OUVERTURE DB LA CONYSIUTION NATIONALE
JNe le 2&3 mars 1765, j^a vais vingt-quatre ans et je venais d^étre reçu avocat à Poitiers, lorsque les états-généraux s^assemblèrent. Mon père j fut député par le tiers^état de sa province ; je Faccompa^ gnai à Versailles et j^ commençai mon éducation politique. Témoin des premiers travaux de FAssemblée nationale et des premières scènes de la révolution , j^en embrassai les principes avec chaleur et enthousiasme. Je retournai à Poitiers après les fameuses journées des 5 et 6 octobre, et je devins, avec quelques amis de mon âge , le fonda-^ teur d^un club patriotique qui alluma et entretint parmi nos concitoyens le feu sacré de la liberté.
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Dès que j^eus atteint Page prescrit pour exercer les droits politiques (vingt-cinq ans), je fus appelé ^ par le choix du peuple, aux fonctions municipales (i). Je les exerçais encore , lorsque l'Assemblée législative décréta le ii août 1792 la convocation d^une Convention nationale. J^y fus nommé député par les électeurs de mon département (la Vienne). Je nVtais pmnt préparé à cette nomination , je n^ avais pas pensé.
La guerre avait été déclarée à FAutriche. Le 10 août avait renversé le trône. L'Assemblée législative avait suspendu le roi de ses fonctions. La famille royale ^tait prisonnière au Temple. Je partis pour Paris , persuadé, dans la candeur de mon ame , que , ^ans Tespace -de six mois au plus , la Convention nationale aurait prononcé sur le sort du roi , fait à la constitution les modifications qu'exigeaient les besoinis du; temps , et , qu'après avoir donné à la France au nfioins la paix intérieure , 1^ ^déjMJtés reviendraient dans leurs départemens ret*ueillir: les bénédictions de leurs concitoyens.
La Convention décréta^ dans sa pp€rmière séance et à l'unanimité , l'abo|ition de la royauté et l'établissement de la, république. C'était une chose convenue d'avance et qui fut généralement ap-
{1) Sabstîtut du procureur de la commline y et ensuite proeureur de l$i eommune.