‹ Mémoires sur la ChineChapitre 171 sur 220 · LE 111 Y EN · texte numérisé non relu

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mcnts dans ses murs. Les Européens qui n'ont pas saisi ces détails ont été souvent très -embarrassés par des noms de lieux qu'ils ne pouvaient trouver sur les cartes. et par les appellations diverses données à une même ville ou plutôt à ses divisions.

Le tmi-myen, ou sous-préfet, est l'agent le plus actif de l'administration chinoise : il instruit le premier les affaires criminelles et transmet au nfian-ma-ssô, ou grand juge criminel, le résultat de son information ou instruction, en même temps qu'il lui envoie les accusés; il veille à la perception des impôts dont il fixe lui-même la quotité, et fait passer au trésorier de la province la partie des sommes versées qui est due au gouvernement central.

Il arrive souvent que les sous-préfets auxquels un avancement est accordé préfèrent conserver leur poste. L'on voit ainsi des sous-préfets porter les globules de la sixième ou même de la cinquième classe, c'est-à-dire le bouton blanc ou le bouton de cristal : ils ont, comme je l'ai dit plus haut, alors droit au parasol rouge, tandis que le bouton de cuivre ne les autorise à user que du parasol bleu.

Le iiiyen, ou arrondissement, se divise théoriquement, suivant les provinces, en quatre ou buit rayan ou districts, que l'on appelle district du nord, du sud, etc.

L'arrondissement se divise en pao ou communes, dont le nombre varie d'ordinaire entre cinquante et soixante-dix. On donne le même nom de pao aux différents quartiers d'une ville. A Chang-hai, toutefois, ces quartiers s'appellent te, et on peut dire, en général, que les diverses dénominations dont se compose la nomenclature administrative ou politique varient d'une province à l'autre, quelquefois plus encore, et qu'il faut en conséquence, autant que possible, s'attacher aux expressions officielles. C'est ainsi que j'ai trouvé souvent dans des livres sur la Chine, ou entendu surgir dans la conversation, des appellations que je ne comprenais pas, mais qui, lorsqu'elles m'étaient expliquées, ne me représentaient que des choses connues déjà de moi sous d'autres noms.

Le sous-préfet est représenté, dans chaque pao, par un pao-tuian, appelé aussi pao-tmen, ti-pao et syao-kya. Cet agent n'est pas un kwan et ne reçoit point de solde proprement dite, mais il y a lieu de croire que ses fonctions sont assez lucratives : il n'appartient pas, en général, à la partie la plus distinguée de la population; il est assisté par des kya-tuian, dont le nombre est égal à celui des maires.

Les maires peuvent, lorsque la commune est très-vaste et compte plusieurs tsun. ou villages, être au nombre de deux ou de trois; ils portent le titre de mo-tman et sont assistés par un ino-fb, ou adjoint, et un lb-mo, ou secrétaire.

Ces trois fonctionnaires municipaux sont choisis par des gens du lieu ; ce n'est pas, à proprement parler, une élection, car il n'y a point de vote : les habitants sont

ÎO ADMINISTRATION.

invités par des affiches, émanées de l'un d'entre eux, à se réunir tel jour et à tel moment de la journée dans tel temple, pour y procéder au choix d'un ou de plusieurs fonctionnaires municipaux. Bien que tout le monde ait le droit de prendre part à celte réunion, le bas peuple, moins intéressé à ses résultats, s'y transporte rarement. Tout est discuté entre un petit nombre de notables, ou pour mieux dire de gens un peu plus à leur aise que les autres, qui tombent assez facilement d'accord sur un choix d'ailleurs assez peu important pour n'avoir pas besoin de scrutin.

Cette élection s'appelle kbh-kyu ; l'élu est ordinairement un homme riche et considéré ; les fonctions qui lui sont confiées sont gratuites et quelquefois onéreuses : il ne saurait guère, toutefois, se refuser à accéder au désir de ses compatriotes. J'ai dit que le choix du maire était peu important. Le maire, en effet, n'est nullement un personnage officiel ; il n'est point reconnu par le gouvernement, n'entretient point de rapports avec le sous-préfet, et n'est qu'une sorte d'agent officieux de la population auprès du commissaire de police.

Le commissaire de police tient le sous-préfet au courant de tout ce qui se passe ; il opère l'arrestation des coupables. En théorie, il doit être assisté par le maire, faire le dénombrement des hommes de quinze à soixante ans, tenir compte des absents, surveiller les étrangers.

