CHAPITRE XVI. lil
dormaient par leurs flatteries, et le nommèreiit même , à la yerîté sans son aveu ^ leur général. La Convention avait peu de confiance en lui ; il n^en inspirait aucune aux patriotes. Une lettre qu^il m^écrivit , le 1 f vendémaire , peint son caractère et son système.
<( Mon brave et loyal représentant : L^assemblée se réunit aujourd'hui à neuf heures. Il parait qu'on y fera un rapport sur les sections. Trouvez-vous-y, afin qu'avec votre sagacité et fermeté ordinaires , vous empêchiez qu'on ne prenne des mesures qui pourraient amener la guerre civile. Sagesse et fermeté. Tâchons d'arriver au but sans qu'il en coûte de sang: en gagnant du temps, on gagné tout, et j'espère que nous fonderons la république en dépit des malveillans et des intrigans. i>
•Des représentans du peuple , chargés de la direction dé la force armée, ne faisaient qu'ajouter encore à la lenteur et à l'irk*éâolution du général. Ainsi, au lieu d'agir de vive force pour réduire celles des sections qui étaient les plus échauffées , on parlementait , on négociait , et on exaltait leur audace. Gagner du temps, c'était bien facile à dire : mais le temps nous gagnait, et il n'y avaijt plus moyen d'éviter le combat. La Convention' avait usé tous les ménagemens , elle avait porté jusqu'à l'excès le sacrifice de sa sûreté, de sa dignité et de son honneur. D'ailleurs , les sections se levaient pour attaquer la représentation nationale ; elle était réellement sur la défensive. Le i3 vendémiaire , on
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n^allà pas chercher les sections; ce furent elle3 qui vinrent assiéger les Tuileries , et qui accoururent au-devant de leur défaite.
Les députés militaires, auxquels la Convention cdn6ait, dans les momens critiques, le soin de sa défense , étaient Barras , Letourneur , Delmas ; Me^ nbu fut enfin mis de côté au moment où on allait en venir aux mains ; et , le 1 3 vendémiaire y Barras confia le commandement à Bonaparte qui y destitué comme terroriste par 4ui>T7 ^ végétait à Parjs , pauvre et inconnu; ses dispositions firent triompher la représentation nationale.
Quoi qu^OQ ait dit depuis de la facilité de cette victoire, je la regardai comme un vrai miracle; car nos agresseurs étaient enfin des hommes , àt% Français , et au moins cinq contre un. Uattaque fui dirigée d'une manière ridicule ; mais elle aurait pu Pélre autrement. Car si les sectionnaires salaient emparés des rues et des maisons environnant les TuUeries, de ces retranchemens naturels, ils auraient foudroyé le peu de soldats qui défendaient les avenues du palais. Au lieu d^une manœuvre aussi simple que sure ) les sectionnaires se présentèrent en colonnes serrées et profondes qui ne pouvaient ni se déployer , lii faire aucun mouve-*ment , et qui donnaient une prise immense aux tirailleurs et à Tartillerie des troupes conventionnelles qui eurent bi^atôt jeté le désordre et la con-<* fusion dans ces masses.
On a prétendu que la manoeuvre dés section-