‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 49 sur 110 · CHAPITRE XII. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. i

• Mais des dépulalioBS des sections du Finistère et deFOratoÎK, lancées par les terroristes, tenaient un autre langage (97 ventôse).

H Le pain nous manque, s^ëeria leur orateur;

despotes de la France voulaient , disaient-ils , venger la Pro- ▼îdence ; pour nous , nous consolerons l'iiumanité des maux qu'ils lui ont faits. Habîtans de Ljon, d'une cité qui fut si loQg-tea>p8 le théâtre 4m pln4 orueU fléaiui et.de& plus grands malbeursy reposez^vous sur lei principes connus de la Convention nationale. »

A une députation de la section du Théâtre-Français , dont Vorateur Fiévée ^ quoique connu antécédemment par des écrits révolutionnaires j passait pour être royaliste :

« Dans um gouvernement représentatif la liberté du peuple «8t fondée sur la liberté de ses représentons, et Pindivistbilité delà république sur Findiv^isibilité de la représentation. C'est la violation de ees principes qui a confondu toutes les notions de la politique ) et dénaturé toutes les idées. C'est elle qui a créé toutes les craintes , qui a substitué la faiblesse au courage, l'esprit de domination au sentiment de l'égalité; c^est elle qui a érigé le crime en vertu , qui a mis l'arme borriblo de l'éebafaud dans la main des factions , ensanglanté la justice, couvert la France d'un crêpe funèbre, et conduit la patrie sur les bords de l'àbime. Les malheurs publics doivent être une ig;rande leçon pour les peuples comme pour les législateurs. -Que Inexpérience du passé nous guide pour l'avenir, et qup le sang des victimes ne soit pas au moins perdu pour la liberté !

• La ireprésentatton nationale existe maintenant dans toivte sa plénitudf^. Long-temps mutilée , elle a recouvré tous ses men^bres. Cette circonstance lui rendra toute son énergie pour combattre leS' ennemis de la république et pour établir sur des bases soli^ la f^m et la prospérité nationales; »

1^6 CONYEMTIOK.

nous sommes à la veille de regretter tous les sacrifices que nous avons faits pour la révolution. Ne laissez pas flotter an milieu de nous Tétendard de la famine. Déployez tous les moyens que le peuple a mis entre vos mains et donnez-nous du pain. Huit cents de nos camarades attendent notre réponse. Quand vous aurez satisfait à notre demande , nous crierons i^iW la république ! »

Des murmures dMmprobation éclatèrent, dans rassemblée* Les pétitionnaires répliquèrent par les cris : Du pain! du pain/

Après leur avoirrépondu (i), au lieu d^invîler les

(i) « La Convention nationale s'est toujours occupée avec la plus pressante sollicitude des subsistances de Paris. La France entière fait des sacrifices sans nombre pour rapprovisionnement de cette commune. Il n'y a point de département où le pain ne soit plus rare , ne soit plus cher, et cependant les citoyens ne murmurent pas ; ils se soumettent aUz privalÀns pour assurer vos besoins. La Convention a senti qu'il fallait donner une ration plus forte à l'homme utile, à l'homme laborieux; c'est une des dispositions de la loi qu'elle a rendue : elle en maintiendra l'exécution et la fera respecter.

» Les ombres des tyrans planent encore dans cette enceinte; la malveillance s'agite en tout sens pour produire des soulèvemens ; ils n'auraient d'autre résultat que d'augmenter la disette, et de détruire, en interrompant les mojens d'appro-^visionnement , les mesures prises par la Convention pour assurer à chacun la. portion de subsistances qu'elle a promise. Mais elle compte sur le zèle des bons citoyens pour déjouer toutes les intrigues; et, quoi qu'il arrive , son énergie et son courage seront toujours supérieurs aux événemens. Eclairée par VexpénencCi, forte de la puissance du peuple entier, elle

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