Aucun édifice particulier n'est consacré soit aux travaux de la mairie , soit au commissariat de police. Chaque commune possède une petite chapelle (ou oratoire) qui n'est confiée à la garde d'aucun prêtre, et qui renferme le dieu de la terre ou de la localité. Cette chapelle est nommée UIô myao; l'idole locale qu'elle renferme est appelée IIIo ps-sa. Les plus petits villages ont aussi leur oratoire et leur dieu, sans prêtres : on appelle ces oratoires et ces dieux Ts-ti myao et Ts-ti ps-sa.

Dans chaque grande ville, il existe un nombre assez considérable d'étrangers, ou plutôt de gens appartenant à d'autres provinces. Ils sont rarement groupés dans le même quartier ; mais ils sont réunis en corps de nation par la possession d'une ou plusieurs pagodes, ordinairement sans prêtres, mais pourvues de gardiens, et dans lesquelles on dépose les cercueils, qui souvent doivent être envoyés au loin : c'est ainsi qu'il y a à Chang-hai des pagodes de Nih-po, du lllan-tb-h, de Canton, du Tmô-kyan, du Nhan-xwey, de Nankin. Elles portent d'autres noms que celles des provinces ou des villes dont les natifs les ont fait élever; ainsi, celle de Nankin s'appelle Syen-Wb'h-tyen ; celle de Nnan-xwey, Wen-kbh-tso ; celle de Nin-po, Ssonfifi-kbïi-sb'wo, etc.

C'est dans ces pagodes que les étrangers se réunissent pour choisir un tbh-sso, ou homme entendant les affaires, qu'on peut regarder comme l'agent ou le consul officieux de leur nation.

LES SYNDICS. il

Les gens du IUan-tsn ont, en 1860, à Chang-hai, offert cet emploi à un homme du Tuii-li, les deux provinces de IHan-tsfi, et de Tuii-li pouvant, à certains points de vue, être regardées dans le Kyah-nan comme n'en faisant qu'une, bien qu'elles aient des gouvernements distincts

Les natifs d'une ville se choisissent aussi quelquefois des tsn-ssô, qui deviennent leurs intermédiaires officieux auprès de l'autorité. Rien, en effet, n'embarrasse plus un Chinois du commun, et même au-dessus du commun, que d'entrer en rapport ou de traiter une affaire avec un magistrat : les pauvres n'y parviendraient pas facilement ou seraient malmenés; les riches n'aiment pas à se mettre à genoux, et l'on peut dire en général qu'une des choses que redoute le plus un Chinois, c'est la vue de ceux qui le gouvernent.

Les tb-h-ssô, étant en quelque sorte des agents d'affaires, sont payés par ceux qui les emploient, et payent les magistrats. Les corps de métiers, les fs-tsô, ou gens de peine, les ouvriers, ont souvent des tsn-ssq, qualifiés de tao-nao, ou cerveaux de la tête ; ceux des marchands s'appellent quelquefois t«n-mô. Les bateliers de Chang-hai en ont un nommé tuiuen-xan ; il vend des licences pour les barques et partage avec le sous-préfet. Les syndics de cette espèce sont habituellement désignés par le gouvernement; sur le sol des concessions européennes, ils le sont, au contraire, toujours par l'élection.

Il n'y a dans les cantons et dans les arrondissements ni agents de police sérieux, ni militaires représentant nos gendarmes. C'est à Pékin seulement qu'il en existe. Il est vrai que la ville en est pleine, et que de demi-li en demi-li, c'est-à-dire de 300 mètres en 300 mètres, on rencontre une sorte de corps de garde appelé tb-weitsô, dans lequel se tiennent deux hommes. Ces agents sont appelés simplement pin (soldats). Depuis qu'une partie de la Chine est en rébellion armée, on leur a donné des armes, c'est-à-dire une mauvaise pique et un mauvais sabre ; ils portent le costume militaire, mais sans le plastron écrit appelé xao-yi.

Les gens inculpés de crimes ou de délits sont amenés au commissaire de police par les habitants, ou arrêtés par lui avec l'aide de ces mêmes habitants. Le souspréfet est alors informé.

S'il s'agit d'un meurtre, il envoie un kwai-pan, ou agent rapide, qui recueille l'information et amène le coupable. Le sous -préfet examine l'affaire et obtient des aveux au moyen de la torture, s'il juge à propos de la faire appliquer. Les procédés employés pour faire parler les accusés sont variables dans chaque province et dans chaque arrondissement. Les plus ordinaires sont les coups de bâton gros ou mince, ou plutôt des extrémités grosse ou mince d'un bâton : cela s'appelle tuian et tmu ;

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