CHAPITRE IV
de Paris contre la souveraineté du peuplé dans la personne de s& représentans. Plusieurs mots a^-*parav^nt la.gironde avait déjà appelé aux dëpartemensdes menaces et des violences de cette epminun^. Lés départemens avaient répondu à cet appel pat* de$ adresses; ensuite ils prirent des résolutions improbatives du 3i mai, et se préparèrent a les soutenir par la force. Quelques •* uns des députés qni sVtaient sauvés excitaient , contre la capitale, une indignation qui n^^était que trop bien fondée. Il ne s^agîssait de riçn moins que de réunir à Bourges des députés des départemens, d'organiser une armée départementale et de mar*cher sur Paris.
Dans le département de la Vienne , la> plupart de m^s amis, mes parens, mon père même, des patriotes éprouvés , composaient Jes admimstra^r Uons et là société populaire. Ils éclatèrent, et dans lenr premier mouvement ils délibérèrent d^envoyer des députes à Bourges. Je n^étais point alors à Poitiers;; j ^ accourus , miis trop tard, la résolution ét^il déjà prise,. Représentant du peuple , en mis^ sîpo dans mott département, je ne pouvais jus tî* fier le 3i mai, je me sentais vivement blessé par Q?t attentat. Cotnme membre delà Convention, il m^étail; impossible d^approuver une insurrection contre elle ; outre le devoir qui m^enchainait à soii sort, je pressentais que cette levée de bouclier perdrait les hommes généreux qui la faisaient* Cependant , au lieu d'^usar d^autorité , je négociai arec
Tadininistration départementale, elle se rendit à mes motife et révoqua sa délibération.
Mais le 3i mai avait donné naissance à cette faction du fédéralisme qui servit de prétexte pour conduire à Téchafaud les plus purs défenseurs de la liberté. Avait-il existé un projet dMtablir en France un gouvernement fédératif ? On ne pouvait Tavouer , lorsqu^on en faisait un crime. Depuis , je ne sache pas que personne en ait réclamé l'honneur. Cependant on ne peut se dissimuler que de fait les actes et les discours tendaient au fédéralisme. On avail ouvertement menacé Paris de transférer dans une autre ville le siège de la représentation nationale; et il est probable que, si Toi^ eût réussi à réunir à Bourges des commissaires des départemens , on ne s^en serait pas tenu à cette translation. Il se fût formé une seconde GonvenUon nationale. Alors il en eût résulté plus que le fédéralisme, et Ton eût vu Pexistence de deux représentations ennemies , la division de toute la France et une gùenre civile générale qui eût atteint jusqu'à Farmée. Elle eût pu , pour un instant, embarrasser la Convention et favoriser les armes étrangères ; mais Tissue de cette latte i^'eût pas été douteuse. Le peuple était déchaîné, rien n'eût résisté à son irruption , et la terreur n^en eût que plus sûrement moissonné après la victoire tout ce qui eût échappé aux combats.
Si les girondins n'étaient pas fédéralistes par principe , ils Tétaient par ambition , par amour-^