CHAPITRE XVI
iiaireSf précisément parce quelle était contraire aux premières notions militaires, prouve qu'ails n^avaient point de vues hostiles, et qu^ils ne ve* naient que pour présenter une pétition à la Con vention. Quelle pitoyable dérision ! Des pétitionnaires au nombre de vingt ou vingt-cinq mille , et armés de pied en cap !
Enfin, des citoyens inexpérimentés ne pouvaient pas, dit-on^ tenir contre des troupes aguerries. Cela serait bon à dire s^il se fût agi d^une bataille rangée ; encore les Vendéens avaient prouvé le contraire : mais pour une guerre d^escarmouche et de barricades dans une ville , oujpour le siège d^un château non fortifié et accessible de toutes parts , il ne fallait quW courage fort ordinaire et une adresse bien médiocre. Le peuple Pavait enlevé de vive force le lo août 179a, quoique pour le moins aussi bien défendu que le fL3 vendémiaire. Mais le peuple alors , entraîné par Famour de la liberté , bravait tous les dangers. Le i3 vendémiaire, au contraire, une grande partie des citoyens réunis sous les drapeaux sectîonnairesn^avait, par prudence ou par principes , aucune envie de se battre, et nY avait été entraînée que par un faux point d^honneur. Leurs c|iefs leur avaient, en outre, persuadé que les fusils et les cartouehes BVtaient:là que pour la forme} que dès qu^ils se présenteraient aux Tuileries, les troupes fraterniseraient avec çux, et que la majorité de la Convention les accueillerait à bras ouverts. Ainsi , quand la mousqueterie
ai 4 CONVENTION.
et la canonnade se* firent entendre, la plupart des sectionnaires se. sauvèrent, en couvrant d^lropré^cations les intrigans qui les avaient trompés.
Le 14) les curieux affluaient dans :les rues qui avaient , servi de champ de bataille. IL n^ restait aucune trace. La nuit même on avait enlevé les morts'. On en exagéra beaucoup le^ nombre. Il n^ en avait peut-être pas cent ; cVlait beaucoup trop sans doute , car estaient tous des citoyens obscurs et innocens ; il ne périt pas un chef, pas un de ces orateurs furibonds qui avaient allumé Fincendie^ et qui, tandis quW^n venait aux mains , faisaient en sûreté des vœux pour le succès de leur parti. Le soir, les spectacles étaient remplis comme s^il ne fiit rien arrivé,
. Ce pauvre Menou fut accablé du coup qui Pavait frappé. Il adressa aux représeatans du peuple, le .i3 vendémiaire même, je ne puis dire si ce fut avant ou après la victoire, une profession de prin*cipes qui était sincère , mais.qui , dans la circonstance, sentait un peu la peur: il m^en envoya une copie ; elle était ainsi conçue :
« Citoyens représentans, je ne chercherai point à justifier ma conduite ; elle a été pure , elle Test et le sers^ tpyJQUrs. J^ai fait ce que me dictait Pamour de mon pays; mais je dois au public , à la Convenir tion et à moi , de déclarer quelle est aujourd'hui et quelle sera, toujours mon opinion.
» J^ai combattu pour la république, et ne cesserai de combattre pour elle. «