CHAPITRE XUU i6g
les crimes de ceux dont vous avez ordonné hier Tarrestation ; mais autant j^applaudirai à Pénergie de la Convention pour sauver la patrie , autant je m^opposerai à son enthousiasme qui lui ferait violer les principes. Sans doute il n^ ^ p^s de plus grand crime que de se servir du caractère sacré de repr&entant du peuple , pour attenter à sa dignité , à sa sûreté et à celle de la représentation nationale. Hier, lorsque vous étiez en état de guerre» tout eût été légitime pour détruire vos ennemis ; maintenant qu^ils sont vos prisonniers, vous ne pouvez plus user des mêmes droits. Mais vous devez les faire juger ; leur arrestation est insuffisante : tant qu^ils vivront, vous verrez renaître les réactions et Tos dangers. Je demande donc le décret d^accusatien contre les députés décrétés d^arrestation , et que votre comité de législation vous fasse" un rapport sur le tribunal qui devra les juger. »
La Convention les décréta d^accusation>
Rouyer demanda la même mesure contre Barrère, Billaud-Varennes et CoUot-d^Herbois, déjà condamnés à la déportation; Hardy , qu^ll fût dé^ claré qu^ils avaient mérité la mort. Ainsi entraînés par la passion et avduglés par Tesprit de parti , de vrais^ républicains , de très-honnêtes gens, victimes^ de la terreur, se faisaient à leur tour terroristes^ et au besoin, si on ne les avait pas retenus, se seraiept faits bourreaux. ...
La Revellière-Lépeaux combattit ces dîtérses
IJO CONVENTION.
propositions, et demanda le maiolien de la déportation.
Je Tappuyai aiassi : « Un jugement , dis-je , a été rendu contre ces trois représentans , ils ont été coadamnés à la déportation ; il faut qu^ils soient ir'omis au-delà des mers^ Ppurquot les remettrait-on encore en jugement? Veut-on fournir aux malvéiilans un prétexte pour dire que vous ne voulez que du sang? Des hommes jugés n'^appartiennent plus à la justice, mais à leur jugemeiit (i). »
La Convention pas$a à Tordre du jour.
Barras , investi d^w les circonstances critiques du commandement de la force publique , se pré<senta avec TaUien devant le faubourg Saint- An toîne qui était alors tranquille , avec un appareil ioiposant et tout ce qu^il fallait pour faire un siège. Ils délibérèfi#ot un iiisMnt si Ton n^y jetterait pas quelques bombes. Ils $e bornèrent cependant à désarmer cette population que, dans d^autres temps, ils avaient eux-mêmes armée.
(i) On lit dans la Galerie historique des contemporains , Brttxdlles, 1817 , article Bareère : Qu€ la Convention décréta qu'il serait , ainsi qne Billaud-Vareniaes et Collot-d*^Herbois , traduit devaot le tribonal crimiael de ta Cfaareotef Inférieure, pour 7 être jugé ; qu,9 lorsque le décret arriva à Rocleforty les deux derniers étaient déjà partis pour le lieu de l^ur destination ; et que Barrère seul fut transféré à Saintes où il resta dans les prisons.
Si cela est vrai, cette mise en jugement fut sans doute décrétée plus tai'd'