‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 65 sur 110 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

vains, des roturiers infatqés de leur mérite et irrités de n'être rien.

Parmi les agitateurs des sections , on remarquait le général Miranda, Lemaitre, ancien secrétaire* général au conseil des finances, Archambaud, avocat, ensuite des hommes de lettres et des journalistes, tels que Laharpe, Quatremère dç Quincy, Lacretelle le jeune, Fiévée, Cadet - Gassicourt pharmacien, Langlois, Richer-Serizy, etc.

Il était facile de prévoir que cela ne finirait pas sans déchirement. Les conseils du gouvernement, Qe pouvant plus trop compter , pour le maintien de Tordre , sur les citoyens de Paris divisés entre eux, firent venir quelques troupes dans la capitale.

Le il fructidor, Lacretelle le jeune vint à la barre, au nom de la section des Champs-Elysées, demander avec insolence et menace qu'on éloignât les troupes de la capitale. C'était une caricature dp la fameuse adresse de Mirabeau. Tallien accusa de royalisme les meneurs des sections. Je parlai vivement dans le même sens à l'orateur section-* naire , qui se plaignait de ce qu'on voulait génei;* la liberté du peuple par des baïonnettes , j'opposai pour preuve de sa mauvaise foi la licence de son propre discours. Je lui dis : « Lorsque les décemr virs vmis présentèrent 1(^ constitution de 93 , qu'ils établirent la terreur et les échafauds , vous courbâtes la tête sous la plus détestable tyrannie , et aujourd'hui que ht Convention a établi le règne des lois, vous attaquez lés fondateurs de la république

igo CONVENTION.

et ses défenseurs ! » L'Assemblée improuya les adresses.

Dès Touverture des assemblées primaires à Paris, le 20 fructidor, la section Lepelletier arrêta la formation d'un comité composé d'un commissaire de chaque section , pour rédiger et envoyer dans toute la France, une déclaration authentique des seiftimens des citoyens de Paris.. La Convention décréta que cçux qui se réuniraient au comité central seraient coupables d'attentat contre la souve* raineté du peuple et la sûreté de la république.

La section Lepelletier, bien loin de se soumettre délibéra : « que les pouvoirs de tout corps constitué cessaient en présence du peuple assemblé, et arrêta que tout citoyen avait le droit d'émettre librement son opinion sur la constitution et les décrets, et généralement sur toutes mesures de salut public / qu'à cet effet chaque citoyen en particulier et tous les citoyens de Paris, en général, étaient placés sous la sauvegarde spéciale et immédiate àt leurs assemblées , et des quarante-sept autres assemblées primaires de la Cité. »

Dans cet acte , l'absurdité le disputait à l'audace. Le comité de sûreté générale , en le dénonçant, proposa à la Convention de rester en permanence pour surveiller les projets des meneurs des sections. Cette proposition' en amena plusieurs autres. '

» J'ai, dis-je , une toute autre idée que les préopinans du caractère dont nous sommes revê-

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tus 9 pour jamais consentir à ce que la Convention entre en procès avec une petite fraction du peuple. Nous sommes les représentans de la France nous nous soumettrons à sa volonté et non à celle d^une section de Paris. Je ne me suis point dissimulé la difficulté des circonstances, mais mon ame s^est agrandie à Tidée que le peuple français allait enfin fixer ses destinées , et je n^ai point été effrayé de voir se renouveler cette lutte qui a toujours eu lieu depuis le commencement de la ré^ volutîon entre une commune et la république entière. Je déclare donc qu^avec Jo même courage que j^ai poursuivi Fanarchie sans-culotte , je poursuiverai Tanarchie nouvelle qui veut livrer la France à la royauté. Que la Convention reste donc digne d^elle-^méme , qu^elle ne fasse point de déclaration ! Elle ne veut point attenter à la liberté du peuple ; elle le voudrait, quelle ne le pourrait pas dans le moment où il est assemblé tout entier. Ceux qui répandent cette grossière calomnie mentent à leur propre conscience. Je demande Tordre du jour sur toutes les propositions , et qu^il soit seulement recommandé aux comités de gouvernement de veiller plus que jamais à la sûreté publique et à celle de la représentation nationale, n

La Convention décida seulement qu^il y aurait séance le soir.

Une députation de la section du Temple yin( ( 23 fi*uctidor) dire à la barre qu^elle était chargée

iga CONVENTION.

de démentir les calomnies répandues par la Convention contre les assemblées primaires de Paris, et qu^elle avait délibéré une adresse aux départ^mens et 9ux armée$.

Le président fit une réponse insignifiante.

<( Loin de vouloir fixer ^ dis-je , Vattention de la Convention sur ce qui se passe dans li^s assiembJtées primaires de Paris ^ j^aurais désiré quUl nVo ^ût jamais été question dans cette eneeisbte, et qne le président de la GonventioianVûtfiMtaux différences députationsd^autreréponseque ceUe-^ci : Nawres^ pecterons le volonté du peuple, et nous vous y ferons obéir* Voilà pourquoi f ai toujours eru qi^^il fallait fermer les yeux jusqu^à UU' certain point sur les écarts que Ton se permettait dans certaines as^ semblées , quels qu^en fussent les motifs. J^ai pensé aussi que la Convention , au moment où elle témoignait d^une manière si éclatante son respect pour la liberté, en gardant le silence suv les calomnies dont elle est Fobjet, devait se servir de la puissance nationale dont plie est revêtue , pour réprimer les actes extérieurs de quelques assem^ blées qiii vaudraient usurper la souverainetél. Je demande que la Convention conserve Fattilude qui lai convient, quelle charge ses comités dQ gouvernement d^observer tout, et que, sur l'adresse de la section dq Temple, elle passe à Vordre du jour.)) Cette proposition fut adoptée.

J^ocGupais le fauteuil le 27. Dupont^ Taoteur du Théàtre-fFrancais Qt Tovateur de la section de ce

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