CHAPITRE VU. J
le mal el la destruction. Lç comité avait la surveil lance de tous les établissemens scientifiques et de rinstrucUon , des collections et dépôts. Nos occtn pations n^avaient point d^amertume , nous n^avions affaire qu^à des livres , des tableaux , des statues i des hommes de lettres , des artistes et des savans* Nous étions journellement en rapport avec des hommes du premier mérite, tels que Daubenfon, Lagrange, Monge, Prony , Corvisart, Qernardin de Saint-Pierre , etc. Les uns , par patriotisme , les autres, pour éviter la proscription, tous par amoiir des sciences et des arts, nous apportaient le tribut de leur zèle et de leurs lumières.
Nous étions bien assaillis aussi par une tourbe de gens qui croyaient suppléer à la médiocrité de leurs talenspar la chaleur de leur patriotisme; mfii^ nous ne nous laissions point imposer pajr leurs clameiu^. Par exemple » un citoyen D.*. , dÂreeteur des arts à Berguea t avait apporté à, Paris un très^ maudis tableau de sa pomposîtion, r^présenta^U la bataille d^HoQd30oote , et demandait à étre.cb^iTgé de suivre les armées pour peindre le^ bataillcis. Cétait tout simpkiqent une spéculation Qnancîère* Sa demande fut renvoyée au comité d^instruc|ÎQi| publique ; je fus chargé d^en faire Iç rapport; Je nVpia^gisai PA3 ^ médiocrité de Fartiste, quoiqujî} Tei^t imsfi 9^i l^. pro^qtion de son républiqaroisme ; et, qi^^^nt à. son projet, je le çomha^ttis^ p^ les cQnfîiJi4y^i\m$^sini\axït&^f q^â c^éteirmimèr^nt la Couvefftion à le rejeter : .
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(( Ce serait se faire une bien petite idée de la plus étonnante des révolutions , qtie de croire qu'ail appartient à la peinture d'en perpétuer le souvenir. L'existence de la patrie , celte nouvelle république fondée , la face de la France changée par la puissance du peuple et par vos lois ; les champs de bataille , les fleures ^ les mers , teints du sang de vos ennemis , tous ces lieux témoins de nos exploits } voilà les modnmens de notre gloire ! Malheur à nous si la mémoire s'en perd dans la postérité ! C'est que nous aurons perdu notre énergie , «vili nos triomphés et dégradé nos travaux. Oroiton qu'alors de frivoles peintures feraient revivre ce que nous aurions éteint nous-mêmes par nos propres fautes ?-Entretenons nos armées , honorons leurs victoires en les utilisant ; consolidons la république par de bonnes lois et de bonnes mœurs. » • L'école des sourds et muets était dirigée par Fabbé Sicard, originaire de Bordeaux : au fond, ennemi de la révolution , mais , courtisan adroit , il savait se plier aux circonstances. On lui reprochait aussi d'hêtre très-intéressé , un peu charlatan , et de briller d'un éclat emprunté au génie modeste de l'abbé de l'Epée , son prédécesseur et son maître. L'abbé Sicard eut beaucoup de peine à se sauver de la terreur. Il ne dut son sàlut qu'à plusieurs membres du comité , qui ne le trouvaient pas bien dangereux comme persoQnage politique; et surtout à Fimpôssibilité où Ton croyait être alors de le remplacer. Il est assez singulier que cette con-
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sidération pût remporter sur la raison d^état de ce temps-là , à laquelle on avait sacrifié des hommes aussi précieux, et des établissemens non moins utiles. Mais celui des sourds et muets était populaire et en faveur, sans doute parce qu^il avait pour objet de faire participer par Fart , aux dons communs et les plus nécessaires de la pâture , des êtres malhenreux à qui elle les avait refusés.
Le Jardin des Plantes était sous la direction du vieux Daubenton qui avait Taspect et la bonho-* mie d^un patriarche. Les frères Thouin y soignaient la culture comme de simples jardiniers : Tainé réu* nissait la science à la pratique ; cVtait comme une famille de bons laboureurs. Jussieu, Lamarck, Fourcroj j étaient chargés des diverses branches de renseignement. Malgré la pénurie des financés , Tordre et la régularité ne cessaient de régner dans toutes les parties de ce superbe établissement. Les agitations révolutionnaires semblaient s^arréter à sa porte, elles n^ ralentirent point le zèle, elles n^ troublèrent point la bonne intelligence. Fourcroj était le patron du Jardin des Plantes , d^autres ont dit le tyran., Des faits notoires confondent ici la calomnie.
La Convention avait ordonne' la rédaction d'un Recueil des actions héroïques et cÀ^iques des répu^ blicains français , pour être envoyé aux municipalités , aux sociétés populaires, aux écqles, aux armées, et être lu publiquement le décadi. Il paraissait par numéros. Léonard Bourdon en avait
déjà rédigé quatre. On n'en fut pa$ content , et Ton m^en confia la rédaction. Ce recueil fut abandonné après le 9 thermidor,
La Convention avait établi des instituteurs sur tous les vaisseaux de vingt cancHis et au-dessus. Elle avait ordonné qu^il serait fait qne édition spign^e de la déclaration des droits de Thomme, et de la constitution , auxquelles seraient ajoutées des notes explicatives et simples, et des traits historiques choisis de préférence parmi lea actions des défenseurs de la liberté. Trois hpmmes de lettres en avaient été chargés; un mois s^était écoulé, et ils n^avaient encore fait qu^un discours préliminaire. Le comité me confia ce travail, je le terminai daps quelques jours. C^était upe . espèce d^instruction : elle contenait un abrégé rapide de Thistoire de la marine djiez les diSerens peuples , un tableau to— pographique des ressources maritimes de la France^ une analyse des anciennes lois, vu exppsé des principes sur lesquels devait être fondée la mariue d^nn peuple libre , des connatssanoes nécessaires aux marins, et des actions éclatanti^ des plu^ grands hommes de mer de tous les payii et de tous les temps. Ce travail fut approuvé par tes deux comités réunis d^iiidtruclion publique et de salut publie, et adopté p»T la Canvention qu^ en décréta Timpression^ et Tenvoi aux armées ^[lavales et dani» tcNos les ports.
Les comitâ dlimtimetion publique et d^aliéna*tion propcsèreBi à Ja Coi^tentiii^n Vétahlissemei^t