CHAPITRE XV. Tjg
nioD^ la foudre révolutionnaire Pavait épargne, parce qu'ail n^avait guère eu Pambition de la lancer, et qu'il savait s'eflfacer ou se rabaisser lorsqu'elle grondait.'
Sans avoir de liaison avec cet homme célèbre vers lequel je ne me sentais pas attiré, je m'étais souvent trouvé avec lui ; je l'avais observé et mesuré , et je croyais l'avoir bien jugé. Dans la discussion sur la constitution , je combattis peut-être avec un peu de passion ses systèmes, parce que, sans mettre en doute le genre de mérite qui lui était propre et les services qu'il avait rendus à la liberté, je n'aimais pas qu'on lui fit, en bien et en mal, une réputation outrée. Il le sentit, et m'accusa parmi ses afiidés d'être vendu au royalisme. Je n'imitai point son injustice, car je ne l'avais jamais cru vendu à la terreur.
Il y avait dans la commission des onze xm parti monarchique. Il se composait de Lesage d'Eureet-Loir, Boissy-d'Anglas et Lanjuinais. Je ne parle pas du vieux Durand-Maillane dont l'opinion ne comptait pas. Mais ils n'étaient pas pour cela Bourbonniens. Boissy-d'Anglas futcependant l'objet de quelques soupçons. Je ne les partageais pas. Les événemens postérieurs les ont éclaircis. Les autres membres delà commission étaient de bonne foi républicains.
La commission décida unanimement de mettre de côté la constitution de 1793. Elle fut donc prise plutôt comme point de départ que comme base du
travail. Beaucoup de publicistesy ou soi-disant tels , apportèrent levirs idées et leurs projets. Rœderer fut distingué de la foule et admis aux séances. Les discussions furent amicales et les délibérations calmes. On cherchait une voie moyenne entre la royauté et la démagogie. Mon dessein nVst point de faire ici le journal des séances de la commission. Des choses, qui paraissaient graves alors el qui Tétaient en effet , présenteraient aujourd'hui bien peu dHntérét. La constitution républicaine a péri, et quand un habit est hors de service ^ on s'inquiète fort peu de la façon dont il a été fait. Je ne rappellerai donc que quelques article&principaux propres à faire connaître nos opinions et nos vues qui forent d'ailleurs modifiées en plusieurs paiqts par la Convention.
Déclaration des droits. Lesage d'Eure-el-Loir et Creuzé - Latouch^ nVn voulaient pas, parce qu'elle donnerait lieu à de fausses interprétations, et qu'elle serait une sourcç de troubles et; d'agi tations^narchiques. Ces motifs ne parévakinei[it pas. On crut remédier à césinconvéniens par i^ne sorte de commentaire ou de çon tre^poison, sous le nom de Déclaration^ des devoirs.
Pour ne pas remettre en déli|)ératioii dans les assemblées primaires la forme de gouvernement, la république , on adopta cette rédaction : I^a ré^ publique française est une et indivisibiB ^ au lâeu de celle-ci , qui avait étç proposée : Le^ peuple Jimn-çais se constitue en république* .