‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 50 sur 110 · CHAPITRE XII. t · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. t

pétitionnaires aax honneurs delà séance, suivant Tusage, même quand les pétitions déplaisaient, je leur dis : ce La Convention fera examiner vos réclama* tions ; elle est à son poste, retournez à vos trai^aux.n

Les pétitionnaires sortirent furieux , échauffèrent leurs huit cents camarades qui essayèrent de forcer les portes de la salle. Mais on leur résista, ils furent dispersés et se retirèrent.

Les terroristes ne se rebutèrent point. Le scandale recommença le i*' germinal. Une députation de la section des Quinze* Vingts et de Montreuil (faubourg Saint -Antoine) vint dénoncer Tagiotage, la pénurie des subsistances, Fagitation, Feifervesceoce des esprits, et demanda que, pour y remé* dier, on mit en activité la constitution de 1793.

C'était le mot d^ordre des terroristes ; je répondlis aux pétitionnaires que la Convention ne composerait point avec ses devoirs et qu elle les remplirait avec courage, malgi*é les murmures et les dangers (1).

périra plutôt que de rétrograder par la crainte j et elle ne cessera de marcher d'un pas assuré vers le but de ses travaux : la réparation des maux que les derniers tjrans ont faits à la patrie y et la répartition égale de Taisance et du bonkeur entre les communes de la république.

» Non y les sacrifices que le peuple a faits pour conquérir la liberté ne seront point perdus; la famine ne dévorera point la France, lorscjne tous les citoyens secondent les efforts de leurs représentons. Le désespoir n'appartient qu'aux lâches et aux esclaves. •

(1) • La Convention national* fut trop long-temps opprimée par àt& espèces de corporations qui semblaient n'avoir

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Le coup paraissait manqué poar le moment. Les trois accusés furent amenés dans la Convention et commencèrent leur défense (3 germinal), ^étaient

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renversé les privilèges de la monarchie que pour se mettre à leur place. Les représentans du peuple , qui avaient le sentiment de leur dignité et de l'indépendance de leurs fonctions , étaient traités ^cotnme des eonspîrateurs. Alors on appelait insurrection du peuple l'agitation d'ui^e poignée d'hommes égarée ou pajés. G'e^t ayec ces maximes absurdes qu'on était parvenu à dénaturer toutes les idées , à confondre tous les élémens de l'ordre social , à comprimer la pensée , à pratiquer la tyrannie en professant la liberté. On parait vouloir employer aujourd'hui les mêmes moyens. La douloureuse ex^ périence du passé n'aurait donc pas éclairé les fafibitans de Puris? Mais Ifis re^sovrces des factions sont iisées y^lenr point d'appui e^t brisé ^ les jongleurs politiques déma^ués.Que le3 bons citoyens se rassurent ^ les représentans du peuple ne . donneront plus que des exemples de fermeté.

» La fureur des partis a déchiré la république : il n'y a que le calme y la sagesse et la justice qui puissent la eonsolider et réparer tous ses maux,

» Le malade qui, dans son délire , veut sa précipiter, s'indigne contre la main bienfaisante qui le retient sur le bord de Tabime \ mais il la bénit lorsqu'il a recouvré sa raison.

» La Convention fera tous sies efforts pour réparer les malheors de la pairie ; elle prendra tous les moyens qu'elle croira utiles pour maintenir la liberté , l'égalité, et. pour répartir également les subsistances ; mais elle ne composera point avec les devoirs que la nation lui a imposés ; elle bravera les murmures et les dangers pour les remplir avec courage.

» La Convention nationale n'a jamais attribué les pétîtioins insidieuses qui lui sont présentées aux robustes et sineèroft dé* feisiseurA de la Ub^té qu'a» pnodu^ le faubettig Saint-Antoine. »

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Barrère, CoUot-d^Herbois et Billaud - Varennes. On avait cru prudent de restreindre le nombre des accusés. Mais leurs coUègues repoussèrent cette es* pèee de grâce comme une injure ^ réclamèrent la solidarité dont on voulait les décharger; essayèrent àè justifier les actes dés deuk ooaiités du gouvernement, et conclurent ati r^jet de raccusation. On a vu de tout temps , et principalement depuisr cette époque , tant de lâches complice^ du pouvoir Taba^dooner dans le malheur ^ et se réunir même à ses ^memî^ pour Toutrager abattu, qu^on ne put sVmpécher d^admirer un aussi rare dévouement* Quoîqu^il ne servit de rien aux accusés, il fit alors une vive impreission. Robert Lindet, et Carnot en donnèrent les premiers IVxenkple» Ils étaient Fuxi et Paulre estimés par tous les partis. Carnot avait été| comme je Vài déjà dit, exclusivraoent chargé de la guerre* Sur les listes^de proscription il n^avait, disait*<M) , apposé sa signature que de confiance après eelle de Rôbesf^ierre ^ et tous ses torts i quels qu^ils puss^ot être «étaient effacés par le trion^he des artaées^qu^on attribuait justemei^t.en partie à spn tèle M à son habileté.

Les trois accusée impUtèreM tout le mal aux cireottstances^ aux propres lois de k Convention (cell^ du 17 septembre 1798 sur les suspect) et à up bu^ reab de poti'cè générale dirigé par Robespierre , CouthoD : cA. Saint-* J<ist ^ où se préparaient, las prosorii^oojB. Ils étaie&t nHHrta sur l'édbafaud et u^étaiént (ilus la pour répon dré«.

l50 CONVENTION.

Les accuses dirent quMls avaient souvent signé de conHance des arrêtés que leur présentait Robespierre; et cependant CoUot-d^Herbois convenait d'^avoir signé en connaissance de cause des mandat d^arrét, qu^il se reprochait même, contre^ An to- Belle, juré au tribunal révolutionnaire, et contre la dame Cabarrus épouse deTallien; il se justifiaità son égard en alléguant sa qualité d^étrangère qui la rendait suspecte. Il était reconnu d^ailleurs que, plusieurs semaines avant le 9 thermidor et dans les temps les plussanglans du tribunal révolutionnaire, Robespierre n'^allait plus au comité.

Ils prétendaient que, quatre mois avant le g thermidor, ils avaient conspiré contre Robespierre. Si le fait était vrai, et plusieurs de leurs collègues en rendaient témoignage, citait povr leur sûreté et non pour mettre un terme à la tyrannie.

Gambon , dictateur des ^nances, qui nVtait point impliqué dans le procès^ mais qui j était contraire, assurait qu^il avait préparé un acte d^accusation contre Robespierre dans le temps de sa puissance, qu^il Pavait communiqué à quelques membres des comités du gouvernement, mais que Barrère le fit échouer en venant k la tribpne faire Téloge du lyran.Cela ne justifiait pas les accusés et inculpait encore plus Barrère.

Ils ajoutaient que s^ik avaient été les complices dé Bfdbèspierre , ils ne Ifauraieut pas altaqué, le g thermidor; ((u^ils ne Pavaient pas ait plus -lIAt, parée qu^*ls craignaient <fe îsuccoitiber $ans utilité pour

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