ÉTIQUETTE
tête trois saluts, i, qui ne sont pas rendus; il en fait un nouveau avant de s'asseoir : il pourrait s'asseoir à droite, sur le double siège ou sofa appelé kah, dont le visité occupe la gauche, qui est la place d'honneur, mais habituellement il s'assoit en dehors de ce siège, à gauche, sur des chaises ou des bancs, quelquefois près d'une table. En sortant, il exécute trois i qui lui sont rendus. Le visité l'accompagne jusqu'en dehors du pin-môn, où se font encore de part et d'autre trois i ; le visité étant rentré, le visiteur, tourné de son côté, fait encore trois i. Ces formalités sont l'accompagnement obligé d'une première visite ; dans les visites suivantes, elles sont plus ou moins modifiées par la prévenance du supérieur.
Les préfets faisant les mêmes visites s'agenouillent ; ils n'exécutent pas de i ; le visité ne vient pas à leur rencontre et ne les reconduit pas.
Les assistants des préfets descendent en dehors de la porte dite yuan-mon; les sous-préfets, les kyao-yu, les tsn-pan et les tinao-pan, descendent au même endroit : ils s'agenouillent deux fois, et font trois i en entrant et en sortant ; le visité se lève quand ils entrent.
Ceux d'un rang inférieur s'agenouillent une fois et se prosternent trois fois ; à la différence des autres, ils ne s'assoient pas pendant la visite.
Je supposerai maintenant que le visité est intendant, grand juge ou trésorier. Si le visiteur est préfet, il arrête sa chaise au ta-môn ; le tao-tay le reçoit et reconduit au tah-yen ; les grands juges et trésoriers le reçoivent et reconduisent en dehors du pinmôn. Si le visiteur est sous-préfet, on ne vient point à sa rencontre; on ne le reconduit pas, et il doit s'agenouiller. S'il est d'un rang inférieur, il observe les mêmes formalités que chez les gouverneurs.
Le visité étant préfet, si le visiteur est sous-préfet, il est reçu et reconduit en dehors du pin-môn ; il s'agenouille. Les fonctionnaires des huitième et neuvième rangs ne sont ni rencontrés, ni reconduits, s'agenouillent et ne s'assoient pas. Les kyao-yu et tuii-uiyen s'agenouillent chez le tsn-tmi ; mais ils s'assoient, et sont reçus et reconduits au tan -yen.
Chez le sous-préfet, les fonctionnaires des derniers rangs suivent la même étiquette que chez le préfet.
Pour les non-fonctionnaires, il y a un peu plus de latitude; ils ne s'agenouillent ordinairement que devant les préfets et ceux d'un grade supérieur. Le salut le plus familier est appelé k«h, ou ksh-uiao ; il se fait en joignant les mains à la hauteur du visage.
Dans les ya-mon de préfets, l'arcade du milieu de la porte est ouverte ; chez les fonctionnaires plus élevés, elle est fermée, et on entre par l'arcade de droite. La porte dite yuan-mon n'existe pas pour les sous-préfectures.
On remarquera qu'il n'a été question que dé visites faites par des inférieurs à leurs supérieurs. Les supérieurs, en effet, ne visitent pas leurs inférieurs; s'il leur arrive d'entrer chez eux, ils deviennent à l'instant les maîtres de la maison, et, au lieu d'être reçus, ils reçoivent leur hôte.
Le préliminaire obligé de toute visite est l'envoi d'une carte. Cette carte, pyen-tso, sur papier rouge, mei-xbh-tmu , est de divers modèles. Entre égaux, la première visite comporte le tsuen-tyé, ou tsuen-kyen-tyé, petit cahier de cinq pages doubles, sur le verso de la première desquelles est écrit en grands caractères le nom et les qualités du visiteur. Le kin-pyen, plus familier, porte seulement le nom en caractères assez grands. Sur le ta-pyen-tsô, les caractères sont plus grands encore; c'est la carte la moins respectueuse : aussi est-ce celle que les magistrats chinois envoient aux agents européens, qui ne manquent pas d'y voir une grande politesse. D'inférieur à supérieur, la carte usitée est le mao-pen, qui porte le nom en caractères extrêmement petits, et, pour une première visite, le li-li, sur lequel sont tracés en caractères semblables, non-seulement le nom, mais encore les divers titres, les emplois précédemment occupés, etc., de celui à qui appartient la carte.
La mention de ces circonstances, comme le port des insignes et du costume, sont des 'signes de respect : les princes chinois, les ministres, les gouverneurs, portent plus rarement les signes de leur dignité que les fonctionnaires subalternes. Le prince Kong a signé le traité en costume du matin, entouré de subalternes en grande tenue; les ambassadeurs européens étaient en grande tenue aussi. La signification de l'acte important qu'ils accomplissaient paraissait cependant s'opposer à ce que le plénipotentiaire chinois se permit des satisfactions d'amour-propre.
Les magistrats chinois ne sortent qu'accompagnés de cette suite nombreuse, inutile à ceux qui gouvernent des peuples libres par le prestige de leur vertu et de leur capacité. Cette suite varie naturellement d'après le grade. Celle d'un intendant, ou tao-tay, se compose ainsi :
Deux serviteurs portant des drapeaux bleus avec bordure rouge dentelée, sur lesquels on lit les caractères Tsin tao, c'est-à-dire : Débarrassez le chemin.
Deux individus tenant des Isa, ou ta-kin (ce que les Européens appellent des gongs), sur lesquels ils frappent sans cesse; ils portent sur l'épaule des drapeaux jaunes avec l'inscription noire Kin ks (Frappez le tambour).
Six individus portant des écriteaux rouges dits kwan-iiiyen-pan, sur deux desquels on lit, écrit en or, Tmin-min (Nommé par l'empereur). On lit sur les deux suivants le nom de la province, et, en ligne verticale, l'emploi du magistrat auquel ils appartiennent. Dans la gravure ci-jointe, cette légende est : Kyan-nan ; Sk ssh tai pin-peitao; c'est-à-dire : Province de Kyafi nan; intendant de Ss (Ss-tmes fs), ssh (ssh-
ECRITEAUX.