CHAPITRE XV. ao
donc plus de ménagemens à garder. Il fallait rédoire les révoltés par la force et vaincre ou. périr.
Les rapports se jnultipliaieRt à la Convention sur les entreprises et Taudace^ des. sections. Le 3 vendémiaire an IV, La Révellière-Lépeaux en^fit un à ce sujet au nom des comités de gouvernement , et fit adopter un décret qui rendait la commune de Paris responsable dé la sûreté de la représentation nationale , et qui ordonnait aux généraux de tenir les colonnes républicaines prêtes à marcher.
M II ne suffit pas , dis-je , d^avoir pris des mesures pour Tavenir; il en faut aussi prendre pour le moment. Ce ne sont pas des rapports de police qui doivent diriger la Convention. Les attentats des factieux sont connus, puisquHls ont osé les proclamer à la face de TEurope. La république n Vst pas un jeu d^enfans, c^est la volonté du peuple; vous le trahiriez, si vous ne le faisiez pas respecter. Il était bon de prévoir lés excès auxquels les factions pouvaient se porter ^ mais vous ne pouvea fermer les yeux sur. les actes illégaux de. quelques hommes qui usurpent le nom et la souveraineté du peuple. Tant que la constitution a été soumise à son acceptation, vous avez dû tout sûuflfrir.et donner par cette tolérance un grand exemple de votre respect pour les droits qu^elle consacre. .]M[ais. les circonstances ne sont plus les, mêmes, et lorsque des sections ont Faudace de casser vos décrets , vous devez avoir au moins la force de casser leurs
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atrétés. Les agitateurs disent maintenant que ce ne sont pas les citoyens de Paris qui ont fait le 3i mai; je le crois; mais cependant la population entière étaitsous les armes, lorsque Ton décimait la Convention. GW ce qu^ou veut encore faire aujourd'hui. Citoyens de Paris, prenea&-y garde ! Pour cette fois se ^réaliserait la prédiction d'Isnard(i); elle se réaliserait, j'en jure par le génie de la liberté. Je demande que les comités de gouvernement fissent demain un rapport sur les arrêtés pris par quelques sections , relativement aux lois du i''' de ce mois sur Pacceptation de la constitution et des décrets des 6 et i3 fructidor , ainsi que sur Texécution du décret qui porte que ces lois seront proclamées dans le jour à Paris.»
Ma proposition fut décrétée.
La constitution exigeait Fâge de trente ans pour être membre du conseildes cinq cents, et portait que les membres du Directoire exécutif ne pourraient être pri& dans le corps législatif. La Convention «ivait suspendu Pexécution de ces deux dispositions, de la première, pendant quelques années, 0OUS le prétexte que des généraux distingués , qui n^avaient pas trente ans , se trouveraient exclus de la représentation nationale , mais, dans le (ait , parce que trois ou quatre membres de la Convention , Penières, Gamon et surtout Tallien, n'avaient pas
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(i) Il avait prédit, le 27 mai 1793 , présidant alors la Convention , qa*il n^y resterait pas pierre sur pierre.
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encore cel êtge; de ia seconde, pour la première farmation du Directoire, parce que quelques convenlionnek y aratent des prétentions pour euxmêmes^ et que le plus grand nombre j voyait une garantie pour eux et la république. Cette suspension avait été prononcée sur le rapport de Lanjui- Dais au nom de la commission des onze qui nVn avait pas même délibère. Convaincu de Pindispensable nécessité de conserver les deux tiers de la Convention dans la première formation du Corps l^islatif , je ne Fétak pas du tout qu^il fallût nommer des conventionnels dans celle du Directoire. Il me paraissait suffisant pour Tintérêt public que les deux tiers de la Convention prissent part h cette nomination. Je ne voyais donc, dans cette exception « que Fintérêt personnel etfambition de quelques hommes. JTavats voulu m\y opposer (le 28 thermidor )« Mais Cambacérès et Lanjulnais la défendirent avec chaleur , et Ton ne me permit pas de dével<^per mes motifs. J^eus ensuite une explication à ce sujet avec Lanjiliuais; il mWouâ qu'ail n^avait agi dans font cela qu^à Pinstigation de Cambacérès : il espérait être nomnié directeur, et il était fait pour en avoir la prétention.
Les thermidoriens voulaient aussi nommer le Directoire avant Varrivée du nouveau tiers. Baudiii qui votait avec eux fit convoquer à cet effet ( 8 vendémiaire an I¥) la commission des onze et le co^ mité de salmt publio. Suivant lui , la loi du 5 fructidor avait été rédigée dans intention que tes
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membres de la Convention se diviseraient pour former les deux conseils législatifs , sans attendre le nouveau tiers. Cette opération lui paraissait commandée par .1^ circonstances où il lui semblait urgent de terminer la session de la Convention , et par la certitude que Ton nommerait alors un Dirc^ctoire vraiment républicain. C^était Topinion de Daunou $ Louvet^ Siejes et Cambacérès. On' répondait que la loi cki 5 friMlidor était muette sur ce point ^ que celle du i3 s^nbliâl exdure toute idée de cette organisation provisoire ; qu$ le Corps législatif étant corps électoral du Directoire, il serait contraire à la constitution de le £iire nom* mer par la Convention dont le tiers qui devait sortir n^avaît pas le droit de concourir à cette élection ; que cVtait au contraire en priver le nouveau tiers et Tindisposer dWance contre les directeurs. Cet avis Temporta; estait celui de Lanjùinais, Lesage , Boissy, La Révellière. J:en étais aassi par respect pour les principes ; c^eùt été d^ailleurs les violer inutîle^ment ; car jVtais persuadé, en suppo* sant que le nouveau tiers tout entier fût. royaliste, ce (](ui notait pas vraisemblable ^ que les deux tiers conventionnels feraient Pélection du Directoire , et n^ nommeraient que des républicains«iBentabole demanda (3o vendémiaire) que, sans attendre le nouveau tiei^s , la Convention: se divisât en deux conseils et nommât le Direcloire. Les tribunes Papplaudirent avec transport; il iut&iblqment appGyé: sa proposition n^eut aucune suite.
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