‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 39 sur 110 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

qui avaieut.une meilleure idée de leurs produotioDs, demandaient, qu^on les jiigeât La Convention , sur mon . rapport , décréta rétablissement d^un* jury, ry annonçais un travail plus étendu dont le/ comité . s^occupait pour donner des encourage^, mens aux.arts. «• Cette dette, y disais-je, est de^ puis longr-temps arriérée ; on a beaucoup parlé des! arts, mais on n^a encore rien. fait pour eux. La médiocrité audacieuse et jalouse a profité des cir^ constances pour comprimer le talent modeste. Il faut que la patrie, délivrée de 9es modernes oppresseurs, relève le courage des artistes recom-^ mandables parleurs travaux, qu^elle leur accorde à tous la même protection , qu^elle appelle tous les peintres à ressaisir leurs pincealix , pour retracer , dVpe. manière digue dû peuple , les. époques glorieuses de la révolujtîpxi t et Jeur assure que leiirs talens ne seront plus pour eux une cause de proscripr-. tion , mais un titre à la reconnaissance nationale. » ; Heureusement .ces concours ne produisirent rien/ La. même e;c9gérati0.n.qui. régnait dans les esprits, 4ans les actions, dajqs. le style et jysque.dânslelant^ g9ge,.sVtait emparée des artistes. La plupart de cèiix queTon fais.ait travailler,' à force de tendre, au granit dipse, tombaient, dans un gigantesque bji^rrie. ^Lp sculpture, la peinture, rarchiteclure, pournèpas êàtù accusée^ d'aristocratie,, se faisaient sans - culottes; j on outrageait, les premières règles de Fart e» pa-^ raissant s'attachera la nature* D'ailleurs, tous ces projets de monument. n'étaient que des représcn-^

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taiioiis abstraites , ati des trophées ëleVés par ïe$ faotions k leurs tictoires éphémères et à des épo^ quel que la politique aurait plutôt cavnmandé de couvrir d\in roite. Que signifiait uue statue de la nature régénérée ? Qui pouvait méconnaître dans \e fédéralisme renversé la Gironde et lant d^amia dé la liberté expirant sur Féchafaud ou dans les hor»* refirf de Finhoi^pitalité , sur le sol même de leUi^ patrie? Il uY avait dans toiis ces projeta dVmfnemnient conforme ait vœu public^ que ce qui pouvait consacrer la mémoire des guerriers morts pour la cause de la liberté et de rindépendance nationale : car de tous temps en France les vertus et l^hérmsme du citc^en ont été effacés par la gloire militaire* Mais, depuis le commeticement de la guerre» avant et depuis le g thermidor^ on avait bieu autre ohose à faire; les vivons étaient trop occupéid d^eux*^ mêmes pour songer aujt mor(â« La succession ra-* pide des événemeas^ le choc conthiuel des partis, Tinstabilité dasis le pouvoir, les dépensée dé la guerre,ne laissaient ni le loisir dé concevoir des mo-> numens glorieux , ni les moyens d^eu ériger de du* râbles» On ne faisait que des statues de plâtre et des colonnes de bois, et il n^est rien resté, d^une épo^ que de plusieurs années fertiles en grandes èhoses, que quelques médailles et des discours. Lès faits cependant vivront éternellement dans Thistoire^ les uns pour épouvanter la postérité ^ les autres pour exciter soti admiration \ car c^est le propre des grands crimes et des grandes vertus.

ghapithb Xé iig

Nos «MNauéMM nationaux ne se sont «levés cgae sur les mines de la r^ubliqae , et €\s^ le despo*ttsme qui a immortalisé par le i^avbre et Pairain les vertns civiques , les défenseurs de la liberté et la gloire nationale.

ren excepte cependant qudques grands établissemens. Dans la succession de la monarchie, du clergé, des corporations et des émigrés, larépubli* que avait recuelli é&$ livres , des tableaux, des statues. Lapkis grande partie du mobilier des arts et des scienpes était devenue propriété nationale. CTétait une richesse immense , augmentée encore par des conquête^ en Belgique et en Hollande. }^es difforeptes assemblées avaient rendu de^ lois pour sa conservation. On avait établi une grande qnan*tile de dépôts proviscil'«s. Id quelques hommes instruits et amis éclairés des arts les avaient ordonmes ajrec go^ eC bien conservés. Là, f ignorance avsdt tout accumulé sans discernement el^ans pré*catttilMv^uT plnsJi^eurs joints on avait Irrûlé de^ tabteanx et mutilé des statues, c^Mihe des montt-* mt;ns de ra'ristocratie et du fanatisme. On avait partout renversa et brisé les effigies des rois. CVtait une destruction du moins conséquente au sys-^ fème républicain. Dansleiu* longue série combien y en avait-il de dignes des regrets du peuple? Unseul^ Henri IV. La terreur avait porté à la vérité Tinquisition jusque dans. les foyers du citoyen. Oq n^osait y rien conserv^er de ce ,quira{\pelaitla royauté* M^isJa royauté a-t*elle été plus tolérante ? N^a*t-elle pas &

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sonjour .effacé deDos.m.imumexis publics tout ce qui pouva'iti^dppeler la république et Téinpirè (i)? Ta si lâ.iQolonne delà place Vepâéine est encore debout, le deiv^Qipi^-cious à ramour de Fart , .au res{)ect dé la gloire nationale? Sous ce rapport ,. comme sous beaucoup d^au très ^ les ^royaliste^n'ojfit rien à reptopfafer aux républibaios.' Il n-a maiiqué aux pre— liiièrs, pour surpasser peut-êlre les violences et lès ex:cè^,4e5 autres , qijiele rionibre et la force. Abandonnés à Vivresse. de leurs passions, les soi*-disant gensçoip^nè il faut ne Mfilent: {ias mieux que la pretisndue canpîll^? ^t Us ont: d«: moins pour excusé le défaut dVdupatioo , rignor^ahce et la misère. . L^ Assemblée constituantiç ay^iit. décrété que lès bâtimens du Louvjre serai en tdesdnés à recueillir, les Oionumens des sçieoce^ et.des.ar.t&.| Celait und belle idée qup dcrleur consacrer • 14^ ;• plus, magnifique de no^tipalais, que nos rois ayâiènt élevé à ^ands frais.,, et abandonné ensuite ii la. desjtructioni'<L« Convention eut la gloire de ré^Kser ce. projetl Pac son décj'et du ^4 juiUçt;..i793^ i^le.:avait ordonné que le^ Adusée nationfitfSerait.établi dan^ kCgalerie du Louvxe et.oi^vert au pubilicj ie ia.août» Ce délai ne suffisait pas &eulem.ep.ttpoUr mettre en 'ordre «les tahleaupf, Le local Q|(igQait= d ailleurs beaucoup de

■ ' . I I ^ 1 « p - I ..111 II, Il — ^^.^^

(t)Dàns Tivresse de la victoire, du 9 tliermidor, Fréron voulait fsfire démolir-rHôtd-de-Villc de Paris. Grahet s'écria : JLes pierrèi d& Pans ne sàrit pas "plus coupables que celles de MarseilU- '*:•,,'

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