‹ Mémoires sur la ChineChapitre 138 sur 220 · FÊTES DU TAO · texte numérisé non relu

FÊTES DU TAO

Mois. Jour.

Fête de Yu-xwaîi ta-ti 1« 9e

Tai-yan pb-sa 2e 1er

Tu tu-ti pb-sa » 2e

Lao-tuiun » 15e

Illyuen-tyen man-ti 3e 3e

Tyen-xo nyan-nyan » 23e

Lu-mui nyan tsb-sso 4e i$e

Yen-kwan nyan-nyan, qui guérit les maux d'yeux. ... » 20e

Loei li pb-sa, dieu du tonnerre 5e 5e

Tb-tuien xwan-ti, le premier des lares » 11e

Tman-tyen ssô » 18e

XbO-iuen pb-sa Gc 23e

Loei-tSb pb-sa, premier dieu du tonnerre » 24e

Ti-tsan wan pb-sa 7e 30e

Tai-yin pb-sa 8e 15e

Tao-mb nyan-nyan 9e 9e

Ta-mo tsb-ssô 10e 5e

Kbh fb-tsô (Confucius) 11e 4e

Tsao-wan pb-sa, qui préside à la cuisine 12e 24e

Tuib-uien iuya-kyae, descente de tous les dieux sur la terre. » 30e

On remarquera dans cette liste, qui m'a été dictée par des prêtres, la présence de Confucius, dont les bouddhistes ne célèbrent en général pas la fête, et celle de personnages et surtout de titres bouddhiques. J'ai écrit Loei ti pb-sa; on m'avait dicté aussi Xbo-men ti pb-sa, Tai-yin ti pb-sa : la présence de la syllabe ti semble mettre le premier mot au génitif; on aurait alors : fête du Pb-sa du tonnerre, du Pb-sa du génie du feu, du Pb-sa du Yin parfait, etc.; ce qui attribuerait au mot Pb-sa la valeur d'idole, de représentation, ou peut-être celle d'incarnation, ou de révélation, ou même d'esprit et d'âme. Le mot Pb-sa est souvent employé de telle façon qu'il est impossible de lui attribuer un autre sens que celui d'idole; d'autres fois il en a évidemment un autre. 11 ne faut pas toujours s'arrêter à ce que disent les livres, ou aux valeurs primitives des mots, plus fallacieuses encore que l'étymologie : les langues vivent en se parlant; ce qui en est écrit n'est que leur cadavre : l'anglais possède plus de deux mille mots français dont l'acception, en Angleterre, est tout autre que chez nous. D'un siècle à l'autre, et même d'une génération à l'autre, nous avons vu les mêmes expressions représenter des idées toutes différentes : la vanité usurpe sur les mots, ne

pouvant usurper sur les choses; elle laisse les noms déconsidérés, et s'empare de ceux qu'on estime et que sa bassesse a bientôt ravalés. La France est pleine de titres : que valent-ils? Les serviteurs sont, de nos jours, devenus domestiques comme les médecins et les poètes de Louis XIV; les tailleurs actuels ont des clients, ni plus ni moins que l'orgueilleuse maison des Glaudes : qu'y ont gagné les uns et les autres? Et par une étrange contradiction que la servilité du Bas-Empire explique seule, les secrétaires d'État s'appellent en Europe des ministres, comme ceux qui versaient le falerne aux modestes soupers du poète Horace.

On croit que je sors ici de mon sujet; nullement. Des prêtres ont fait en Chine, pour des dieux morts et muets, ce que d'autres sots font en Europe pour la décoration de leur propre sottise : ils ont fait de leurs dieux des Boddhisattvas, c'est-à-dire des gens ayant vécu saintement. C'est beaucoup pour des dieux ; ceux des Grecs en seraient embarrassés, et bien que ceux de la Chine soient plus chastes et moins cruels, bien qu'il y ait eu dans les premiers disciples de Bouddha plus de piété que de sagesse, je n'oserais point dire que de si faux dieux vaillent des saints môme si médiocres.

Les tao-ssô ont de belles fêtes, et des fêtes antiques : il y a du goût et de l'art dans la décoration de leurs temples et de leurs autels ; il y a quelque chose d'inattendu, de bizarre, dans quelques-unes de leurs cérémonies : ils sautent au jour de la fête de Ti-tsan wah; ils dansent et tournent autour d'un grand feu, frappant les diables d'une épée droite comme les épées romaines, et quelquefois se frappant eux-mêmes, comme le faisaient jadis les prêtres de Baal, de Moloch, de Vénus, de Mars et d'autres dieux encore.

Les processions sont assez fréquentes : on y promène des idoles, des bannières; les rues sont élégamment décorées sur leur parcours; on brûle des baguettes parfumées, on présente des offrandes, on fait partir des pétards sur leur passage. Les processions de Tyen-xo sont fort belles; on en fait au dragon de la pluie, et on lui offre des sacrifices sur un autel élevé, raan-môn, quand la sécheresse dure trop longtemps.

Les bouddhistes ont moins de fêtes que les tao-ssô, mais leur culte est plus assidu. Voici les noms de leurs fêtes principales et les époques auxquelles on les célèbre :

Mois. Jour.

La naissance de Kwan-y in 2e 19e

Celle de A-ni-fo 4e 8e

La fin de la mission de Kwan-yin Ge 19e

Et les trois fêtes des génies qui président au ciel, à la terre et à l'océan, à savoir :

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