REDUCTION TRES-FIDELE D UN TABLEAU CHINOIS SUR SOIE
les autres ; il n'y en a pas de meilleur pour des soldats qui doivent coucher vêtus. On avait cependant imaginé de les remplacer, clans quelques maisons de Tyen-tsin, par des lits de camp où les hommes étaient glacés. Les habitudes acquises dominent trop souvent ainsi ceux qui commandent: d'aveugles préjugés viennent s'y joindre : c'est ainsi que Ton représentait comme insalubres et qu'à défaut de vin on ne distribuait point aux soldats les eaux-de-vie chinoises, peu agréables peut-être, mais assurément salubres, puisque des centaines de millions d'hommes en boivent sans inconvénient depuis des siècles. L'une des premières recommandations à faire à tous les officiers qui en pays étranger commandent des troupes devrait être d'observer avec soin la manière de vivre des habitants, afin d'y puiser constamment des leçons.
Les appareils de chauffage sont tantôt de grands et hauts braseros de cuivre, pareils à ceux qu'on voit en Espagne et en Orient , et qu'on alimente avec du charbon de bois ; tantôt des poêles mobiles de cuivre ou de faïence, ces derniers cylindriques, ceux de cuivre habituellement de forme sphérique, soutenus sur trois ou quatre pieds et couronnés d'une sorte de plateau carré percé d'une petite ouverture : c'est par cette ouverture qu'on y introduit des boules faites d'anthracite menu, mouillé et façonné comme un mortier, puis séché au soleil. Ces houles brûlant sans fumée, il n'y a pas besoin de recourir à un tuyau. Ni ce système, ni les braseros, ne présentent les inconvénients qu'une science de cabinet pleine de préjugés veut y voir : il faut seulement que le brasero soit allumé au grand air et qu'on ne l'introduise dans les pièces habitées que lorsque tout le charbon est incandescent ; si l'on a négligé cette précaution, et que l'acide carbonique paraisse en excès, on perce avec le doigt le papier d'une fenêtre ou l'on ouvre une petite vitre. Les maisons ferment si mal, en Turquie, que cette précaution n'y serait pas même nécessaire. Les cheminées auxquelles on se brûle sont assurément plus dangereuses que le brasero, expérimenté par assez de peuples et assez de temps. La seule objection qu'on y puisse faire, et c'est la plus grave de toutes, est qu'il chauffe assez mal. Le poêle chinois, comme tous les poêles, chauffe au contraire très-bien et sa forme est bien entendue.
Les plafonds sont souvent ornés de lanternes peintes ou de lanternes de corne admirablement divisée et réunie avec un grand art. Les chandeliers de cuivre ou d'argent sont travaillés avec goût.
Les coffres qui renferment les effets, souvent superposés et s'ouvrant de côté, comme des buffets, forment de grandes et belles armoires à fermoirs de cuivre poli : des casiers tourmentés contiennent divers petits objets, des jardinières, des vases, des tabatières en forme de flacon où le tabac se puise à l'aide d'une spatule adhérente au bouchon, des js-i, des colliers, des éventails, des chasse-mouches, des brûle-parfums, des statuettes, des encriers, des compteurs, des livres, enfin, divisés en minces cahiers