THOMAS PAYNE. COMITE D^INSTRUCTION PUBLIQUE
SES travaux; SCIENCES ET ARTS; MUSEES.
Si d'un côté les complices de Robespierre s'efforçaient de comprimer encore Félan de la nation j de Tautre la majorité de la Convention et Topinion publique luttaient avec .force contre eux. L'impulsion était donnée, aucune puissance ne pouvait plus arrêter le mouvement. De toutes les parties de . la France une voix terrible demandait la fin de l'oppression et la punition des op-
(1) Elle en a en effet pris la plus grande partie; avec le temps quelques membres épars suivront le sort du corps.
pre^seufs. Tallien et Fr^ron se mirent à la tête d*uïï parti qui s^appela thermidorien, si Ton peut appeler parti toute une nation. On renouvela les comités de salut public et de sûreté générale, on rappela les représentais du peuple en mission^ on en envoya de nouveaux , on changea la plus grande partie des fonctionnaires publics. Enfin , le parti vainqueur, pour prendre les places , en chassa les vaincus. On nommait cela une épuration. Pour cette fois du moins elle était nécessaire , Tautorité était dans des mains incapables et qui Pavaient souillée; enfin le 9 thermidor était une véritable révolution. Mais combien d^épurations dans la suite ne furent qu^un tribut payé au triomphe d^une faction, à ses passions €t à son avidité! Dans cette extrême mobilité des emplois , les citoyens apprirent à la vérité à ne pas les regarder comme une propriété, mais ils apprirent aussi cet art perfide, si perfectionné depuis, de se dénoncer les uns les autres pour se supplanter , cet art non moins funeste pour les mœurs de changer du noir au blanc, de sacrifier à leur intérêt et à Topinion factice du moment le bien public et leur conscience*
Je publiai VHistùire du Terrorisme dans le de^ partement de là Vienne (1). Outre ce qui m^était
(1} Il ne m*en est pas resté un seul e^cemplaîre , ainsi que de mes autres écrits ou discours. J*ai puisé dans le Moniteur ce que j'en cite.
CMAFITRB X. I05.
p^-60iiDeI ainsi qu^à ma famille, cet écrilcoiiteDaijl un, tableau général des excès de la terreur, ap^ pujé de pièces authentiques. Mon but en le pu* bliant fut de compléter, dans mon département, la révolution du g thermidor, dVlever un monu-^ ment à la mémoire de mes amis et deflétrir leurs bourreaux.
Après avoir changé les hommes, il restait à changer les choses. Cette révolution était plua dif* ficile. Outre les terroristes qui y résistaient de toutes leurs forces, il j avait, comme je Tai déjà dit, dans la Convention des hommes qui pensaient de bonne foi qu^il serait dangereux de détendre le ressort , et qu'il était nécessaire , pour fonder plus sûrement la république, de continuer le gouvernement révolutionnaire jusqu^à la paix. Ils croyaient que Tarbitraire nVlalt pas .une mauvaise chose dans de bonnes mains. Je n^étais pas de cet avis, et sans vouloir tout renverser violemment il me sem^blait que Ton devait successivement rapporter les lois oppressives , en fiiire de plus favorables à la^ sûreté personnelle en attendant qu^oa eât établi un régime constitutionnel.
Parmi les lois existantes , une des plufr funestes sans doute était celle du 17 septembre €79^ sur les suspects. Les trois comités de salut public , de sù^ reté générale et de législation , présentèrent un projet de décret ( a6 vendémiaire an III ) qui dé-» fendait toute affiliation entre les sociétés popor^' laires, toute pétition en nom collectif, et qui por-«
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tail que tout contrevenant serait traité comme sus^ pect. '
Ainsi , deux mois et demi après le 9 thermidor , on appli(|uait encore le code des suspects. QçXle.: proposition me souleva , et en défendant les sociétés populaires contenues dans^de justes limites, je dis : c( Le mal est dans la latitude que Ton a donnée au gouvernement révolutionnaire. Pour neutraliser Tinfluence des sociétés populaires , il s^agit Bien moins de les empêcher de correspondre entre elles, que de réviser la loi du 17 septembre. Il importe de bien déterminer ce qu'il fout entendre par ^a^pects. Vous n'aurez rien fait tant qu'un homme ne sera pas à l'abri d'un autre homme. J'aime, mieux dépendre d'une loi que du caprice de l'hommie le plus juste. »
La loi du maximum prolongeait la disette des subsistances. Je l'attaquai un des premiers, le i3 frimaire ; et le 17 , après un discours prononcé par Ëchasseriaux sur l'état de langueur où étaient l'agricuiture^^et le commerce : je dis : « Le commerce et l'industrie sont dans un tel état qu'il est biea moins question de leur créer, des appuis que de détruire tout ce qui les contrarie. En vain vous établirez des commissions et vous les composerez des hommes les plus habiles, tout cela ne vaudra pas la liberté. On n'a point encore abordé la seule , la véritable question, celle de savoir si la loi du muximum doit subsister. Je la regarde comme désastreuse et la source des plus grands malheurs* Elle