‹ Mémoires sur la Convention, et le DirectoireChapitre 78 sur 110 · CHAPITRE XVI. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. a

eo Saisie pendant $a proscription, il avait connaissauce de conciliabnles dMmigres, dans lesquels on arrêtait des résolutions qu^il voyait ensuite dans l^s journaux présentées par Tallien à la Convention.

Les députés inculpés , qui sVtaient promis de ne pas répondre aux provocations de leurs adversaires, ne purent y tenir. Lanjuinais demanda la parole } mais la Convention , jugeant qu^il nMtait pas de la dignité d^un représentant du peuple de se justifier pour des notes aussi vagues, termina tous ces débats en passant à Tordre du jour.

EUe avait ordonné que les auteurs ou complices delà révolte du i3, seraient jugés par des conseils militaires qui ne devaient durer que dix jours. Cetait une exception au droit commun qui justifiait cependant assez la nature du délit dans un moment ou le régime constitutionnel nVtait pas encore en activité. On devait erqire que la vengeance serait éclatante et que des ruisseaux de sang allaient couler. Mais on fit plus de bfnit que de mal; on décréta ^e mauvaises loûiqui exhérédaient des classes

avec lai ; et Sîejes , qai était au comité de salut puMîo de la section des Relations extérieures y oq étaient déposée» toutesi ces pj^e^ contre Ta^lifu, les lui resnit ssois doute comme gaçe de réconciliation j et répondit à Boissy^ q^iluideipandi^ à la fin de la session conventionnelle , ce qu'elles étaient de* venues « qu'il les avait communiquées à Tailien par ordre du comité : Communiquer ce n'est pas donner^ lui répliqua Boissj. Les pièces ne se retrouvèrent plus.

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entières de leurs droits politiques , et il y eut peu d^exemples faits sur les individus. Lesorateurs des sections et les chefs militaires des révoltés avaient pris la fuite, ou s^étaient cachés. On ne les poursuivait pas avec une grande ardeur. On ne mettait aucun empressement à les recherciier ; ou quand on en trouvait, on les laissait échapper. Les conseils militaires en condamnèrent plusieurs à mort par contumace. Mais ils *se représentèrent ensuite de van vie tribunal criminel de la Seine', qui les acquitta, parce qu^il iCy avait point 6u de révolte le 1 3 vendémiaire. Le caium en avait jugé autrement ; enfin on se montra si peu sévère , que le comte de Castellane, condamné à mort par contumace , ne quitta point Paris , ^e montra publiquement, et que rencontré par une patropille, là nuit, il répondit au cri de quivwe? n Eh. parbleu , cVst moi Castellane , cotitumace ! >> A force d^indulgence, la Convention manqua à cequ^exjgeaient la jtistice, sa propre dignité et la sûreté do^la république.

Les chefs thermidorien^ , alors réunis à la montagne^ baissaient plus leurs propres collègues que les royalistes. Tallien et Barras CY:jaignaient^ en faisant punir les vrais coupables, de s^ôter le$ moyens de frapper Boissy , Lanjuinais , etc. ; car c^était là le but qu^ils se proposaient. En condamnant les boute- feux des sections qui nWaientplus la moindre importance, on ne satisfaisait qu^à la justice, on ne faisait rien pour les passions, Forgueil et la soif du pouvoir. Au contraire , en proscrivant les repré-.

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sentans, on écartait des rivaux incommodes que Ton redoutait, et des défenseurs du régime constitutionnel que Pon voulait ajourner.

On s^acharna aussi contre le général Menou. Il n^était coupable que dMrrésolution , si un défaut naturel peut jamais être un crime. On Taccusa de trahison. Heureusement pour lui , le conseil de guerre devant lequel il fut traduit, était composé d^honnétes gens , et présidé surtout par un homme loyal et juste , le général Loison , qui avait contribué à battre les sections. Menou m^avait indiqué comme témoiti à décharge. Je parus au conseil de guerre , et je rendis hautement devant les juges et le public la plus éclatante justice au patriotisme et à la fidélité de Taccusé. II fut acquitté; je n^ doute pas qu^il ne Peut été sans mon témoignage; mais îl mit à leur aise les juges , en m^assodant pour ainsi dire à Jeur responsabilité. Cette circonstance resserra les liens de Tamitié qui nous unissait déjà , et qui a duré jusqu^à sa mort, et me valut des témoignages de recdnnaissance de la part de sa famille (i).

(i) Le frère du général m'écrivît , le i3 brumaire :

• Citoj^en , permettez que je me réunisse' â toute ma famillej, et que je vou^ offre avec elle tous les remerctmens qne nous ▼eus devons pour lès marques d'intérêt que Vous avez données au général Menou , mon frère y si injustement accusé : ce sont des actes de vertu qui , sans doute , n'ont rien coûté à votre cœur ; vous vous j livrez trop habituellement pour qu'ils vous fassent faire le moindre effort^ mais ils ne nous en font pas

Madame de Sta€l avait eu des liaisons avec les orateurs les plus marquaus des sections, et avec les députés qu^elles avaient comblés dVloges. Elle avait d^ailleurs témoigné beaucoup d^intérét pour les constituans, surtout pour Montesquiou et Tallejrand que Ton considérait alors comme émigrés. Elle devint donc suspecte ; on Paccusa même d^avoir excité la révolte. D'après une insinuation faite a son tnari par le comité de salut public , elle se retira à la campagne près de Paris. Mais on insista pour qu^elle sortit de France , et , comme elle n^ paraissait pas disposée ^ le comité prit un arrêté formel ( le 23), pour le lui ordonner dans un délai de dix jours , et Tadressa à son mari. Le baron de Staël se rendit au comité, se plaignit dVbord de la ibrme de cette mesure , qùHl regardait au fond comme contraire au droit des gens , attendu que Fou ne pouvait pas expulser la femme d^on ambassadeur sans prouver qu^elle était coupable , et offrit d^ rendre Fisirrété. Il se présenta dW air embarrassé, et parla avec peu de dignité. Plusieurs membres du comité lui répondirent; après qudi il se retira, et la discussion s'ouvrit. Boissy dit que Par-

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v^xmk un dçvQir impérieux et bi^a doux de vous vouer jusqu'à iipU*9 4^rfKipr soupir la recounaissaDcç la plus vive et )'M9«lieqieat Iq pluf iiMno^We. Sleureu^, en vous offrant rbpn^v&age 4e jcf a ^le^tiiuens , d'imiler la patrie qna vous serves si bi^ contre les factieux qui voudraient la déchirer encore*

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