CHAPITRE XL
triomphante 9 le àém de vivre avec elle en paix, amitié et bonne intelligence , la Convention , fidète aux grands principes qu^elle avait proclamés 9 a«-l*^ elle consenti un traité conforme aux intérêts des dçox nations.
1» Puisse cette initiative d^une paix générale réa-^ User bientôt ^ pour le genre humain , cette vérité écrite par la nature, et que Tambition avait reléguée dans les ouvrages des philosophes , que les hommes et. les peuples ne sont point faits pour se déchirer entre eux , mais pour s^aimer et travailler ensemble • par un échange de services , à se rendre heureux» Il appartient au peuple français d^expri«« mer ce vœu au milieu de ses victoires. Ses bras resteront armés pour la ^erre ; ils seront toujours ouverts à ceux qui lui présenteront Tolivier de la paix.
» La Convention nationale voit avec intérêt dans son sein un homme .connu par sa philosophie et se$ principes d^humanité , et qui a rendu d^impor^ tans services à des Français malh^ireux. Le choix que le gouvernement toscan a fait pour le repré** senter auprès de l^. république française, et pour cimenter Tunion enUre les deux peuples, est un sûr garant qu^eUe ne sera jamais troublée. »
Je donnai Faccolade au ministre toscan , et je le proclamai en cette qualité au milieu des applaudi»* semens*
Comme on le voit par cet exemple, les formes de notre diplomatie notaient pas alors très-compli*
llS CONVENTION.
quë€S, et notre étiquette était fort «impie. Le pré^ sidentde la Convention tiWaitni palais, ni faste, ni licteurs. Le ministre plénipotentiaire d^un prince vint en carrosse me visiter dans Tappartement trèsbourgeois où je logeais. Les ambassadeurs des rois de Prusse et d'Espagne , qui firent ensuite leur paix avec la Conv^tion , ne furent pas traités avec plus de cérémonies. Des hommes superficiels et légers , que la vie des cours avait corrompus, essayaient de tourner en ridicule cette simplicité; les cabinets étrangers étaient loin d^ea plaisanter; et leurs envoyés , en entrant dans cette assemblée où Ton^n^était ébloui ni par Tor ni piir la pourpre, .mais dont les armées triomphaient de TEurope, et dont les principes, effrayaient toujours les trônes, se sentaient saisis d^un respect bien différent de celui que leur inspirait Téclat du diadème et la majesté royale. Cest alors qu^on était fier d^étre Français, let. que. cet. orguqil était légitime. Alors notre gloire était .encore dans toute sa pureté. Nous avions pris les armes pour la plus noble de toutes les .causes,. la liberté; pour le plus saint de tous les droits, Tindépendance^ Nos victoires n^avaient point opprimé les peuples, et leur consentement avait consacré nos conquêtes.
Les individus et les familles que la terreur avait isolés recommencèrent à se réunir; les sociétés se réformèrent. On donna des dîners, des bals, des concerts. La rioliesse notant plus un crime, le luxe reparut peu à peu, nquiplus avec sa pro^sion-mo-
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Qarchique , mais assez poar procurer les commodités et les jouissances de la vie. Au lieu de pompe et de splendeur , il y eut de la propreté et de Télégance.
Il n^y avait point de ces représentations obligées^ attachées aux rangs, aux places, aux dignités, ni par conséquent de Ces salons ouverts à tout venant, où se disputent dVnnui celui qui reçoit et ceux qui sont reçus. La richesse notait point unie au pouvoir. Les représentans du peuple, premiers fonctionnaires de la république, n^avaient qu^Un xné* diôcre traitement en assignats; et les employés de llËtat les mieux payés avaient à peine de quoi subsister, à cause de la dépréciation du papier-^ monnaie.
La représentation était donc alors un goût et non un devoir. Elle appartenait à ceux qui avaient les moyens d^en faire les irais, comme les banquiers, fournisseurs et gens d^affaires. Des&milles nobles, qui n^avaieot point émigré, avaient aussi leurs salons ouverts à côté de ceux de ces personna- -{ ges nouveaux. Ici citait le goût delà dépense, la 1< besoin de la société, si impérieux en France et surtout à Paris. L^un cherchait à se faire des protecteurs pour ses entreprises, Tautre pour recouvrer sa fortune séquestrée, ou pour obtenir la radiation de ses parens ou de ses amis ^migres* Tous étaient ambitieux de cette importance que donnem dan^ k monde des rektiôns avec les personnages puis-sans ou distingués par leurs tal^s. LVgâlité la
l3o ^ CONVENTION.
plus parfaite régnait dans ces réunions. La révolution ayant abaissé les nobles et relevé la bour->^ geoisie^on se trouvait rapproché sur une ligne moyenne où personne n^humiliaîtni nMtaithumilié, et où le ra£Glnement monarchique et Tâpreté républicaine se tempéraient mutuellement. On a beaucoup déclamé contre le faste des nouveaux riches et plaisanté sur leur air gauche et emprunté, et sur le mauvais ton qui régnait dans les salons de la république. Cela pouvait paraître ainsi aux gens de Fancien régime ou à Tesprit de parti qui dénature ou exagère tout. Le nom de citoyen valait bien celui de monsieur ^ et en dépit des critiques , nos ci-devant marquises ou comtesses ne trouvaient pas que nos officiers révolutionnaires eussent trop mauvaise façon , et ne dédaignaient pas, pour leur plaire^ de se faire citoyennes.
Paris reprit Tempire de la mode et du goût :
deux femmes célèbres par leur beauté, madame TalUen, et. un peu plus tard madame Récamier, y donnèrent le ton. C^est à cette époque que se compléta , dans les usages de la vie privée , cette révolution qui avait commencé dès 1789. L^antique, introduit déjà dans les arts par Técole de David, remplaça, dans les habits des femmes, dans la coiffure des deux sexes et jusque dans * les ameublemens, le gothique, le féodal et ces formes mixtes et bizarres inventées par Tesclavage des cours. Si la commodité fut • quelquefois dans les meubles sacrifiée à la pureté du dessin et au coup-d^œil ,