernière de ces dates me parait trop rapprochée de nous ; la distance qui sépare les autres est peut-être plus apparente que réelle : les Chinois et les Japonais placent, en effet, la naissance de Bouddha au huitième jour du quatrième mois de la vingtquatrième année de Tmao-wah des 'fines. D'après la chronologie connue en Europe et assez acceptée en Chine, publiée sous le titre de San yuen kya-tso, la vingt-quatrième année de Tiuao-wah serait l'année 4028 avant notre ère ; mais on doit remarquer que plusieurs des princes mentionnés après Tmao-wah ont été nommés pour la première fois dans des ouvrages très-postérieurs à leur temps, ce qui rend leur existence extrêmement douteuse; que la durée moyenne des règnes, au nombre de trente et un, qui suivent celui de Tmao-wah et appartiennent à la même dynastie, serait d'environ vingt-cinq ans, tandis que pour les époques mieux étudiées de l'histoire chinoise elle est seulement de seize ans et demi. En réduisant à une moyenne de seize ans et demi les trente et un règnes, on placerait la naissance de Bouddha au commencement du huitième siècle avant notre ère; et si l'on supprimait les règnes les plus douteux, vers le milieu du septième siècle.

Le Bouddha appartenait à la caste des guerriers et à la tribu de Çakya, en chinois IHo-kya. Sa mère, Maya, était l'épouse d'un petit roi; elle lui donna le nom de Siddharta.

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