CHAPITRE 111. i
séances, et un certato nombre y était toujours présent. Les affaires les plus secrètes se traitaient donc comme publiquement , et le conseil exécutif était tiraillé dans tous les sens, ne sachant à qui répondre, à qui obéir, ni coDdment remplir ses devoirs»
Tallais quelquefois aux séances du comité.
CMtait répoque où Ton y était très-occupé de Du* mouriez. Patriote dès les premiers jours de la réyo- ]ation , général et diplotnate, porté en 1792 au ministère des affaires étrangères par k Gironde, et trois mois plus tard par la confiance du roi au département de la guerre , suspect aux constitutionnels et aux royalistes , il nWait gardé que quelques jours ce dernier ministère , et était allé aux armées dans l!espérance d^ trouver plus de moyens de satisfaire son ambition. En effet , après avoir concouru aux premiers succès des armées républicaines ,' et négocié la retraite des Prussiens , il s¥tait rendu à Paris , y avait été accueilli avec enthousiasme , et avait reçu aux Jacobins les embVassetnens de Robespierre. De retour à Farmée , il avait gagné la bataille de Jemmapes et conquis la Belgique. Il s*j conduisit de manière à se faire accuser de vouloir être duc de Brabant, et rétablir la monarchie en France en faveur du duc de Chartres, qui servait alors dans son armée.
Mais la Convention, en décrétant la réunion de la Belgique, anéantit ces projets , vrais ou supposés , et y envoya des commissaires pour organiser le pays. Alors Dumouriez montra beaucoup d^hu-
l4 CONVENTION.
meur , kitta ouverlement contre ses agens , àé-^ nonça avec aigreur le ministre de la guerre et les commissaires de la Trésorerie , se permit des propos outrageans contre la représentation nationale^ et accrédita ainsi les soupçons qui sMtaient élevés contre lui. Il vint a Paris sous le prétexte de pourvoir aux besoins de son armée, mais réellement afin de juger par lui-même des appuis qui pouvaient y servir ses vues. Il y trouva presque tout le monde mal disposé, repartit bientôt, rouvrit la campagne, s^empara de la Hollande , et fut battu à Nerwinde le i8 mars (i).
Le â5, à la séance du comité de défense géné^ raie , on lut une dépêche de Dumouriez qu^on ne croyait pas convenable de rendre publique. Il sV plaignait de la désorganisation absolue de son -- — ■ — • — ^— — • — ■■ ■ — — ^- ___^ — —
(i) Dumouriez avait entamé une négociation avec TAngle-r terre. Son ambition se bornait alors ^ si elle eût réussi , à devenir ambassadeur auprès de cette puissance. La déclaration de guerre dérangea ce projet.
Lorsque Dumouriez repartit pour l'armée, il voulait livrer une bataille , la gagner et marcher sur Paris avec une armée exaltée par la victoire , renverser la Convention et rétablir la monarcbie' constitutionnelle en faveur du duc d'Orléans; mais il fut battu à Nerwinde , et cette défaite , que Ton doit peutêtre attribuer à la trahison de Miranda qui commandait une division de son armée , anéantit tous ses plans. De-là son irrésolution y son découragement , ses inconséquences et la fin déplorable de sa conduite politique. Dumouriez avait une de ces ambitions vulgaires qui ne se soutiennent que par des succès.