AUTEL DEDIE A WEI-TO
En face de l'autel dédié à la Kwan-yin au visage d'or.
céleste et par des parfums exquis dont l'atmosphère fut embaumée. Dès l'âge le plus tendre, Lin fut à même de lire les Kih bouddhiques et les livres de Lao-tsô ; elle s'attacha surtout aux ouvrages qui traitaient de Kwan-yin, au culte de laquelle elle se
7i BOUDDHISME CHINOIS.
consacra, après avoir fait vœu de chasteté. Une nuit que ses frères étaient en mer, un orage s'éleva ; leur navire se remplit d'eau, et ils allaient périr tous si Tyen-xo, prévenue par un songe, ne fût venue en esprit à leur secours. Comme elle n'avait pas été prévenue assez tôt, l'un de ses frères fut noyé.
La mort de Tyen-xo fut accompagnée des mêmes prodiges que sa naissance. Elle a depuis opéré des miracles sans nombre en faveur de ceux qui la prient ; elle a sauvé plus d'une fois du naufrage des ambassadeurs et des généraux chinois : aussi des honneurs publics lui ont-ils été, à diverses époques, décernés par le gouvernement. Elle donne aussi des enfants mâles aux femmes qui viennent l'implorer. On l'honore surtout dans le Fo-kyen ; son principal temple est à Mei-tmes, dans une île dépendante de Hlin-xwa, et dont la principale ville est Pih-xaé : il est desservi par quelques prêtres, et une centaine de familles y vivent de la fabrication des images et des statuettes de Tyen-xo. Ces images sont placées sur les navires, et l'on brûle devant elles de l'encens et des cierges. On représente souvent Tyen-xo sur un char et sous un dais; elle est accompagnée de deux suivantes, Tsh-nyu, et deux esclaves, dont l'un, qui est rouge, Tsyen-li-yen, voit à mille li de distance, c'est-à-dire fort loin, et l'autre, qui est noir, Hlun-lbh-ôrl, entend tout ce qui se dit sur la terre et sur les flots ; elle est précédée, de plus, de cinq guerriers qui marchent au milieu des eaux : on les appelle IHbei-h; b- tsyah.
Bémusat a publié, d'après un livre japonais, un mémoire sur trente-trois patriarches bouddhiques. La Chine connaît seulement dix-huit personnages appelés Lb-oxan, en tête desquels figure Hlo-kya a-ni fo lui-même. LbO-xan, corruption de o-lboxan (o-lo-han), en sanscrit arhan, sert ici à désigner des Bouddhas, ou tout au moins des Boddhisattvas , auxquels on conserve souvent les titres qui désignaient en ce monde leur rang et leurs fonctions religieuses, tels que xo-mah, prêtre, et tsun-tmô, qui parait signifier supérieur ou abbé. Les images de ces dix-huit saints se retrouvent dans presque tous les temples bouddhiques : on dit en Chine les dix-huit Arhan, IHô pa luo-xan, et encore les dix-huit Syen de Fo, ou les dix-huit Fo, comme on dit en Europe les douze apôtres ; on n'en imagine ni un plus grand, ni un moindre nombre. 11 est évident, d'ailleurs, que si la religion de quelque livre et celle des temples diffèrent, c'est celle des temples qui mérite vraiment notre intérêt, puisque c'est celle qui vit dans l'âme du peuple, et que, quant aux arhan, si leur histoire véritable nous était accessible, elle n'aurait que peu d'intérêt. II importe peu de savoir ce qu'ont dit ou fait des idiots, des fous, ou tout au moins des hommes bizarres et exaltés ; il importe seulement de savoir à peu près ce que la superstition publique voit en eux.
Celui qui vient après LHo-kya a-ni fo se nomme Mo-o-kya-yé tsun-tuiô ; c'est sans doute le Mahakava de Rémusat. Il avait été brahmane et devint Bouddha, après avoir