‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 60 sur 110 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

qu^il j a des vices dans le gouvernement actuel. Je vais dire une chose qui étonnera peut-être , mais qui n'en est pas moins vraie ; c'est que Tancieu comité de salut public était une bonne institution; qu'il gouverhait bien et qu'il aurait toujours bien gouverné, s'il n'avait pas usurpé la puissance de la Convention , et s'il n'avait pas eu le droit de vie et de mort sur tous les citoyens et sur la Conventioa même (1). La création d'une commission pour connaître concurremment avec votre comité de salut public des articles secrets des traités, lui ôterait toute la confiance dont il a besoin et le dégraderait aux yeux de l'Europe. »

Quelque temps après j'abordai directement l'organisation du gouvernement. Mon système était simple ; il consistait , en laissant tous les pouvoirs dans la Convention , à en séparer l'exercice. Ainsi je voulais donner le pouvoir exécutif à un comité dont les membres n'auraient point eu de voix dans rassemblée pendant la durée de leurs fonctions. Lorsqu'on discuta mon projet on prétendit qu'il était dangereux, destructif de la liberté et le pendant du gouvernement de Robespierre. Les plus modérés le trouvaient trop fort, et ceux qui l'ap-

(1) Dés Biographies publiées depuis cette époque ^ à l'occasion de ces expressions, m'ont imputé d'avoir fait l'éloge de l'aucien comité de salut public y voulant faire croire , sans doute y que j'avais loué ses opérations. On voit qu'il ne s'agissait que de l'institution qui me paraissait en effet bonne pendant la durée du gouvernement révolutionnaire.

puyafent y faisaient un amendement qui le dénaturait; ils voulaient que le pouvoir exécutif lut confié k des personnes prises hors de la Convention. Cette dernière idée avait peu de partisans. On soupçonnait de royalisme ceux qui la mettaient en avant. Rien en effet n^eùt mis la Convention dans un état plus périlleux que de se dessaisir du pouvoir exécutif. Car, dans ces temps orageux, elle eût été, elle et la république, à la discrétion de ceux qui au-^ raient exercé ce pouvoir.

Je réfutai ce système et les objections faite3 contre le mien (11 et 20 floréal). La commission des Onze en présenta un qui fut amendé par Cam<bacérès et adoptée Les choses restèrent à peu près dans le même état, et la Convention se traîna, de secousses en secousses , jusqu^en brumaire an IV , où fut établi le régime constitutionnel. Les thermidoriens appelaient anarchie le règne de la terreur; ce fiit le leur qui, sous beaucoup de rapports, mérita ce nom.

Je fus membre un moment du comité de sûreté générale. Je le quittai pour entrer à la commission des Onze.

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