‹ Mémoires sur la Chine. Série complémentaireChapitre 27 sur 31 · Â.-^JE · texte numérisé non relu

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TÉLÉtiU AIMIIE CHINOISE. 75

■et jo doute que ce système puisse rendre exactement au delà d'un \k'[\[ nombre de ■caractères.

J'ai dressé un tableau des clefs et des phonétiques accompagnées de leur traduction signalétique. Ce tableau commence, comme les pages des livres chinois, par la droite, •ot les signaux se lisent de même. Ceux écrits verticalement en haut, en raison du manque de place, doivent être considérés comme dans le môme sens (jue les autres ■et conmie commençant par le haut. Les quaranle-lmit premiers caractères ont pour signal celui qui se trouve sur la même ligne qu'eux à leur droite, les vingt-quatre ■<le la première colonne étant des clefs, et les vingt-quatre de la seconde des phonétiques qui se distingueront par le procédé indiiiué plus haut.

Tout aulri' caractère a pour signal les signaux de sa ligne cl de sa colonne, réunis ■dt' façon h former un seul signal non inlciKuiipu.

Ainsi les trois caractères suivants, dont le premier est une phonétique, le second «n composé et le troisième une clef, se transcrironi : le premier en deux signaux.

ilnnl l'un indique que c'est une phnni'lique. et dont Tautre répond sur une des lignes du tableau à cette phonétique; le second en trois signaux, à savoir, celui des caractères composés, celui de la clef employée et celui de la phonétique employée, formé il'un signal de ligne et d'un signal de colonne réunis; le troisième, enfin, en deux signaux, à savoir, celui des clefs et celui qui répond à cette clef.

Si je disposais de trois ou iiualiv éléments, au lieu de deux, j'arriverais à des signaux plus brefs. Avec (piatre éléments je pourrais, de plus, me dispenser d'écrire les signaux sur le tableau : les caractères seraient alors groupés en carrés de 4. 10, dï, 256 et 1 024 caractères. Les quatre signaux élémentaires représenteraient quatre ■divisions du carré de quatre caractères, et les quatre divisions successives de tous les •carrés quadruples. Ainsi les caractères d'un groupe de 4 seraient définis par les signaux 1, 2, 3 et 4, et ceux d'un groupe de 6i par les mêmes signaux répétés trois fois, à savoir, pour marquer la situation d'un groupe de 16 dans le groupe de 64, la situation d'un groupe de 4 dans celui de 16 et celle d'un caractère entre quatre autres.

J'ai publié en 1862 un tableau conçu d'après ces principes, dans un travail écrit

7G SIGNALÉTIQUE

011 anglais et en français, el intitulé : Uc la transmission k'h'graphique et de la transcription littérale des caractères chinois.

La reclierclie de l'application de la télégraphie à la langue chinoise m'a amené à étudier son application à toutes les langues.

La télégraphie est un langage non direct comme la parole, non permanent comme récriture, mais un langage affranchi de l'espace et du temps : c'est comme le parler lointain des nations. Sous diverses formes, elle est très-ancienne. Sa langue a d'abord été très-pauvre et très-synthétique : un feu sur une montagne annonçait l'approche de l'ennemi ; deux feux, sa retraite ; etc. Les signaux des marins représentent presciue tous des phrases dont le nombre est limité, ce qui embarrasse souvent ceux qui en font , usage. Comme, de plus, le vocabulaire de ces phrases se trouve rangé pour chaque nation d'après leur ordre alphabétique dans la langue de cette nation, qui ne saurait être celui des autres langues, les codes de signaux n'ont, malgré leur titre habituel, rien d'international : on en compte un nombre très-grand, et il n'en existe pas un que tous les marins entendent. Chappe, inventeur de notre ancien télégraphe, avait inventé trois répertoires de phrases, de mots et de syllabes. Volumineux et d'un emploi difficile, ils ne permettaient pas de rendre avec exactitude les dépêches. Pour exprimer, en effet, tous les mots et formes de mots de notre langue ou de la plupart des autres, il eût fallu plus de i 500000 signaux. Nos conjugaisons seules fournissent 900000 formes; et l'on comprend, d'autre part, qu'il ne suffit pas de conjuguer le verbe cire et le verbe avoir pour rendre toutes les communications des gouvernements et des particuliers.

La défaveur dans laquelle étaient tombés des répertoires grossiers amena l'adoption par la télégraphie moderne d'un système de transcription purement alphabéli(iue. ce qui otait aux signaux la valeur internationale dont on pouvait tirer parti.

La solution du problème était cependant bien simple : il suffisait de séparer l'expression des idées principales, verbes, substantifs, adjectifs, etc., de celle des idées accessoires de temps, de nombre, de personne, de genre, etc., et d'assigner des signaux non-seulement aux mots, mais encore aux notions grammaticales qui les complètent. Avec des signaux pour les verbes, et d'autres signaux isolés pour le présent, le passé, le futur, etc., on peut conjuguer tous les verbes de toutes les langues.

La conversation et la correspondance se contentent habituellement d'un vocabulaire de trois à quatre mille mots : la Bible n'en compte que 5642 différents; Milton en a 8000, et Shakspeare 15000 environ. La télégraphie n'est pas la poésie, mais elle aborde des sujets spéciaux. Elle doit employer d'ordinaire deux mille et quelques cents mots, et les dépêches spéciales lui imposent un certain nombre de vocabulaires

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