‹ Mémoires sur la ChineChapitre 136 sur 220 · VUE PERSPECTIVE D'UN TE51PLE DE NANKIN · texte numérisé non relu

VUE PERSPECTIVE D'UN TE51PLE DE NANKIN

Ils comprennent une ou plusieurs cours, dont chacune a ordinairement une chapelle ou salle, tan, sur chacune de ses faces. La chapelle ou l'oratoire principal tient le milieu du temple. Ces chapelles sont habituellement exhaussées de quelques marches : il est rare qu'il y ait un étage au-dessus, et je crois que quand cet étage existe, il sert de magasin, mais ne saurait être habité.

L'entrée des temples est souvent gardée par la représentation de quatre personnages armés appelés Ssô la-tyen-wah et peints sur les portes. Au milieu des cours, on trouve quelquefois des puits ou des bassins, plus ordinairement un vase en bronze appelé, en raison de sa situation, tan-taren, qui sert à brûler des papiers. Les deux côtés de la première cour sont quelquefois bâtis et consacrés à des logements ; audessus des portes on voit souvent un étage auquel on parvient par une échelle placée sous l'une des portes et par une trappe : c'est le théâtre, ouvert sur la cour, pourvu en arrière de deux ou trois cabinets dans lesquels les acteurs s'habillent et se peignent le visage, et sur les côtés de loges souvent grillées, dans lesquelles les magistrats ou ceux qui donnent le spectacle prennent place. Lorsqu'il y a un théâtre, il arrive souvent que les bâtisses de la cour sont pourvues d'un étage divisé en loges, ou garni de bancs, pour les spectateurs aisés ou riches.

Le théâtre chinois a pris naissance dans les temples par des mystères, comme le théâtre grec et le théâtre du moyen âge. Me réservant d'en parler ailleurs avec plus de détails, je reviens au temple lui-même.

Chaque chapelle renferme un ou plusieurs autels surmontés des images, des statues des dieux, ou de tablettes écrites. Les statues, syan, sont quelquefois en bois,, ms-yu, quelquefois en terre, quelquefois en bronze; elles représentent des types peu séduisants. Des deux côtés de l'autel, contre les murs, on voit souvent les statues de divinités ou de personnages moindres, pourvus de divers attributs ou tenant des kwey. Le nom générique de ces personnages est Tiuai-jen, c'est-à-dire satellites.

Sur l'autel, tmso-wey, ou iuyaïî-ki, sont placés des chandeliers, la-tey, portant des chandelles rouges de suif, la-tuio. Les bougies de cire d'arbre, étant très-rares et trèscoûteuses, ne sont employées qu'à certains usages et dans certaines circonstances, telles que les concours littéraires. Un brûle-parfums, uiyan-ls (thuribuhim), occupe le milieu de l'autel, chargé souvent de fleurs naturelles ou en carton, d'ornements de diverse nature, d'assiettes de fruits, de gâteaux et d'offrandes de plus de valeur. Dans les temples consacrés plus spécialement à la divination , on y voit aussi les cent flèches, tsyen, ou baguettes, debout dans un étui cylindrique, tsyen-txn, et l'objet appelé kao-tsô. En avant de l'autel sont placés un ou plusieurs coussins ou des sortes de prie-Dieu, kwei-tan ou paé-tan : on voit souvent dans les chapelles des porte-cierges, sur lesquels les dévots placent et allument les chandelles qu'ils ont apportées, et des

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