DÉTERMINATION EXPLICATIVE
particules numérales qui répoiideul à nos mots ««<; pièce, une feuille, une trie, etc. Des particules de ce genre prennent en souahéli la forme de véritables articles. En cliinois, les verbes ou les mots employés avec un sens verbal sont souvent précédés d'un autre verbe qui aide à en lixer le sens, le verbe ta, frapper, par exemple : on dit la ichang, frapper les armes ou frapper le comliat. comme en anglais lo fight; cl il est à croire que l'anglais lo, lallemand cm, et le séchuana go qui précède de même des verbes à rinflnitif. ont dû posséder autrefois une valeur verbale propic. Il csl ililllcile d'indi(iuer exactement le sens du petit mot (|ui marque en chinois le génitif, ladjectif, le participe, le pronom possessif, qu'on peut regarder avec les Chinois el d'autres peuples comme autant de génitifs ou de déterminatifs de genre, ilallrihut. de lien, entre les objets considérés (1). On ne serait pas plus heureux avec le signe pluriel mon, qui, comme d'autres signes en mantchou. est usité seulement après des mots désignant des classes d'hommes, des professimis. etc. Lar, en turc, n'a pas plus de sens: mais il est supprimé dès qu'il y a un nombre défini, ce qui semble lui atlrilmer la valeur d'un adverbe de quantité. Enlin, en australien, les mots mun ci guira, signes du pluriel, et dérivés de munda, ensemble, et de garro, encore, peuvent nous éclairer sur le sens primitif du mot chinois mon, (pii ne peut avoir avec l'australien mun qu'une ressemblance fortuite, mais(|ni a di'i, cumme lui. élre d'abord ini lernie cullectif ou un adverbe de quantité.
Bien qu'on puisse concevoir une langue sans pronoms, on est obligé de reconnaître •que l'usage des pronoms est très-général, et l'on doit voir en eux la source d'une grande partie de nos déterminatifs. En anglais, par ('\emi)le. he goal et she goal, bouc •et chèvre, sont un masculin et un féminin fournis par les pronoms. Le génitif, en anglais, en turc et dans d'autres langues, dérive du pronom possessif : \'s qui l'exprime en anglais représente his, qui, contrairement à l'opinion de Johnson, a pu. en •ce cas, être usité pour his, lier et ils, et l'est peut-être encore dans quelque dialecte. Nos articles le, la, les, ont pour origine les pronoms illc, iUa; les articles grecs et germaniques s'expliquent aussi par les pronoms. L'article arabe échappait à cette expli- ■cation et m'a longtemps embarrassé : c'est le séchuana qui m'a aidé à en comprendre l'origine en éclairant à la fois le commencement de l'article et du pronom. En séchuana, en effet, il y a un article qui n'est autre chose que la répétition de la première syllabe du substantif auijuel il s'applique : on le prépose à l'adjectif qui qualifie ce substantif, comme on y ajoute, dans d'autres idiomes, les terminaisons casuelles du sul)stantif. Représentant le substantif, il constitue une sorte de pronom spécial de la troisième personne. Je crois que l'article arabe s'est formé de même en
(1) Nous disons nous-mêmes un /iomme d'euprit.