CHAPITRE XJU
Cette mesure fut imitée dans toutes les sections ^ et les passions et les vengeances $*y couvrirent plus d'aune fois du manteau du bien public.
he i^^\si Convention célébra une fête funèbre en rhonneur de Ferraud , et lui fit ériger un tom** beau« Louvet y prononça un discours; je pris la parole après lui : « Je profiterai , dis-je , de Pim'pression profonde que vous veqez de recevoir, pour vous proposer de donner un grand téinoi-r gnage de reconnaissance et de regrets à d^illustres victimes.
V Le 3i octobre 1793 fut le jour afireux où les aisasçins de la patrie défoilèrent enfièrement Leurs complots en traînant sur Téchafaud des repré** sentans fidèles. Qu^il soit pour eux le chemin de Pimmortalité. Ombres d^ Vergoiaud ejt des républicains qui raccompagnèrent au supplice ^ que œ jour vpu^ apaise ! La verjtu pour laquelle voqs élevâtes vos voix éloquentes , a enfin triomphé du crime ^i^dacienx qm yovs donna la mort* Pour nous, reprp^ntans, nou$ qui les avons vu parir sians ponvoîr les sauver ff réparoiis aut^ant qu^il est en Bons ce co^p fgtal de Taveugle destinée* Consolons des veuves 9 rendons à des orphelins la mémoire fleleurç père^ jntacte et révérée* Je demanda que, dans toute la république , il spit célébré, le 3i. octobre prochain , une pompe funèbre en rhon-. neur des amis de la liberté qui put péri sur Fécha-*
fififid- ^
La proposition fut décrétée en prin(^ipe, et le
comité d^instructîon publique chargé de présenter le mode d^exécution.
Lorsqu'on crut avoir réduit entièrement le parti terroriste et n'en avoir plus rien à craindre , les accusés, transférés le 2 prairial au ch&iesiu àuTaureau dans le département du Finistère, furent ramenés à Paris , livrés à une commission militaire spéciale et condamnés à la peine capitale (le 26). Le courage qu'ils avaient montré dans leur défense , redoubla en présence de leur supplice. Ils résolurent de s'y soustraire par la mort, et se frappèrent l'un après l'autre avec le même couteau. Goujon, Romn^e et Duquesnoi perdirent sur-le-champ la vie. Duroî, Soubrani etBourbotte, moins heureux , grièvement blessés, furent traînés mourans à l'échafaud et exécutés. Par cet héroïsme ils rachetèrent autant qu'il était en eux leur culpabilité politique , ils honorèrent leurs derniers instans , apaisèrent le parti qui les avait vaincus et recommandèrent au moins leur mémoire à la pitié de leurs contemporains et de !a postérité. Romme avait un rang parmi les mathématiciens; Soubrani s'était fait aimer aux armées par son courage et sa frugalité; Goujon était estimé pour ses qualités personnelles , ses connaissances et ses vertus républicaines. Enfin , si nous avions été vaincus , c'est nous qui aurions été coupables , c'est poilr nous qu'aurait été dressé leur échafaud. C'était une pensée bien propre à inspirer quelques regrets et à tempérer l'orgueil de ces sortes de victoire.