‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 40 sur 110 · CHAPITRE X. *12f · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. *12f

travaux préparatoires. Le Musée des arts (ut cependant ouvert sous la Convention^ et seulement agrandi et perfectionné sôus Tempire. Je ne me rappellerai jamds sans quelque orgueil la piart qiie je pris, comme membre du cornité d^instructton publique , à IMrection d^un monument qui n^avàit point son égal dans le monde. Quoique justement envié par les nations étrangères que la victoire en avait rendues tributaires, il leur commtodbit'radmiration par sa grandeur et sa magnificelicje. Lors^ que dans nos revers on nous a enlevé ces glorieux trophées, des Français , pour nous cônsolerde celte perte, ont essayé de prouver que des tableaux et des statues notaient pas des conquêtes légitimés^ que leur réunion à Paris ayaû àlé auLaocoon et à FApollon du Belvédère tout l^eur prix et tous leurs charmes, et que jamais le Musée n^avait brillé de plus d^clat que depuis qqe ces hôtes dépaysés étaient retournés dans leur patrie, et que. nous étions réduits à nos richesses patrifnoniales. ; Le peuple français n^a pas trop bien compris corn-* ment le droit de la guerre permettait de tuer, de saccager, de conquérir des provinces, et défeurdait de s^approprier des objets d^art. Mais^ il a bien compris dans son affliction que la fortune :aveugJk reprenait ce qu^elle avait donné , sans autre droit que ses caprices. Si les chevaux de'.Saii\t-:Marc qu^elle a promenés tant de fois en triomphe, pouvaient parler, ils nous diraient sans doute s^ils sont la propriété légitime, de Yeniseï sous^rquelle

ktititde seront^ iU dans ^x ans? LVtrâng^r qui iHKis a imposa déS milliards poinvait bien faire maio-^basse vnt it Mmée : ina«s sans contester ce tèroit du plus fort, toot bon Français en parcourant ees f^ttes désertes ^ Famé oppressée d^une pa-i» tviotîque doiikiir , montrera long-tetnps les places qu^occopaienl naguères tant de che&^d'^teuvre, conquêtes légitimes de nos victoires.

Le J&rdin des Plantes n^avait été destiné dans son origine qu^à là culture des plantes médicinaies^ On y avait fondé ensuite des cours de mé* decïue et de chirurgie pour le consacrer plte spéetalement encore à Tari dé guérir. On y aVait étalai aussi un co^s de chimie. Ce fut le grand itiou«vement que Tournefort imprima à la botanique , qui fit diriger tous les efforts vers cette science : Buffbn la trouva très-^avandéè ; mais toutes les au^ tt^s sciences naturelles étaient négligées. Aidé|>a'r Icfs immensiss travaux de Daubenton , À forma le Cabi'net d%istoire naturelle, et pro^fità âe Veïi^ thottsiâsme qu^itispirait son génie égal k la majesté de là nature (i) , pour faire naître le goût et répandre réiûde de œtté science. Le Janâin dès Hailitês avait reçu de grandes amétîôt^tiônis, ee^ pendatit il était ei!icore iûcomplet, sans règlemens filès et sans lois. Lbs objets réunis dans le Cabinet tintaient point la matière d'un ^ cours spécial, 'et

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{i) Mà/eitatinaittnepar'ingèkiànt.

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plusieurs branches importantes n^ayaient point dd professeurs.

La Convention ronlut en fiiire un Musée d^hù^ taire naturelle. Par divers décrets elle avait donne des professeurs à la culture , à Fanatomie comparée^ aux arts chimiques « à la minéralogie , à là géologie ^ à Ficonographie ; elle y avait fondé une bibliothèque. Elle y avait ordonné la réunion d^une grande quantité de plantes, d^arbres et d'arbustes destinés aux jardins de botanique des départe^ mens. On devait y rassembler, dans le règne ani«^ mal, la nature vivante à côté de la nature morte, et au lieu de renfermer les animaux comme dans la plupart des ménageries , leur donner un espace nécessaire pour développer aux yeux du public leurs instincts et leurs mœurs. Enfin on avait le projet d^y réunir Técole vétérinaire d'Alfort.

Toutes ces circonstances exigeaient une augmentation de terrain et des constructions nouvelles. L^architecte Molinos avait été chargé d'èii faire le plan. Il était vaste et magnifique; et, sMl eût été exécuté , jamais la main de Thomme n^eût élevé dans nos villes un plus beau temple à la nature. Le comité d^nstruclion publique fut effrayé de là dépense. Il ajourna les constructions des bâtimens et doubla rétendue du Musée d^histoire naturelle, en votant Tacquisition des terrains environnans. La Convention adopta, le 2i fHmaire an IIL^ sut* mon rapport , ce projet ainsi rédoit , et diverses^ dispositions réglementaires qui avaient pour but

d'^ameliorer Fadministration et le sort des professeurs alors si misérables , que Daubenton , octogénaire, nWait que 2,800 .francs: de traitement en àssîgèats.

Chargé, dès le principe, de ce: -travail, je Pembrassai avec, çhalenîr, et je le suivis dans tous ses détails. Il me mit en relation avec tous les savans estimables attachés au Mtisée d^histoire naturelle.

' Ilfi me regardaient comme son patron; et mon nom a servi long-^temps de recommandation aux étrangers et aux Français qui venaient voir ce bel éta-

^ glissement. )

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