‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 76 sur 110 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

lui iospirait la conduite de quelques-uns de ses coUègués, auxquels on ne peut reprocher que de ne s^être pas assez fortement, prononcés dans de grandes circoii^lanoes /ait négligé devons nommer les véritables auteurs des dangers d^ la patrie, ceux que j^accuse de tous nos maiix. Qu^il mVst douloureux cepeudànt que Lanjuinais et les autres aient été dénoncés ! Je crois que TalUen n^a demandé un comité général que parce que le soupçon portait sur des hommes jusqu^alors exempts de reproches; car sMl ne sMtatt agi que d^accuser Rovère et Saladin, il n^ avait point à balancer, on devait le &ire sur Fheure et en présence du peuple Français . » Uassembiée prononça leur arrestation. Rovère, fougueux terroriste, dont le nom se rattachait aux massacres, d^ Avignon, avait été ensuite un des plus ardens promoteur» de la réaction; membre du comité de sûreté générale, il s^était emparé de la police, R avait fabriqué des conspirations ridicules , et persécuté à outrance les hommes de la révolution , innocens ou coupables. On reprochait a Saladin la publication d^une opinion séditieuse contre les décr^t^ des 5 et i3 fructidor. L^un et Tautre avaient embrassé ouvertement le parti des sections. Il n^y avait pas moyen de les définadre. Cependant Saladin venait d^étre nommé député par rassemblée électorale de Paris; son arrestation me semblait une violation des garanties accordées aux députés par Partàcle III de la constitution. J^ea fis Tobservation ,

mais inatilement.

2d8 CONVENTION.

Le â4t Louret et Legebdre firent connaître en séance poUique le résultat do eomité général. <i Je déclare au peuple Français , dit Legendi^e, qu^hier j^ai manifesté mes inquiétudes à Tégard de nos col* lègues Lanjuinais et autres , que je leur ai demandé pourquoi les factieux des assemblées primairéis leur prodiguaient des éloges en même temp£( qu^ils ré— pandaient la calomnie sur les représentans les plus courageux. Je leur ai dit que les éloges des médians flétrissaient Fhomme de bien ; je leur ai reproché d^aroir gardé le silence lorsque les factieux venai6iit à cette barre insulter la Convention na^ tionale* Oui, Citoyens, voilà les reproches que je leur ai faits et que je leur adresse encore. Mais je déclare que mes soupçons ne sVtendenI pas plus loin que ces r^roches. »

Ces protestations officieuses ne raccommodèrent point les choses. Personne ne crut à leur sincérité. Chacun garda ses soupçons et ses ressentimens. La rupture fut complète entre les thermidoriens et les 73» A dater de cette époque, ceux-là firent cause commune avec le parti qu^ils avaient abattu au 9 thermidor^ et opprkné dépuis, et persistèrent de plus en plus dans le dessein de rappeler dans la Convention les montagnards qui en avaient été expulsés en prairial, d^annuler les opérations des assemblées électorales, d^ajourner la mise en activité de la constitution , et Aé continuer le gouvernement révolutionnaire.

Dans le comité général on av^it décrété Fîm-

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