CHAPITRE XV
Je De rappellerai point ici les modifications que la Convention fit à ce projet
Je ne parlerai que des mesures transitoires par lesquelles elle dérogea à quelques-uns des principaux articles constitutionnels, des motifs qui dictèrent ces dérogations et de VeSei qu^elles produisirent.
Lycurgue, après avoir donné des lois à Sparte, abdiqua le pouvoir; mais en même temps il quitta sa patrie et se donna même la mort. Il avait auparavant mis en vigueur ses institutions. Les membres de FAssemblée constituante se retirèrent sans avoir essayé leur constitution; ils restèrent simples citoyens , fiirent témoins de sa ruine et plusieurs même y furent entraînés. CMtait une grande leçon. La Convention en profita , et garda le gouvernail du vaisseau qu'elle venait de lancer. Cette prévoyance lui était commandée, autant par Fintérêt public que par sa propre sûreté. Si elle ne sauva point sa constitution, elle en retarda du moins la ruine ; car si elle s'était retirée tout entière comme FAssemblée constituante, la constitution n'aurait pas duré six mois , ou le 18 fructidor, qui lui porta une mortelle atteinte , aurait eu lieu beaucoup plus tôt.
Les décrets de^ 5 et i3 fructidor, qui conservaient les deux tiers de la Convention dans la prochaine législature, excitèrent les plus vives clameurs. Us devinrent le prétexte de violentes séditions qui placèrent de nouveau la France entre la royauté et la terreur.
l88 CONVENTION.
Ces décrets étaient été adoptes à la pne5qu\tQa-^ nimité. Il n^ eut de débats sérieiix dans la Convention , que stir le mode de désignation des deux tiers de ses membres. Les uns voulaient le sort comme là voix la plus impartiale \ les autres que la Convention fit elle-méhiie ce choix; cVtait mon avis. Le plus grand nombre trouva plus conforme aux pridcipeis^ de renvoj^er cette opération au peuple. Les décrets furent donc soumis à son acceptation avec la conhitution;
Ils avaient pour adversaires les royalistes et quelques ambitieux de tous les partis. Les l*dydlistes , reimis à la Convention depuis le 9 thermidor pour abattre le terrorisme^ levèrent tout -& -coup le masqiie et nous déclarèk*ent la guet*re. Les jacobins en tirèreilt avantage ^ et se rallièrent à leur tour à la Conventioh qui accepta leurs services. La mas^e de la nation^ (|ui inclinait pbur le repos et qui espérait le trouver dans un régime constitu-^ tionnel^ était disposée à accepter la constitution et les décrets. Saladin , fougueux révolutionnaire dans TAsSemblée législative, et fbugtleux réacteur dans la Convention ^ dénohça ces décrets au peuple dans tin écrit imprimé.
L^opposition Se manifesta d^abot*d dans les sections de Paris avant qu^elles ne fussent convoquées en assemblées primaires pour délibérer légalement.. Le royalisme avait cependant si peu de confiance dans sa' cause, qu^il ne mettait pas. en avant des nobles que le peuple eût repousses , mais des écri-