‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 61 sur 110 · DES SECTIONS DE PARIS · texte numérisé non relu

DES SECTIONS DE PARIS

La commifsioA des otïzç , ié(abiie po«r faire des lois organiques de l(i constitution de gS, com-^ menca s^ tr^vqiuf le i7 floréal. Elle était corn-* posée d^ t.esage, Dau{)ou> Boissy-d'Anglas^ Crcazié-Latouch^e,. Bffdkr, Louvet^ La Revellière^ Lépeai^ , Lanjuiiiai^ ,, Diirand-M aillatte , Baudin des Ardennes et moi* Siieyes y avait été nomui^ dan$ le principe ; il étaii déjà meoïbre du eomité de salut pidkblic. Lu Conveutioa ayaat or-^ doopi^ qju^ l^s représentant) i la fois membres des coinité^ àix goqverneioeQt et de la cojmmission d^s oni^^ fissent leur option , Sieyes opta pour le çoipité d^'^aUit public. Il était, dans Topinioa de la France et de ^Europe, Thomme le plus capable de constituer une laaiion. On le regardait comme le premier architecte politique. Les ennemis de la rév.Qluiion la lui attribuaient tout entière ; à les entendre , il n^ avait pas un mouvement, pas une catastropbje ki laquelle ii eàt été étcanger ; il avait étéetil était toujours la couse iavisâ>Ie qui dirigeait touit* Cette réputation cdbssale, que \x^ fiiisaient à

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Tenvi ses adversaires et ses partisans , était exagérée. Mirabeau y avait contribué en disant tout haut, <( que le silence de Sieyes était une calamité pu^ blique ; » mais il avait dit tout bas : <( Je lui ferai une renommée qtfil ne pourra supporter, » Il se trompa ; Sieye^ la conserva moins par ses faits et ses discours , que par son inaction et son silepce. Ce ne fut point chez lui une affaire de calcul ; son tempéramentréloignait du mouvement et du bruit. Son caractère le rendait incapable de discussion. Il était organisé pour la pensée et la théorie, plus que pour Faction et la pratique. La nature ne Pavait point fait pour être orateur; il ne parut pas très-souvent à la tribune. Dans les comités il prenait rarement séance avec ses collègues ; pendant les délibérations il se promenait en long et en large ; et lorsqu^on le pressait de donner son avis , il le donnait , et sMloignait , comme s'il eût voulu signifier par-là qu^il n^ avait rien à y retrancher, ni à y opposer. Il avait refusé d^être président de la Convention; il refusa dans la suite sa nomination au Directoire, lôrs de la première formation; ce qui fit dire à un plaisant : a C^eût été un bon négociant, il aurait tiré volontiers des lettres de change, mais il rCexx aurait jamais accepté. » Il avait traversé sain et sauf les époques les plus orageuses de la révolution , parce qu^au lieu d'y jouer, même en secret, le rôle principal, ainsi qu'on le prétendait, il s'était prudemment tenu à l'écart. Malgré la hauteur où l'avait élevé l'opi-

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