RÉVOLUTIONNAIRE
Plus le pouvoir avait été concentré avant le 9 thermidor, plus il fut ensuite dispersé. L^autorité se relâcha partout. En renversant la tyrannie, on fut près de tomber dans Tanarchie. Chaque membre de la Convention était^aloux de sa portion de souveraineté, et s^efFarouchait de tout ce qui paraissait en limiter iTexercice. Au nom du comité de salut public, on eût dit qu^ils voyaient Fombre de Robespierre planer de nouveau sur rassemblée. Parlait-on de donner de la force au gouvernement, les thermidoriens disaient qu^on voulait rétablir la tyrannie; et la montagne demandait quW mit en activité la constitution de 93. La majorité de la Convention n^en voulait plus , elle était bien résolue de la laisser dans Tarche où Pavaient eux-mêmes renfermée ses auteurs, et cependant on n^osait pas le dire. Le 1" germinal an III, Châles,- ex-* prêtre et jacobin fougueux, réclama Fexécution de Tarticle 124 de cette constitution, diaprés lequel la déclaration des droits devait être gravée dans la salle des séances et sur les places publiques. Tallien combattit cette motion et conclut à ce qu^on s^oc-
cupàt auparavant des lois organiques. Je parlai également pour m^opposer à tout commencement (Inexécution de la constitution, j^en critiquai amèrement plusieurs dispositions, et j^insistai pour qu^en attendant les lois organiques on donnât plus de force au gouvernement. Il avait déjà créé plusieurs commissioriis spéciales pour s^occuper de tous ces objets, mais elles n^avaient encore fait aucun rapport. Von établit alors la commission dite des Onze dont je fus membre et qui présenta dans la suite une nouvelle constitution.
Tous les bons esprits sentirieiit que, soit qu^on travaillât à des lois organiques de la constitution de g3, soit qu^on en fit une autre, ce travail exigerait un délai pendant lequel il était nécessaire de resserrer les liens du pouvoir qui s¥chappait de toutes parts. Il s^agissait de donner au gouvernement révolutionnaire une forme plus rapprochée d^un gouvernement régulier ; je poursuivais vivement ce but.
On discutak ( 22 ventôse ) un projet relatif à la direction des relations extérieures qu'avait conservée le comité de salut public. On voulait Pobtiger à soumettre les articles secrets des traités à une commission de membres de la Convention. «Ten pris occasion d^énoncer quelques idées sur le gouvernement.
li II s^agit dans ce moment de savoir si vous aurez un gouvernement ou si vous n^en aurez pas. La simple proposition de Parti cle prouve