BARQUE DE PLAISANCE D UN MAGISTRAT
Le tchi-chyen de Cliang-haï.
Divers serviteurs, quelquefois un second parasol, el des hommes portant des encensoirs appelés ti-ls-myafi.
Avant ou après ces encensoirs et les parasols, un ou deux cavaliers à globule blanc ou doré, appelés, en raison de ces globules, tin-ma : ce sont des sous-officiers, vveiwey, ou des employés subalternes.
La chaise portée par quatre hommes, suivis souvent de quatre autres qui les relayent : on n'emploie huit porteurs que pour quelque cérémonie importante, après une victoire, etc.
A la hauteur des premiers porteurs marchent deux hommes à globule appelés fb-kyao-ti.
Après la chaise et fermant la marche, deux cavaliers sans globule, qualifiés de kôn-ma, parce qu'ils sont choisis parmi les kôn-pan, qui sont des serviteurs intimes et quelquefois des esclaves, comme dans d'autres parties de l'Asie les mamelouks.
Ces cortèges, qui s'annoncent par un bruit assourdissant et que le peuple évite comme si le contact de ses maîtres était impur et malsain, n'ont rien de noble, ni de grand. Ceux qui les forment sont impudents et malpropres; leurs chapeaux grotesques, leurs vestes bleues, jaunes ou rouges, tachées et déchirées, les font ressembler plus à une troupe de bohémiens qu'à une réunion de gens honnêtes, et il m'est impossible de croire que la majesté de la loi puisse gagner quelque chose à des mascarades de celte espèce. Il appartient aux gouvernements bas ou tombés de s'entourer de ces viles pompes ; la gloire des autres est de mépriser le clinquant, et de ne pas imposer au peuple l'ignoble parasitisme d'une bohème de cour ou d'une bohème de prétoire.